Hôtel Jassedé

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Architecte
Construction
1893
Hôtel Jassedé
L'hôtel Jassedé, 41 rue Chardon-Lagache.
Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
1893
Propriétaire
Particuliers
Patrimonialité
Logo monument historique Inscrit MH (1980, Partiellement)
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte du 16e arrondissement de Paris
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Localisation sur la carte de Paris
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L'hôtel Jassedé (parfois dit villa Jassedé) est un hôtel particulier situé dans le 16e arrondissement de Paris, 41 rue Chardon-Lagache, et édifié en 1893 par Hector Guimard (1867-1942), futur maître de l'Art nouveau.

L'hôtel Jassedé  à ne pas confondre avec la villa Jassedé d'Issy-les-Moulineaux, datant de la même année, ni avec l'immeuble Jassedé de 1905  est l'une des premières constructions témoignant du désir qu'a Guimard de renouveler l'architecture dans le sens du rationalisme impulsé par Eugène Viollet-le-Duc.

Inscrite sur la liste des monuments historiques pour certaines de ses parties, cette résidence privée ne se visite pas.

Inscriptions en façade.

L'hôtel Jassedé est le deuxième bâtiment privé d'envergure conçu par Hector Guimard.

En 1893, âgé de 25 ans, Guimard n'est pas encore connu comme architecte mais enseigne à l'École des Arts décoratifs, où il a été élève avant d'intégrer les Beaux-Arts de Paris. S'il vient d'échouer au concours du prix de Rome, il a réalisé un petit pavillon pour l'exposition universelle de 1889 ainsi que, dans le quartier d'Auteuil où il habite, une salle de restaurant café-concert, Le Grand Neptune, en 1888, et surtout, en 1891, au 34 de la rue Boileau, un hôtel particulier pour Charles-Camille Roszé, représentant en gants de peau[1],[2].

Fréquentant la petite communauté bourgeoise catholique d'Auteuil  quartier encore largement populaire où voisinent ouvriers, artisans et commerçants[3] , il a rencontré aussi Louis Jassedé, qui veut se faire construire une villa au coin de la villa de la Réunion et de la rue du Point-du-Jour, actuelle rue Chardon-Lagache, non loin de l'épicerie dont il est propriétaire[4].

Le projet que Guimard lui présente[5]  qui tire parti des fondations et de la géométrie d'un bâtiment préexistant sur la parcelle[6] et dont certains plans et motifs décoratifs à l'aquarelle sont conservés au musée d'Orsay  « témoigne de son désir encore plus vif de sortir de la convention », affirme l'historien d'art spécialiste de l'Art nouveau Philippe Thiébaut[7].

Caractéristiques architecturales

À l'instar du précédent, cet édifice porte la marque d'un style néogothique empreint de pittoresque comme de rationalisme.

L'hôtel Roszé, dont les volumes cubiques et les toits de tuiles évoquent encore la villa « à l'italienne », manifestait déjà la volonté de son concepteur, lecteur assidu des ouvrages d'Eugène Viollet-le-Duc, d'animer les façades par des décrochements et des jeux de matériaux traduisant certains agencements intérieurs. Cette tendance s'affirme dans l'hôtel Jassedé, qui rejette plus nettement la symétrie classique et cultive les ruptures de volumes, notamment au niveau des toitures[7],[8].

Photo couleur en contre-plongée d'une façade de maison assez colorée
Sur la façade sont visibles décrochements, asymétrie, fenêtres en escalier, matériaux, couleurs et décorations variés.

L'architecte mêle différents matériaux de construction et de revêtement  pierre de taille, meulière, brique, crépi, terre cuite, tuile émaillée, fer, bois  dans un apparent désordre qui s'avère à l'examen correspondre aux articulations du bâtiment : les décrochements en façade soulignent ainsi la fonction des espaces intérieurs. De même pour les couleurs, issues des matériaux eux-mêmes ou rajoutées par des frises de céramique : briques, terres cuites et grès émaillé attirent l'œil sur certains points essentiels de la structure[9],[8].

Il innove également en créant des modèles de meubles en accord avec l'architecture : quelques dessins de sièges au piètement en porte-à-faux directement inspiré de Viollet-le-Duc ont été retrouvés. L'hôtel Jassedé apparaît à ce titre « comme le terrain d'expériences nouvelles et décisives » pour le jeune architecte-décorateur[9].

Si cet essai encore timide diffère assez peu des maisons édifiées au même moment par d'autres architectes dans la proche banlieue de Paris[8], il contribue à asseoir la réputation de Guimard dans le quartier d'Auteuil, où il rencontrera un an plus tard la commanditaire de sa première grande construction novatrice, le Castel Béranger[3].

Conservation du bâtiment

Notes et références

Voir aussi

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