Hôtel Tubeuf (rue des Petits-Champs)

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Destination initiale
Hôtel particulier
Destination actuelle
Bibliothèque
Style
Louis XIII
Architecte
Hôtel Tubeuf
La cour de l'hôtel Tubeuf, donnant sur la rue des Petits-Champs.
Présentation
Destination initiale
Hôtel particulier
Destination actuelle
Bibliothèque
Style
Louis XIII
Architecte
Construction
1635
Propriétaire
Patrimonialité
Localisation
Commune
Coordonnées
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L'hôtel Tubeuf, appelé aussi palais Mazarin ou hôtel de la Compagnie des Indes, est un hôtel particulier du 2e arrondissement de Paris dont la construction commence en 1635. Les façades, toitures et certains éléments architecturaux intérieurs, comme l'escalier du département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1]. D'autres éléments, comme la chambre de Mazarin, sont classés à la même date. Cet édifice hébergeait la Compagnie des Indes orientales au XVIIIe siècle.

L'hôtel de Chevry

Bâti en 1635 à l'angle des rues Vivienne et des Petits-Champs, sur une parcelle du fief de la Grange-Batelière, l'hôtel Tubeuf constitue la partie la plus ancienne du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France. Son commanditaire est Charles Duret de Chevry, un riche financier proche de Sully puis de Richelieu, président à la Chambre des comptes et intendant des Finances. La construction et probablement la conception de l'hôtel ont été confiées à l'architecte Jean Thiriot[2].

En 1641, l'hôtel devient la propriété de Jacques Tubeuf, nommé la même année à la charge d’intendant et contrôleur général des finances. Il achète en 1642 le terrain jouxtant la demeure et se fait bâtir trois petits hôtels entre cours et jardins, sur les plans de Pierre le Muet, architecte du Roi[2]. Dès 1643, Tubeuf s'installe dans ces petits hôtels et loue sa demeure à l'homme fort du royaume : le cardinal Mazarin. Ce dernier y loge ses collections, déjà opulentes, et sa bibliothèque naissante. Mais il réside peu dans l'hôtel qu'il utilise avant tout telle une retraite où "il était parfois bien aise de se reposer"[3] et où il installe par la suite ses neveux et nièces, dont la célèbre Hortense Mancini. Le ministre entreprend de grands travaux d'agrandissements et se constitue un véritable palais, mais l'hôtel Tubeuf est conservé en l'état, hormis quelques aménagements intérieurs[2]. En 1649, Mazarin en fait l'acquisition et l'hôtel connait sa plus glorieuse période en devenant la partie principale, avec les extensions de Mansart et de Le Muet, du palais Mazarin.

L'héritage de Mazarin

Schéma de la bibliothèque de Mazarin à l'Hôtel Tubeuf.

À la mort du cardinal en 1661, le palais est partagé entre son neveu Philippe Mancini et sa nièce Hortense Mancini, mariée au duc Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye. Hortense et son époux, portant désormais le titre de duc de Mazarin, héritent de l'hôtel Tubeuf, de l'aile Mansart qui abritait les galeries d’œuvres d'art du cardinal, et de deux autres petits hôtels attenants rue des Petits-Champs[2].

En 1719, le fils de Philippe Mancini vend son bien à John Law, lequel souhaite y installer la banque royale. Cet achat est suivi en 1720 par celui du lot d'Hortense Mancini pour y installer la Compagnie des Indes. John Law reconstitue ainsi, pour un temps, l'unité du palais. La banqueroute du système de Law en vient rapidement mettre fin à cette réunification. La Couronne récupère l'ensemble des bâtiments et leur donne une nouvelle affectation. L'hôtel Tubeuf et ses dépendances restent affectés à la Compagnie des Indes, la galerie Mansart échoit à la Bourse, la galerie Mazarine, l'hôtel de Nevers et ses dépendances sont assignés à la Bibliothèque royale[2].

L'intégration à la Bibliothèque nationale de France

L'hôtel est devenu un espace administratif, avec des bureaux et des magasins. La Compagnie française des Indes orientales occupe les lieux jusqu'en 1769, puis le Trésor y est installé. Le bâtiment n'est intégré à la Bibliothèque royale qu'en 1826, lorsque les Finances déménagent. Les premiers travaux de restauration n'interviennent qu'avec la nomination d'Henri Labrouste à la charge d'architecte de la Bibliothèque impériale[4].

À partir de 1882, l'administration de la Bibliothèque nationale décide d'installer les collections géographiques au premier étage de l'hôtel que venait de libérer le département des Manuscrits, tandis que la partie occidentale était affectée au département des Estampes. Des travaux de modernisation et de réaménagement sont engagés à la fin des années 1930, mais ne peuvent être achevés qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale[5].

Au début du XXIe siècle, une nouvelle réhabilitation de l'hôtel est nécessaire et prend place dans le vaste chantier de rénovation du site Richelieu[6].

Architecture

Notes et références

Annexes

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