Hôtel d'Escoville

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Période ou styleRenaissance
Début construction1533
Fin construction1540
Hôtel d'Escoville
Image illustrative de l’article Hôtel d'Escoville
Aile nord
Période ou style Renaissance
Type Hôtel particulier
Début construction 1533
Fin construction 1540
Propriétaire initial Nicolas Le Valois d'Escoville
Propriétaire actuel Ville de Caen
Destination actuelle Office du tourisme
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Coordonnées 49° 11′ 01″ nord, 0° 21′ 41″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Commune Caen
Géolocalisation sur la carte : Caen
(Voir situation sur carte : Caen)
Hôtel d'Escoville
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Hôtel d'Escoville

L'hôtel d’Escoville est un hôtel particulier construit sur la place Saint-Pierre, dans le centre-ville ancien de Caen, dans les années 1530 et reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. Il a pu être appelé également par le passé hôtel de Valois, hôtel d'Écoville, hôtel de Matignon ou hôtel du Grand Cheval. C'est le plus bel exemple de l'architecture Renaissance à Caen[1].

Du XVIe au XVIIe siècle

Né en 1475, Nicolas le Valois[2] d'Escoville est le fils de Jean le Valois, seigneur d'Escoville et du Mesnil-Guillaume[3], un des plus riches marchands de Caen anobli en 1522. Membre éminent de l'élite caennaise, il décide de se faire construire un hôtel particulier digne de son rang. Il achète en 1531 un ensemble de maisons de la rue au Change, principal axe reliant le Châtelet où se trouve la maison de ville au carrefour Saint-Pierre (aujourd'hui place Saint-Pierre). Ces habitations sont rasées et à leur place sont construits quatre bâtiments entourant une cour richement décorée dans le goût italianisant de la Renaissance. Les travaux débutent en 1533[4] : le pavillon et l'aile droite, peut-être construits par Hector Sohier, sont achevés en 1535[4], alors que le corps de logis sur rue, attribué à Blaise Lepestre et ses fils, n'est érigé qu'à partir de 1537[5].

En 1541, Nicolas le Valois d'Escoville meurt d'une crise d'apoplexie lors d'une réception donnée dans son hôtel terminé un an plus tôt[6]. Son fils Louis, vicomte de Caen, hérite de la demeure familiale. Il n'y habite pas et préfère le donner à bail ; des boutiques ouvrent alors sur la rue au Change[7]. À partir de cette époque, la ville de Caen loue épisodiquement les grandes salles de l’hôtel pour organiser des cérémonies publiques ou accueillir des hôtes de marque[7],[8]. En 1603, son frère, Jean le Valois d'Escoville, vend l'hôtel à Guillaume Moisant, riche marchand rouennais ayant prospéré grâce au commerce drapier[9]. Son fils, Jacques Moisant de Brieux, prend ensuite l'habitude d'accueillir les jours de pluie un groupe de gens cultivés qui se donnent rendez-vous tous les lundis sur la place Saint-Pierre où arrive la poste en provenance de Paris. Au cours du temps, ces rendez-vous où l'on s’entretient des affaires publiques sont institutionnalisés et en 1652, l'Académie des Arts et des Belles-Lettres de Caen est créée[10]. Jusqu'en 1685, les séances de l'académie se tiennent dans la plus belle salle de l'hôtel.

L'hôtel lors d'une restauration.

Du XVIIIe au début du XXe siècle

Les propriétaires successifs n'occupent qu'une partie des bâtiments. Le reste est loué par la ville pour y loger les grands dignitaires de passage ou les représentants du roi, tel que Charles de Matignon, lieutenant-général de Normandie. En 1693, la municipalité commence à louer une partie de l’hôtel pour abriter ses services à l’étroit dans le Châtelet[11]. En 1733, les échevins achètent l'aile droite de l’hôtel[12] et les services municipaux s'y installent progressivement à partir de 1736[13] ; après la destruction de la vieille porte fortifiée en 1755, l'aile droite de l'hôtel d'Escoville devient la maison de ville[14]. Entre 1733 et 1755, le reste de l'hôtel est ensuite vendu par lot, ce qui implique que le bâtiment avait déjà dû subir de profonds remaniements. Ainsi le corps de logis donnant sur la place est cédé en trois lots (les numéros 6, 8 et 10 place Saint-Pierre). Catherine Moisant vend en 1755 l'aile gauche de l'hôtel à la ville afin d'y aménager la juridiction consulaire. Ce projet échoue et c'est finalement le service de la poste qui s'y installe à la Révolution française avant que le bâtiment ne soit revendu à nouveau le [15]. Cette aile est ensuite transformée en magasin. Après le départ de la municipalité pour le séminaire des Eudistes (place Royale) en 1792[16], l'aile droite est occupée par la bourse de commerce, la chambre de commerce de Caen, le tribunal de commerce et le conseil des Prud'hommes[17]. En 1821, une salle d'audience est construite dans la partie droite du jardin[18].

Lieu de pouvoir politique et administratif, l'hôtel est également un des principaux foyers culturels de la ville : c'est le siège de l'académie de Caen depuis 1753 ; depuis le XVIIIe siècle, des concerts sont organisés par l’académie de musique[19], puis par la Société de la Redoute au début du XIXe siècle, par la Société philharmonique du Calvados ensuite et par la Société des Beaux-Arts qui y siège enfin[20]. En 1862, l'ensemble de l'édifice est classé monument historique[21] et une première restauration a lieu. Trois autres campagnes de restauration vont suivre :

  • de 1895 à 1905 par Anthime de la Rocque (travaux d'urgence),
  • de 1915 à 1925 par Gabriel Ruprich-Robert (aménagement de la chambre de commerce),
  • de 1933 à 1936 par Ernest Herpe (intervention sur les façades).

La deuxième partie du XXe siècle

L’hôtel est sévèrement endommagé lors de la bataille de Caen en 1944 ; la cour intérieure subsiste, bien que très abîmée, mais la façade sur la place Saint-Pierre ainsi que le mur extérieur de l’aile sud sont pulvérisés. Pendant presque quinze ans, de nombreux projets sont présentés par plusieurs architectes, le projet classique de Charles Dorian étant préféré à la façade moderne proposée par Paul Binet. Les divergences très fortes entre les différents acteurs de la Reconstruction sur la réhabilitation de l’hôtel d’Escoville sont particulièrement représentatives de l’épreuve de force qui oppose, tout au long de la Reconstruction, mairie, Monuments historiques, ministère de la Reconstruction, commerçants et sinistrés [22]. En , la chambre de commerce, prenant comme prétexte leur désaccord avec le projet de restauration de la façade de l'hôtel d'Escoville, décide de se faire construire un nouveau bâtiment (ancienne chambre de commerce de Caen) à l'emplacement de l'ancienne salle des ventes. Finalement le conseil municipal approuve le projet définitif en 1958. Le bâtiment est restauré vers 1960.

À partir de 1963, la grande salle du rez-de-chaussée accueille le salon annuel des artistes bas-normands et des expositions d’art diverses. Le bâtiment abrite deux boutiques, le syndicat d'initiative sur la place Saint-Pierre et un logement de gardien ; le reste de l’hôtel est plus ou moins inutilisé jusqu’en 1994. À cette date, l’hôtel fait l’objet d'une nouvelle restauration et d’un bouleversement complet de l’aménagement intérieur. Le bail des commerçants est résilié et le corps de logis sur rue, ainsi que l'aile nord, sont attribués à l'office de tourisme. L'hôtel garde une fonction culturelle affirmée. La salle Moisant de Brieux accueille les réunions de l'académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen et de la Société des antiquaires de Normandie. De 1994 jusqu'à son déménagement en 2013 dans le palais ducal de l'abbaye aux Hommes, l’artothèque de Caen occupe une partie de l'hôtel[23]. Un projet de centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine dans le cadre du label « Villes et Pays d'art et d'histoire » évoqué par la ville en 2016, mais il n'est pas réalisé[24].

Architecture

Notes et références

Annexes

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