Hôtel de la Roche-Guyon
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L'hôtel de la Roche-Guyon était un hôtel particulier de Paris, situé rue des Bons-Enfants, accolé à la Chancellerie d'Orléans. L'hôtel était ainsi tout proche du Palais-Royal.
Il est aujourd'hui détruit, la parcelle étant englobée dans les bâtiments de la Banque de France.
Au milieu du XVIIe siècle, Tallemant des Réaux, dans ses Historiettes (Paris, Levavasseur, 1834, tome 4, p. 382), rapporte : « (…) Moi qui voulois voir ce que deviendroit cette aventure, je fus trouver M. le chevalier de La Valette de la part de madame la duchesse de La Roche-Guyon. – « La duchesse de La Roche-Guyon ? dit-il, je ne la connois point. Où demeure-t-elle ? –Dans la rue des Bons-Enfants, à l’hôtel même de La Roche-Guyon. (…) »
Qui est ainsi nommé duc de La Roche-Guyon ?
S'agit-il de Roger du Plessis-Liancourt (vers 1598-1674), 2e duc de La Roche-Guyon, dit « duc de Liancourt » ? Celui-ci complota contre le roi et la Régence, durant la Fronde. Il dut s'exiler hors de Paris, dans son château de Liancourt. Son épouse avait fait reconstruire un hôtel particulier par Lemercier, rue de Seine, à l'emplacement approximatif de l'actuelle école des Beaux-Arts.
Il devrait plutôt s'agir de François de Silly (1586-1628), chevalier des ordres du Roi, conseiller en ses conseils, grand louvetier de France, 1er duc de La Roche-Guyon, damoiseau de Commercy, dont la veuve, Catherine-Gillonne Goyon de Matignon, rédige son testament en 1647 « en son hôtel rue des Bons-Enfants[1] ».
Le couple n'eut pas de postérité.
- Restitution de la façade côté rue des Bons Enfants de l'hôtel de la Roche-Guyon.
- Coupe de l'hôtel de la Roche-Guyon, XVIIe siècle.
- Restitution de l'élévation côté jardin.
Abel Servien

L’hôtel est ensuite occupé par Abel Servien[2], au moins dès le , et jusqu'en 1659, date de sa mort. Il s'agit de son logement principal à Paris, outre le château de Meudon dont il fait l'acquisition en 1654. Sa proximité avec le Palais-Royal justifie le choix retenu par le Surintendant, l'un des principaux ministres du début du règne de Louis XIV. Servien meurt à Meudon le . L'inventaire après décès du Surintendant décrit tout le mobilier de l'hôtel, et permet d'en donner la distribution à cette époque. À noter que depuis le pavillon Sud de l'hôtel, du côté du jardin, se découvrait une vue exceptionnelle sur le Palais-Royal proprement dit, outre la vue sur le jardin.
La duchesse de Nemours


La duchesse de Nemours, née Longueville, quitte l’hôtel de Longueville pour celui de La Roche-Guyon, à partir de , quelques mois après la mort de son mari, Henri II de Savoie, duc de Nemours, mort le de la même année.
En effet, Jean Loret, dans La Muze Historique (lettre 38, du samedi , tome III) indique :
Dame et princesse de Nemours,
Qui depuis environ deux jours,
Quitant l’Hôtel de Longueville,
Avez choisi pour Domicille,
L’Hôtel de la Rocheguyon,
Qui fut édifié, dit-on,
Passez sont quinze ou seize lustres,
Par vos Prédécesseurs Illustres,
Hôtel, depuis n’aguères, où
De la France, étoit le Pérou,
Et dont le feu Chef des Finances[3]
Ocupoit les apartenances…
Les écuries de Monsieur

Le plan du Palais-Royal, attribué à François d’Orbay, qui est conservé à la BNF (Estampes VA 231 FOL), et qui est daté de 1692, mentionne à l’emplacement de l’hôtel la dénomination suivante : « Maison où sont les écuries de Monsieur ».
On peut ainsi supposer que l'hôtel avait été annexé au Palais-Royal, qui ne cessait de s'agrandir. Il faut penser que l'hôtel avait alors pour vocation de loger un grand nombre du personnel des écuries, car l'hôtel n'avait pas la place de recevoir les attelages.
