Hôtel de ville de Binche

édifice civil en Belgique From Wikipedia, the free encyclopedia

L’hôtel de ville de Binche est situé sur la Grand-Place de Binche. Son beffroi, classé depuis le , relève du Patrimoine majeur de Wallonie[1] et fait partie des beffrois de Belgique et de France classés au patrimoine mondial de l'Unesco depuis le [2].

Construction
XIVe siècle
Faits en bref Type, Partie de ...
Hôtel de ville de Binche
L'hôtel de ville et le beffroi avant les rénovations de 2023-2024 (image prise en 2021).
Présentation
Type
Partie de
Architecte
Construction
XIVe siècle
Hauteur
35 m
Patrimonialité
Localisation
Pays
Province
Commune
Coordonnées
Fermer

Histoire

L'hôtel de ville avec la façade néo-classique de Laurent-Benoît Dewez[3][4], avant la restauration de Pierre Langerock.

La date de construction de l'hôtel de ville est incertaine[5], mais les trois arcades gothiques du rez-de-chaussée et la base du beffroi, en grès de Bray, dateraient du XIVe siècle. L'édifice serait situé à l'emplacement de la première « maison dou bourc » ou « loge delle ville » attestée dès le XIIIe siècle[6][7].

La fondation de l’hôtel de ville de Binche est liée au développement économique de la cité et à l’émergence des libertés communales. dont Binche est une des premières villes du Hainaut à bénéficier de franchises municipales[8]. Le beffroi, qui en est le témoin et qui a longtemps servi de poste de guet, surmonte l’édifice qui servait auparavant de halle, de boucherie communale et de lieu de réunion du magistrat.

Lors la mise à sac de la ville par les troupes d’Henri II, en 1554, l’hôtel de ville est incendié. La restauration de l'hôtel de ville et des autres bâtiments publics détruits et endommagés est confiée par Marie de Hongrie à Jacques Du Brœucq, architecte montois[9][10][7].

En 1774, l’architecte Laurent-Benoît Dewez, qui dirigeait alors le chantier de l'abbatiale de Bonne-Espérance, appose sur la façade un décor de stuc et de plâtre qui lui donne une allure de style néo-classique[11][4][7]. La façade est rehaussée et le beffroi engoncé dans la toiture.

En 1856, face à la grande vétusté de la façade et au très mauvais état des maçonneries, le conseil communal envisage de démolir l’édifice. En 1857, le projet est finalement abandonné et quelques réparations sont effectuées. Puis, en 1892, devant l’état préoccupant du bâtiment, on se demande à nouveau s’il ne faudrait pas le démolir. Selon l'avis de la Commission Royale des Monuments et des Sites, il est clair qu'on ne peut pas démolir l'hôtel de ville, car il s'agit d'un témoin archéologique majeur. Des réparations et reconstructions doivent être entreprises après une analyse historique approfondie de cet édifice[4][12].

De 1896 à 1899[3][13][14], l'édifice, vétuste, fait l'objet d'une restauration sous la direction de l'architecte Pierre Langerock et avec la collaboration de l'historien Ernest Matthieu. Après enlèvement du décor de Dewez, on retrouve la muraille primitive d'apparence renaissance et quatre cartouches sont apposés sur la façade[15]. Le beffroi est également débarrassé des ajouts de Dewez. Il est restauré, les matériaux défectueux remplacés à l’identique, mais ce n’est pas le cas du campanile qui menaçait de s’effondrer[4]. Le carillon, quant à lui, fut restauré en 1901[3].

Les trois porches originaux ont été débarrassés de leurs ajouts et retrouvent leur aspect initial du XVIe siècle. L’étage reprend l’allure qu’il avait principalement lors de la réfection par Du Broeucq à cette époque. L’ornementation de la façade restaurée s’inspire aussi de cette période, avec les armoiries de Charles Quint, de Marie de Hongrie et de la ville de Binche[4][16].

Les salles intérieures ont elles aussi bénéficié d’une restauration en profondeur. Le stuc du XVIIIe siècle a été remplacé par un décor Renaissance. Inspirées des archives et des éléments retrouvés lors des travaux, les cheminées ont été recréées. Les poutres datent du XVIe siècle. Le mobilier et les lambris reprennent le style de la Renaissance flamande. Les peintures murales et les vitraux affichent les armoiries de l’Empereur, de Marie de Hongrie, des souverains des Pays-Bas ainsi que des gouverneurs et prévôts de Binche[17].

De 2023 à 2024, la façade de l'hôtel de ville a fait l'objet d'une nouvelle campagne de rénovation, incluant la remise en peinture des armoiries, des châssis et des portes. Un gille et deux lions symbolisant le carnaval ont été ajoutés au beffroi à la suite de la proposition de l'entrepreneur[18],[19].

Description

Extérieure

Les armoiries de Charles Quint.

L'hôtel de ville de Binche est un bâtiment gothique tardif à deux niveaux, construit en grès de Bray pour la face principale vers la place, en briques et grès vers la rue des Boucheries. Il intègre au rez-de-chaussée trois arcades gothiques moulurées[20][21][22].

Un beffroi où se superposent cinq registres inégaux en briques émerge du corps de l'édifice. Il abrite trois cadrans d’horloge encastrés dans les baies du niveau supérieur. Le campanile octogonal, couvert d'ardoises, est surmonté d’une flèche bulbeuse d’inspiration baroque[9][22].

En façade, les deux cartouches superposés en pierre calcaire, à décoration gothique, arborent les armes de Charles Quint et le monogramme de sa sœur Marie de Hongrie[15].

Côté rue de la Boucherie, le pignon à gradins, en briques sur un soubassement de grès, est illuminé au rez-de-chaussée par deux fenêtres étroites à traverses, à l’étage par une grande baie à croisée de pierre, et tout en haut par une cheminée surmontée d’un épi en fer forgé[22].

Intérieure

L'intérieure de l'édifice communal est réparti en[23][16]:

  • La salle des pas perdus se trouve à l’emplacement de l’ancienne boucherie communale. Les murs sont habillés de grès de Bray, le plafond est en vieux chêne, et la cheminée est composée d’éléments modernes ;
  • La salle des mariages, avec sa cheminée reconstituée, tout comme la décoration des murs, les poutres du plafond et les vitraux, offre un charme unique ;
  • À l’étage, la grande salle du Conseil a retrouvé ses fresques murales, ses vitraux et sa cheminée. Les vitraux mettent en scène des figures illustres ayant marqué l’histoire de Binche ;
  • Le Cabinet du Bourgmestre, juste à côté de la salle précédente, a lui aussi retrouvé ses décorations, recréées dans le même esprit que celles des autres pièces.

Cloches et carillons

Le beffroi.

Le campanile abrite plusieurs cloches, dont certaines datent du XVIe siècle. Avant la restauration de 1896-1899, on comptait une dizaine de cloches anciennes. Aujourd’hui, il renferme un carillon de vingt-six cloches, les plus anciennes ayant été fabriquées en 1596 par le fondeur Thomas Tordeur de Nivelles. La cloche de la demi-heure, surnommée « Binette », porte le blason de Binche et l’inscription : « Saint-Ursmé notre patron priant à Dieu que toute âme fût sauvai qui sont cause de ma façon. 1596 ». Elle servait à annoncer les assemblées du conseil du magistrat, ainsi que les incendies et, plus tard, les séances du tirage au sort pour la conscription militaire[22]. La cloche de l’heure, la plus importante, a été offerte par Jean Grognart de Mons. Elle pèse 1 700 kg et s’appelle « L’Indépendance ». On peut y lire l’inscription : « J’adnonce l’heure et mon tort. Chacun se garde de la mort. Jan Grognart m’a faict à Mons 1598 ». Elle arbore également les armoiries des archiducs d’Autriche Albert et Isabelle, ainsi que celles du duc d’Aumale, gouverneur de la ville[24].

Deux ans après avoir livré les cloches en , Thomas Tordeur reçut une nouvelle commande de la ville de Binche. Il devait fournir trois petites cloches pour servir d’appeaux à l’horloge municipale. Une clause ajoutée au contrat stipulait qu’il s’engageait aussi à refondre la dixième cloche de la première commande, jugée « non accordante ». Selon les comptes du trésorier communal, Charles Tahon, ces trois nouvelles cloches furent livrées le . Le , le magistrat de la ville décida de faire transporter trois cloches au refuge de Bonne-Espérance à Nivelles, où elles restèrent jusqu’en 1658. Durant les guerres franco-espagnoles, celles de la collégiale Saint-Ursmer et du beffroi furent transférées à Mons pour plus de sécurité. D’après le rapport du juré Philippe, le , elles furent déposées dans la cour du refuge de Bonne-Espérance à Mons[25].

En 1868, le carillon a été réduit à neuf cloches. Par la suite, quelques petites cloches issues des ateliers d’Alphonse Beulens à Louvain sont venues s’ajouter. Le nouveau mécanisme, conçu par Charles Demettre, carillonneur à Alost, a modernisé l’ensemble. Au XXe siècle, il a été perfectionné, électrifié et relié à l’horloge, devenant autonome et sans clavier manuel. Entre 1956 et 1957, une restauration a eu lieu, sans toutefois augmenter le nombre de cloches. L’ensemble a été réharmonisé avec l’ajout de mélodies de gilles. Une restauration a eu lieu entre 1977 et 1978, au cours de laquelle le mécanisme électrique a été modernisé. Depuis, l’air de gille *Le Petit Jeune Homme de Binche* rythme les quarts d’heure. En , la société Clock-O-Matic de Holsbeek, à Louvain, a installé dans le beffroi un système APOLLO II SBSI, un carillon électronique remplaçant l’ancien mécanisme électrique[25].

Notes et références

Voir aussi

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