Igé (Orne)
commune française du département de l'Orne
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Igé est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 585 habitants[Note 1].
| Igé | |
Le château de Lonné. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Orne |
| Arrondissement | Mortagne-au-Perche |
| Intercommunalité | Communauté de communes des Collines du Perche Normand |
| Maire Mandat |
Isabelle Thierry 2020-2026 |
| Code postal | 61130 |
| Code commune | 61207 |
| Démographie | |
| Population municipale |
585 hab. (2023 |
| Densité | 21 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 19′ 28″ nord, 0° 31′ 17″ est |
| Altitude | Min. 90 m Max. 180 m |
| Superficie | 27,86 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Ceton |
| Législatives | Deuxième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | Igéen |
| modifier |
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Géographie
La commune se situe dans la région naturelle du Perche et appartient au nouveau canton de Ceton qui a incorporé depuis 2015 des communes de l'ancien canton de Bellême.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Même, un bras de la même, l'Argenson et la Braye[3],[4],[Carte 1].
La Même, d'une longueur de 42 km, prend sa source dans la commune de Belforêt-en-Perche et se jette dans l'Huisne en limite de Cherré-Au et de La Ferté-Bernard, après avoir traversé huit communes[5]. Les caractéristiques hydrologiques de la Même sont données par la station hydrologique située sur la commune de Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe. Le débit moyen mensuel est de 1,24 m3/s[Note 2]. Le débit moyen journalier maximum est de 14,7 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 19,8 m3/s, atteint le même jour[6].
L'Argenson, d'une longueur de 11 km, prend sa source dans la commune et se jette dans l'Orne saosnoise à Saint-Cosme-en-Vairais, après avoir traversé quatre communes[7].
Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang Neuf (0,24 ha) et l'étang Normand (2,4 ha)[Carte 1],[8].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[11] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[12]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 737 mm, avec 1,2 jours de précipitations en janvier et 7,5 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême à 7 km à vol d'oiseau[15], est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 810,0 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −15,1 °C, atteinte le [Note 4].
Urbanisme
Typologie
Au , Igé est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle est située hors unité urbaine[19] et hors attraction des villes[20],[21].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (51,9 %), prairies (25,1 %), forêts (19,9 %), zones urbanisées (1,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1 %), zones agricoles hétérogènes (0,9 %)[22]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Rupe Ialgeo (sans date)[23].
Albert Dauzat, Ernest Nègre et René Lepelley qui ne citent aucune forme ancienne, preuve qu'ils n'en connaissent pas, ont vu dans ce nom de lieu une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine en -(i)acum au sens de « lieu de, propriété de »[24],[25],[26]. Pour cela, ils se basent sur le fait que la terminaison -é au sud ouest de la Normandie, dans le Maine, en Anjou et plus généralement à l'ouest, est généralement explicable par ce suffixe. Seul Ernest Nègre compare avec une forme ancienne d’Igé (Saône-et-Loire, Ibiacus 887) dont le -é final résulte effectivement de l'évolution phonétique du suffixe -(i)acum[25].
Le premier élément Ig- représenterait un anthroponyme gaulois ou gallo-romain tel qu’Ivius[24],[26] ou Aevius[25].
Le gentilé est Igéen.
Histoire
La commune a conservé trois mottes féodales qui gardaient, vers l'est, la vallée de la Même.
Un camp protohistorique de type éperon barré a été découvert par Jousset de Bellesme au lieu-dit le Croche-Melier[27], près de la ferme éponyme. L'éperon, aux flancs très abrupts, est barré du côté du plateau par un rempart de pierres et de terres. Celui-ci, précédé par un fossé large de 6 à 7 m, profond d'environ un mètre, à fond plat, est légèrement convexe vers l'extérieur et présente un profil latéral triangulaire haut d'un mètre. ce lieu clos d'une cinquantaine d'ares, qui s'ouvre par une porte dans l'axe de la fortification, domine d'une dizaine de mètres, la confluence de deux ruisseaux. Jousset de Bellesme y aurait recueilli deux haches polies en silex ainsi que quatre autres armes : une pointe de lance à douille, un fragment de poignard et deux haches, attribuable au bronze final, et, au pied de l'éperon une hache en bronze à talon décoré[28].
En 1817, Igé (1 321 habitants en 1806[29]) absorbe Marcilly (204 habitants[30]), au sud-est de son territoire.
Igé et sa voisine Saint-Cosme-en-Vairais forment le troisième noyau important de l'émigration percheronne vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle, après Mortagne-au-Perche et Tourouvre.[réf. nécessaire] Bien que n'ayant pas d'ouverture directe sur la mer, le Perche a envoyé au cours du XVIIe siècle un bon nombre de ses habitants pour la colonisation de la Nouvelle-France. Artisans, bûcherons, laboureurs venus du Perche ont été parmi les premiers colons à arriver en Nouvelle-France au XVIIe siècle.
Politique et administration
Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[32].
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[33]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[34].
En 2023, la commune comptait 585 habitants[Note 5], en évolution de −7,14 % par rapport à 2017 (Orne : −2,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %). Igé a compté jusqu'à 1 880 habitants en 1841.
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Château de Lonné, des XVIIe, XIXe et XXe siècles, partiellement inscrit au titre des monuments historiques en 2000[36].
- Motte de Lonné, à 2,5 km au sud, vers Pouvrai, dans le bois du château de Lonné, au sud-ouest de celui-ci, à l'extrémité d'un d'un éperon barré par un fossé. Le tertre circulaire mesure 75 m de diamètre à la base et 35 m sur la plate-forme. La « maison » située à 250 m au sud-est de la motte conserve les corbeaux d'une bretèche[37].
- Église Notre-Dame de Marcilly, à 3 km au sud-est par la D 276, vers Saint-Germain-de-la-Coudre, L'édifice du XIIe siècle, bâtie sur une motte aplanie[38], est inscrit au titre des monuments historiques en 1971[39].
- Manoir de Bray, du XVIIe siècle, et sa chapelle, partiellement inscrits au titre des monuments historiques en 1977[40].
- Motte castrale de Garenne-de-la-Motte, du Moyen Âge, inscrite au titre des monuments historiques en 1975[41].
- Église Saint-Martin, dotée d'une tour romane.
- Presbytère, bâti en 1830, au milieu d'un parc arboré[42].
- Pyramide d'Igé, 1735, sur la D301, monument marquant la limite entre la généralité d'Alençon et la généralité de Tours.
- Maison dite « Henri IV », du XVIe siècle, inscrite à l'IGPC[43], plus ancienne demeure de l'ancien canton de Bellême[réf. nécessaire].
- L'église Notre-Dame de Marcilly.
- Le manoir de Bray.
- Le clocher de l'église Saint-Martin.
- La pyramide de généralités.
Activité et manifestations
Personnalités liées à la commune
- Pierre Gadois (Igé, v. 1594 - Montréal, 1667), premier habitant de Montréal[44].
- Le comte Nicolas d'Orglandes, président du conseil général de l'Orne et député, achète le château de Lonné en 1800[45].
- Le comte Albert de Balleroy (Igé, 1828 - 1872), député du Calvados[46], peintre spécialisé dans les scènes de chasse, partagea un atelier rue Lavoisier avec Édouard Manet[47].
- Jean Descarries (ou Descaris) dit le Houx (Igé, 1621 - Montréal, 1687).
- Jean Leduc (Igé, v. 1621 - Montréal, 1702) Jean Descarries et Jean Leduc furent les deux premiers Français qui s'établirent à Notre-Dame-de-Grâce (Montréal), le . Vers la fin du XVIIe siècle, le nord du Vieux-Montréal était une immense forêt s’étalant au pied du mont Royal, entourée de marécages et de ruisseaux. Descarries et Leduc reçoivent chacun trente arpents de terre à Notre-Dame-de-Grâce, un vaste territoire que traverse aujourd'hui l'avenue Atwater jusqu’à Lachine. Les Descarries furent longtemps ancrées dans le secteur. Par exemple, Daniel-Jérémie Décarie (1836-1904) fut maire de Notre-Dame-de-Grâce de 1877 à 1904 et son fils, l'avocat Jérémie-Louis Décarie (1870-1927), fut un parlementaire québécois. En , on désigne officiellement « boulevard Décarie » l’axe commercial qui traverse Notre-Dame-de-Grâce.
- Jacqueline Quatremaire (Igé, - Auschwitz, ) est une militante syndicaliste, communiste et résistante.
Héraldique
| Blason | D'azur à l'obélisque du lieu d'argent, maçonné de sable et sommé d'une fleur de lis d'or ; au chef du second chargé d'une feuille d'érable de sinople accostée de deux coquilles de gueules[48]. |
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|---|---|---|
| Détails | L'obélisque du lieu de ce blason est la pyramide d'Igé, qui marque la limite entre les généralités de Tours et d'Alençon. La feuille d'érable commémore la forte émigration percheronne vers le Canada. Les coquilles de gueules rappellent la présence en ce lieu d'une halte à destination des pèlerins faisant route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Adopté par la municipalité le 19 février 2013. |
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la géographie :
- Résumé statistique d'Igé sur le site de l'Insee
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
