Jacqueline Quatremaire
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Henri Quatremaire (d) |
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Camp de concentration du fort de Romainville (d), camp de Royallieu, camp d'extermination de Birkenau |
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Jacqueline Quatremaire, née le à Igé (Orne) et morte de phtisie en déportation le au camp d'Auschwitz, est une militante syndicaliste, communiste et résistante. Elle fait partie du convoi des 31 000.
Jacqueline Quatremaire naît à Igé, dans l'Orne le . Surnommée « Jacky », elle est la fille unique de Germaine Duhec (ou Germaine Bruhce[1]) et d’Henri Quatremaire[2]. Son père, peintre en bâtiment, est ensuite maire de Noisy-le-Sec. Et ce à plusieurs périodes d'abord du au , puis après sa réélection de 1945 à 1947, enfin il retrouve son mandat de maire de 1959 à 1971[3]. Elle obtient son brevet puis sa famille s'installe dans la région parisienne en 1934[2].
Syndicalisme et résistance
De 1936 à 1939, Jacqueline Quatremaire est sténodactylo au Syndicat des produits pharmaceutiques, à la Bourse du travail de Paris (dans le 10e arrondissement de Paris)[2].
En 1937, elle dirige le foyer de l’Union des jeunes filles de France à Noisy-le-Sec[1]. Elle s’engage au Front national, qui est un mouvement de la Résistance française créé par le Parti communiste. Elle vit dans la clandestinité sous la fausse identité de « Michèle Dambreville ». Elle assure la transmission des textes et des plaques de tirage dans le groupe d’Arthur Tintelin. Responsable de la branche technique, c’est-à-dire des imprimeries et de la distribution de la propagande, Arthur Tintelin est arrêté en [4].
Arrestation et déportation
Le , Jacqueline Quatremaire est elle-même arrêtée en même temps que Madeleine Dechavassine[5] avec les imprimeuses et techniciennes de l'affaire Tintelin[6] dont Madeleine Doiret, Lucienne Thevenin, Jeanne Serre et Vittoria Daubeuf[7] dans le 15e arrondissement par les inspecteurs des brigades spéciales. Le , elle est transférée au camp allemand du fort de Romainville[1].

Le , elle fait partie des cent premières femmes otages qui sont transférées au camp de Royallieu à Compiègne. Le , elle est conduite avec 230 femmes dans des wagons à bestiaux où sont déjà entassés 1 450 détenus hommes. Ce convoi est connu comme le convoi des 31000. Comme les autres déportés, elle jette sur la voie un message. Le sien est parvenu à ses destinataires :
« Dans une heure nous partons certainement pour l'Allemagne. Ne vous inquiétez pas le moral est excellent. Nous reviendrons bientôt. Maman, Papa, Grand-Père chéris au revoir. Ayez du courage. Mes chers amis je vous embrasse tous. Petite Mère prend soin de ma poupée, je voudrais la retrouver belle à mon retour »[1]
En gare de Halle (en Allemagne), le train se divise : les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le . Elles sont conduites au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent dans le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau le en chantant La Marseillaise[8].
Le , les « 31000 » sont assignées au Block 26, entassées à mille détenues avec des Polonaises. Jacqueline Quatremaire porte le matricule numéro 31641. Elles partent dans les kommandos de travail. Le , Jacqueline Quatremaire est affectée comme infirmière au revier (hôpital des détenus) de Birkenau. Très maigre, couverte de poux, elle y contracte une tuberculose pulmonaire. Le bulletin de décès établi par la mairie de Noisy-le-Sec en donne la date du , ce que les survivantes considèrent comme exact[9].
Après la guerre, le , sa mère dépose plainte contre les inspecteurs qui ont arrêté sa fille, devant la commission d’épuration de la police[2].

Hommages et distinctions
Jacqueline Quatremaire est récipiendaire des décorations suivantes, attribuées à titre posthume en 1960[1] :
Médaille militaire
Croix de guerre -, palme de bronze
Médaille de la Résistance française (décret du )
Son nom est gravé sur le monument aux morts de Noisy-le-sec et sur la plaque commémorative à l’intérieur de la Bourse du travail, avec cette épitaphe de Paul Éluard : « À la Mémoire des dirigeants de syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la France – Lorsqu’on ne tuera plus ils seront bien vengés et ce sera justice »[2].
Trois écoles maternelles (à Pantin, Drancy et Villetaneuse), une crèche (à Noisy-Le-Sec) et une rue située à Drancy portent son nom.