Il Novatore anarchico
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Il Novatore anarchico | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | italien |
| Genre | Anarchisme individualiste |
| Fondateur | Massimo Rocca (Libero Tancredi) |
| Date de fondation | 7 avril 1906 |
| Date du dernier numéro | 26 octobre 1906 |
| Ville d’édition | Rome |
| modifier |
|
Il Novatore anarchico est un revue anarchiste-individualiste fondée en 1906 par Massimo Rocca.
Fondation
La revue est publiée à partir du [1] par Massimo Rocca et Alfredo Consalvi (gérant). Rocca alors jeune typographe, âgé de 22 ans, désireux de disposer d’un espace personnel d’expression, fonda, sous le pseudonyme de « Libero Tancredi », ce qui fut qualifié plus tard de « l’une des revues les plus iconoclastes de l’histoire de l’anarchisme, marquée par l’exaltation de l’amorphisme éthique, de la violence libératrice, du néopaganisme et du principe selon lequel « tout est permis au service de l’individu », y compris le meurtre. »[2]
Contenu
Contre la « dégénérescence de l'anarchisme »
Publié dans le but de « porter un peu de discussion et d’idées dans le champ dégénéré de l’anarchisme », Il Novatore anarchico visait à réintroduire au sein de l’anarchisme la dimension du débat théorique, « nécessaire et fécond », pour renouveler un mouvement jugé par Rocca comme ayant dérivé dans l’utopisme et le dogmatisme[2]. Selon Rocca, la volonté de l'anarchisme de conquérir un consensus de masse, afin de rivaliser avec les « socialistes légalitaires », avait entraîné une régression du mouvement et un affaiblissement de sa dimension théorique :
« Les anarchistes en Italie ont voulu s’étendre avant de s’enraciner, avant d’avoir construit un édifice théorique […] solide, moderne et logique. » [2]
Partant de ces prémisses, Rocca entama une violente campagne personnelle contre l’anarchisme traditionnel, dont la dimension restait « flottante et indéterminée entre la fantaisie des poètes et les paraboles des propagandistes de second ordre »[2].
Contre la société chrétienne
Il exprima également une hostilité à la société judéo-chrétienne, lui préférant l’exaltation d’un hypothétique retour au paganisme. À ce propos, il écrivit :
« Les vieilles maximes pourries du christianisme — fraternité, égalité et solidarité — qui servent aujourd’hui d’arme aux nouveaux religieux (du socialisme légalitaire aux anarchistes du jacobinisme sociétaire) sont méprisées par l’anarchisme, car ces abstractions métaphysiques n’ont servi qu’à maintenir les hommes esclaves de préjugés inutiles et nuisibles. »[3]
La violence comme « poésie rebelle »
Par rapport au courant stirnérien qui s’était affirmé au début du siècle, « l’anarchisme de Tancredi se résolvait dans la volonté de puissance, dans une perspective surhumaniste qui avait peu à voir avec la dimension existentielle présente chez Stirner, mais dérivait d’une lecture indirecte de Nietzsche. »[2]
Le « novateur », l’homme nouveau, était une « figure lumineuse et sublime », opposée à la multitude « responsables de leur propre esclavage »[2]. Dans ce cadre, l’anarchisme était conçu comme un esprit « presque impérialiste », comme une volonté suprême d’affirmation extensible jusqu’à la limite de ses propres forces et de la faiblesse d’autrui[2]. Dans cette vision, la violence ne constituait pas une réponse à une situation contingente mais une loi générale et inévitable de la nature et du progrès[2]. La violence était en effet décrite comme le « levier puissant qui brise toute chaîne et tout dogme, […] poésie rebelle qui répand l’enthousiasme et ouvre la voie à l’humanité. »[2] La violence était un facteur vital et libérateur, en opposition au « quiétisme », à la « lâcheté » et à la « mort »[2].
Rocca en vint à considérer comme légitime tout type d’action, y compris l’homicide :
« Tandis que les cariatides du quiétisme de tous les partis et du monde entier poursuivent leur croisade imbécile contre toi (violence), […] ceux qui sentent la vie palpiter intensément et vigoureusement jusque dans leurs fibres les plus intimes élèvent vers toi un hymne enthousiaste et sincère, au nom de l’individu, du génie et de la liberté. […] Tout est violence dans la nature. »[3],[4]
Disparition
Très éphémère, la revue s'arrête au bout du 7ème numéro () avant d'être remplacée par Il Novatore individualista, qui ne n'aura cependant qu'un seul numéro ()[1]. Exilé aux États-Unis, Rocca lance en 1908 le journal Il Novatore avant de rentrer en Italie en 1911, date à laquelle il relance une nouvelle série imprimée cette fois à Milan (-)