Massimo Rocca

journaliste et politicien italien From Wikipedia, the free encyclopedia

 Massimo Rocca, né le 26 février 1884 à Turin et mort le 22 mai 1973 à Salò, est un journaliste, écrivain et homme politique italien.

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
SalòVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Libero Tancredi
Nationalité
Faits en bref Député XXVIIe législature du royaume d'Italie, 24 mai 1924 - 21 janvier 1929 ...
Massimo Rocca
Fonction
Député
XXVIIe législature du royaume d'Italie
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
SalòVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Libero Tancredi
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Fermer

Biographie

Journaliste anarchiste-individualiste

Connu comme journaliste sous le pseudonyme de Libero Tancredi, il collabora dans sa jeunesse à de nombreux journaux anarchistes et révolutionnaires, d'abord à la revue syndicaliste révolutionnaire de Angelo Oliviero Olivetti Pagine Libere, puis au quotidien socialiste Avanti ! C'est à cette époque qu'il rencontra Benito Mussolini qui était alors directeur du journal.

La campagne interventionniste

En 1914, il s'engagea activement dans le camp interventionniste aux côtés de Mario Gioda, Maria Rygier, Edoardo Malusardi et Oberdan Gigli avec qui il fonda le journal La Sfida (1 seul numéro) puis La Guerra sociale dans lequel il défendit l'intervention militaire de l'Italie dans la Première Guerre mondiale au nom de la guerre révolutionnaire contre le militarisme des Empires centraux.

La Guerra sociale.

La même année marqua le tournant interventionniste de Benito Mussolini et la création du Popolo d'Italia (15 novembre 1914), journal auquel Rocca collabora. Membre fondateur du Faisceau d'action révolutionnaire interventionniste avec Filippo Corridoni, Alceste De Ambris et Cesare Rossi, Rocca s'engagea par la suite comme volontaire dans la Légion Garibaldi qui combattit pour la France dans l'Argonne. Le 24 mai 1915, l'Italie entra en guerre. Rocca rentra en Italie pour s'enrôler dans l'armée royale.

Homme politique fasciste

Après la guerre, il ne participa pas au rassemblement de San Sepolcro, mais se rapprocha du mouvement fasciste au cours de l'année 1920. En 1921, il se présenta aux élections sur la liste Bloc national. Lorsque Mussolini s'opposa au fascisme intransigeant des Ras au sujet du pacte de pacification avec les socialistes (3 août 1921), Massimo Rocca se rangea du côté de Mussolini pour la transformation du mouvement fasciste en parti politique. Au congrès de Rome de novembre 1921, qui officialisa la création du parti, Rocca fut élu membre du Directoire national du Parti national fasciste (PNF), intégrant ainsi les rangs de la direction du parti.

Après la Marche sur Rome (28 octobre 1922) et la formation du premier gouvernement, Mussolini, Rocca devint un fervent défenseur d'une politique de normalisation. Les graves événements de Turin, où les escadrons de Piero Brandimarte perpétrèrent le massacre d'antifascistes, le poussèrent, ainsi que Mario Gioda, à condamner ces actes. Les deux hommes politiques plaidèrent pour une intervention auprès de Mussolini, qui aboutit à la dissolution du Parti fasciste de Turin et à la transformation des escadrons squadristes en Milice interne au parti.

De janvier à septembre 1923, il fut membre du Grand Conseil du fascisme et, brièvement, secrétaire national adjoint du PNF (du 5 mars au 24 avril). À ce titre, il soutint la fusion du parti avec l'Association nationaliste italienne. Toujours en 1923, il fonda avec Giuseppe Bottai la revue Critica fascista, acte fondateur du révisionnisme, dont Massimo Rocca allait devenir une des figures. Les révisionnistes condamnaient le fascisme intransigeant, le racisme et le squadrisme violent, mais aussi le légalisme conservateur qui prônait un tournant libéral du fascisme. « Entre les deux parties, le médiateur était le « révisionnisme », qui contre l’illégalisme fasciste exigeait le respect des lois en vigueur et contre le légalisme conservateur luttait pour une nouvelle légalité ».

Après une première victoire de Roberto Farinacci, qui parvint à exclure Rocca du parti en 1923, Mussolini intervint et imposa une suspension de trois mois, dite « salomonienne ». Au cours des mois suivants, Massimo Rocca radicalisa de plus en plus ses positions, à tel point que Bottai lui-même prit ses distances.

En 1924, Rocca fut confirmé comme député sur la liste fasciste[1]. Ses adversaires n'eurent cependant aucune difficulté à obtenir son exclusion définitive du Parti fasciste peu après, ce que Mussolini lui accorda cette fois-ci suite à l'incident qui avait éclaté publiquement lors de son voyage en Sicile. Le 19 mai 1924, Rocca fut agressé Via del Tritone à Rome par le secrétaire du Parti fasciste de Gênes et par les commandants des milices génoises. Cependant, ses positions « légalistes » ou « normalisatrices », avaient encore de l'influence, à tel point que, dans le discours à la Chambre du 7 juin 1924, Emilio Lussu a pu demander avec ironie à Mussolini de choisir entre Roberto Farinacci et Massimo Rocca, provoquant des protestations dans l'hémicycle de Montecitorio.

La crise qui suivit l'assassinat de Matteotti survint, durant laquelle – après une période initiale où il chercha son soutien en l'accueillant à nouveau dans le journal PNF – Mussolini, ayant besoin d'un fascisme intransigeant, l'isola de plus en plus. Achille Starace et Roberto Farinacci l'attaquèrent violemment à Montecitorio lorsque – lors de la séance du 16 mai 1925 à la Chambre des députés – Rocca s'opposa au projet de loi sur la réglementation des associations, présenté par Mussolini et visant avant tout à la dissolution de la franc-maçonnerie. Le 9 novembre 1926, avec les Aventins et les communistes, Rocca fut également déclaré déchu de la Chambre des députés[2].

Disgrâce, exil et fin de vie

Après la consolidation définitive de la dictature fasciste, Massimo Rocca fut déchu de sa nationalité italienne et contraint de se réfugier en France. Ce fut le début d'une période plus trouble de sa vie. Installé en Belgique, il entra en contact avec les services secrets du régime fasciste et devint l'administrateur n° 714 de l'OVRA, sous le pseudonyme d'Omero[3].

En 1938, il recouvra sa nationalité italienne et continua son activité en donnant des articles dans des journaux étrangers comme L'Atelier et en participant à des conférences organisées par le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Après avoir adhéré à la République sociale italienne (RSI) en 1943, bien qu'ayant fui en Allemagne, il fut arrêté en septembre 1944 par les Alliés, emprisonné à Anvers et condamné en Belgique à 15 ans de prison, peine réduite ensuite à 9 ans, puis finalement amnistié en juin 1948, date à laquelle il retourna libre en Italie.

Après la guerre, il travailla dans le journalisme et mourut en 1973 à l'âge de 89 ans.

Publications

  • La tragedia di Barcellona, come Libero Tancredi, Roma, Biblioteca Del Novatore, 1911.
  • Dopo Tripoli e la guerra balcanica. Appunti storici per fissare le responsabilità, come Libero Tancredi, Lugano, Rinascimento, 1913.
  • L'anarchismo contro l'anarchia. Studio critico documentario, come Libero Tancredi, Pistoia, Rinascimento, 1914.
  • Dieci anni di nazionalismo fra i sovversivi d’Italia (1905-1915), Milano, Casa editrice Rinascimento, 1918.
  • Il trattato di Rapallo. Una pagina di storia ancora aperta, Milano, Popolo d'Italia, 1921.
  • Idee sul fascismo, Firenze, La Voce, 1924.
  • Fascismo e finanza, Napoli, Ceccoli, 1925.
  • Le fascisme et l'antifascisme en Italie, Paris, Alcan, 1930.
  • La crisi della civiltà contemporanea, Milano, M.S.I.-Federazione provinciale milanese, 1949.
  • Come il fascismo divenne una dittatura. Storia interna del fascismo dal 1914 al 1925 seguita da La fine e il socialismo di Mussolini, Milano, Edizioni librarie italiane, 1952.
  • Le incertezze della scienza moderna, Padova, CEDAM, 1959.
  • La sconfitta dell'Europa. La politica internazionale del Ventennio vista dall'estero, Milano, ELI, 1960; Sanremo, Mizar, 1988.
  • Il primo fascismo, Roma, Volpe, 1964.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI