Il Pugnale

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Titre original
(it) Il PugnaleVoir et modifier les données sur Wikidata
Format
Langue
Fondateur
Il Pugnale
Une du premier numéro d'Il Pugnale
Titre original
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Langue
Fondateur
Date de création
avril 1889
Date de fin
août 1889
Lieu de publication
Paris

Il Pugnale ou Le Poignard est un journal anarchiste de langue italienne publié à Paris en 1889. Ce journal, publié peu après l'attentat de Mirandola par les membres du groupe illégaliste des Intransigeants, en particulier Vittorio Pini ou Luigi Parmeggiani, rassemble un certain nombre d'anarchistes de langue italienne, souvent proches des cercles où évoluent les Intransigeants.

Le journal, qui est distribué gratuitement et financé par les cambriolages et vols du groupe est aussi un fort soutien de la propagande par le fait, il donne par exemple des recettes pour confectionner des explosifs.

Contexte

Au XIXe siècle, l'anarchisme naît et se constitue en Europe avant de se propager[1]. Les anarchistes défendent la lutte contre toutes formes de domination perçues comme injustes, en premier lieu la domination économique, avec le développement du capitalisme[1]. Ils sont particulièrement opposés à l'État, vu comme une institution permettant d'entériner ces dominations au travers de sa police, son armée et sa propagande[2].

Le groupe des Intransigeants et conflits

À partir de la deuxième moitié des années 1880, l'idée de la reprise individuelle, c'est-à-dire qu'il serait légitime de voler les capitalistes car ils voleraient les individus et plus généralement le peuple[3], est développée dans les cercles anarchistes - une nouvelle tendance au sein de l'anarchisme, l'illégalisme, rassemble les anarchistes souhaitant s'organiser et lutter de la sorte[3]. Un des premiers groupes de cette tendance, les Intransigeants, basé à Paris et Londres, composé de figures comme Vittorio Pini, Luigi Parmeggiani, Placide Schouppe, Élise Pelgrom, Maria Saenen ou encore d'autres illégalistes, s'engage alors dans une série de cambriolages servant, en partie au moins, à financer les activités de transmission des idées anarchistes - c'est-à-dire de propagande politique[4],[5].

Le groupe finance, grâce au produit de ses vols, un certain nombre de brochures, placards ou encore journaux anarchistes[6]. L'un de ces journaux, le premier, se nomme Il Ciclone. En 1888-1889, les Intransigeants entrent en conflit ouvert avec un certain nombre d'anciens anarchistes italiens devenus des députés ou politiciens socialistes : Amilcare Cipriani, Celso Ceretti et Camillo Prampolini[6],[5]. Les Intransigeants accusent Cipriani, dans leur Manifesto degl’ anarchici in lingua italiana al popolo d’Italia, de défendre des opinions nationalistes et xénophobes en cherchant une alliance des travailleurs franco-italiens qui exclurait les allemands. Ils proposent plutôt que les travailleurs des trois pays s'unissent et cherchent la révolution sociale plutôt que de s'opposer entre eux de la sorte sur des sentiments nationalistes[6],[5].

Cette critique déplaît à Cipriani, Ceretti et Prampolini, qui se servent de leurs journaux pour accuser les Intransigeants, en particulier Pini et Parmeggiani, d'être des agents provocateurs et des informateurs de la police[4]. Les accusations et insultes portées sur eux poussent les deux militants à se rendre alors en Italie et effectuer l'attentat de Mirandola, visant Ceretti dans une attaque au couteau - ils sont empêchés d'assassiner Prampolini par la police italienne mais parviennent à fuir et à rentrer en France et au Royaume-Uni[6],[4],[5].

Il Pugnale

En avril 1889, Il Pugnale, c'est-à-dire « le poignard »[7], est publié par le groupe à Paris en langue italienne[8]. Le journal est distribué gratuitement et comporte deux devises : « À la force brute de la Bourgeoisie il faut opposer la force brute mais intelligente et consciente de l’individu et des masses » et « Plus la propagande anarchiste est homogène, plus le triomphe de la Révolution Sociale sera proche et certain »[8].

Le journal se compose de deux numéros, l'un datant d', l'autre d'août de la même année, alors qu'une partie des membres des Intransigeants, dont Pini, sont arrêtés et passent en procès devant la justice française[8],[4]. En tout, le journal comporte des mentions de[8] :

Achille Callidis, [Pietro] Cesare Ceccarelli, Raffaele Ciucci, un cordonnier, Santo Diavo, le groupe Les Introuvables, un groupe de poignardeurs, le groupe intransigeant de Paris, le groupe des Intransigeants de Paris et Londres, le groupe anarchiste Les Mendiants d'Alexandrie, un rebelle, Federico Rava, la rédaction de Humanitas.

Le journal est aussi un fort soutien de la propagande par le fait[5]. Dans le deuxième numéro, la première page comporte, sous la mention « Notre programme », des recettes pour confectionner des explosifs comme la nitroglycérine[5].

Sources primaires

Références

Bibliographie

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