Imamat de Fouta-Toro

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Imamat de Fouta-Toro

1776–1859

Description de cette image, également commentée ci-après
Imamat du Fouta Toro (début XIXe siècle)
Informations générales
Statut Monarchie élective théocratique islamique puis monarchie absolue
Capitale Thilogne
Langue(s) arabe (officielle), pulaar
Religion Islam
Démographie
Gentilé Foutankobè ou Foutankobé
Almamy
1776-1797 Abdul Kader

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'imamat de Fouta-Toro (arabe : إمامة فوتة تورو) est une monarchie théocratique musulmane du peuple peul (Fulɓe et Toucouleurs ) dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal en Afrique occidentale. La région connue sous le nom de Fouta-Toro[1] constitue une confédération des provinces du Dimar, Toro, Damga, Fouta central, Laaw, Bousseya, Ferlo, N'Guenar, Haayre, Irlabe Ebiabe[2].

Fouta-Toro est une bande de terres agricoles le long des deux rives du fleuve Sénégal[3],[note 1]. Les habitants de la région parlent pulaar, un dialecte peul. Ils s'identifient par la langue, qui donne naissance au nom Haalpulaar'en (ceux qui parlent Pulaar). Les Haalpulaar'en sont également connus sous le nom de peuple Toucouleurs, un nom dérivé de l'ancien État de Takrur. De 1495 à 1776, le pays faisait partie du royaume Denanke. Les chefs Denianke étaient un clan de Fulbe non musulmans qui régnaient sur la majeure partie du Sénégal[1].

Une classe d'érudits musulmans appelée Torodbe [note 2] semblant provenir du royaume du Fouta-Toro, se répandra plus tard sur les territoires Fulbe. Deux des clans Torodbe de Fouta-Toro descendraient d'un parent du VIIe siècle de l'un des compagnons du prophète Mahomet qui faisait partie d'un groupe d'envahisseurs de Fouta-Toro. Les Torodbe étaient peut-être déjà un groupe distinct lorsque les Denianke conquirent Fouta-Toro[4].

Dans le dernier quart du XVIIe siècle, le réformateur mauritanien Zawāyā Nasir al-Din lance un djihad pour restaurer la pureté de l'observance religieuse dans le Fouta-Toro. Il obtient le soutien du clan clérical Torodbe contre les guerriers, mais en 1677, le mouvement avait été défait[5]. Après cette défaite, certains Torodbe ont migrent vers le sud - vers Bundu - et certains continuent vers le Fouta-Djalon[6]. Les agriculteurs de Fouta-Toro continuent à subir les attaques des nomades de Mauritanie[3]. Au XVIIIe siècle, un ressentiment s'installe au sein de la classe inférieure musulmane face au manque de protection contre ces attaques[1].

Djihad

Les États peuls du Djihad d'Afrique de l'Ouest, v. 1830

En 1726 ou 1727, Karamokho Alfa mène un djihad à Fouta-Djallon au sud, conduisant à la formation de l'Imamat du Fouta-Djalon. Il s'est ensuivi un djihad à Fouta-Toro entre 1769 et 1776 dirigé par Souleymane Baal[7]. En 1776, les Torodbe chassent la dynastie Denianke au pouvoir[3]. Souleymane meurt en 1776. Abdul Kader lui succède. Ce dernier est un enseignant instruit et un juge ayant étudié au royaume du Cayor[8].

Abdul Kader devient le premier Almamy [note 3] de l'Almamyat théocratique de Fouta-Toro[3]. Il encourage la construction de mosquées et poursuit une politique agressive envers ses voisins[8]. Les Torodbe interdisent le commerce des esclaves sur le fleuve. En 1785, ils obtiennent un accord des Français pour arrêter le commerce des esclaves musulmans et payer les droits de douane à l'État. Abdul Kader vainc les émirats du Trarza et du Brakna au nord, mais est vaincu et capturé lors de l'attaque des États wolof du Cayor et du Waalo vers 1797. Après sa libération, l'élan du djihad est terminé. A la mort d'Abdul Kader en 1806, l'État est dominé par quelques familles d'élite Torodbe[3].

Gouvernement

L'Almamyat est dirigé par un Almamy élu, parmi un groupe de lignées éligibles, par un conseil électoral. Ce conseil comprend un noyau fixe et une périphérie fluctuante de membres. Deux familles sont éligibles au trône, la famille Wane de Mbumba et la famille Ly de Jaaba[1].

Au milieu du XIXe siècle, le Fouta-Toro est menacé par les Français dirigés par le gouverneur Louis Faidherbe[10]. L'Almamyate à cette époque est divisé en trois parties. La région du Centre comprend le siège de l'Almamy élu, soumis à un conseil de 18 électeurs. L'ouest, appelé la région de Toro, est administrée par les Lam-Toro . L'est, appelé Fouta Damga est théoriquement administré par un chef appelé El-Feki, mais en pratique n'avait qu'une autorité nominale[11].

L'Almamyate ressort très affaiblit du XXe siècle. Le royaume est alors officiellement gouverné par l'Almamy, mais le pouvoir se trouve entre les mains des chefs régionaux des provinces centrales qui possèdent beaucoup de terres, des partisans et des esclaves. La lutte de diverses coalitions d'électeurs et d'éligibles accéléré encore le déclin de l'Almamyat[1]. L'Almamys continuera d'être intronisé à Fouta-Toro tout au long du XXe siècle, mais avec un rôle uniquement cérémoniel[8].

Effondrement

Notes et références

Annexes

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