Oumar Tall

cheikh Oumar Foutihou Tall From Wikipedia, the free encyclopedia

Sheikh Umar Fouti Tall, de son vrai nom Omar Foutiyou Tall (ou Oumar Seydou Tall), appelé aussi Al Hajj Omar ou encore Al-Fouti, né à Halwar dans le Fouta-Toro, dans l’actuel Sénégal, entre 1794 et 1797 et mort à une date inconnue à partir de 1864, est un souverain, chef de guerre, érudit musulman et muqqadam dans la Tariqa Tijaniyya.

SuccesseurTidiani Tall
Titre completEl Hadj Omar al-Futi Tall al-Tijani
DynastieDynastie Tall
Faits en bref Titre, Empereur de l'Empire toucouleur ...
El Hadj Oumar Tall
Illustration.
Titre
Empereur de l'Empire toucouleur

(16 ans)
Prédécesseur Amadou Amadou
(Empereur du Macina)
Successeur Tidiani Tall
Biographie
Titre complet El Hadj Omar al-Futi Tall al-Tijani
Dynastie Dynastie Tall
Nom de naissance Omar Foutiyou Tall ou Oumar Seydou Tall
Date de naissance Entre 1794 et 1797
Lieu de naissance Halwar (Royaume du Fouta-Toro)
Date de décès
Lieu de décès Falaise de Bandiagara (Empire toucouleur)
Nationalité Toucouleur
Père Saidou Tall
Mère Sokhna Adama Aïssé Thiam
Enfants Aguibou Tall
Ahmadou Tall
Seydou Nourou Tall
Habib Tall
Héritier Tidiani Tall (neveu)
Profession Ouléma
Religion Islam
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Né à Halwar dans le Fouta-Toro, dans l’actuel Sénégal, entre 1794 et 1797, il fonde un Empire Fulɓe musulman sur le territoire de ce qui est aujourd'hui la Guinée, le Sénégal, la Mauritanie et le Mali[1].

Dès son jeune âge, il embrasse la Tijaniyya et joue un rôle majeur dans la propagation de cette dernière[2] dans les territoires correspondant aujourd'hui au Niger, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal (il s’attribue d'ailleurs le titre de khalife de la tariqa en Afrique sub-saharienne). Il disparaît mystérieusement dans la falaise de Bandiagara (actuel Mali) le [3],[4].

Biographie

Enfance

Lieu de naissance à Halwar.

Né entre 1794 et 1797 à Halwar, il est le fils de Saidou Tall et de Sokhna Adama Aïssé Thiam. Il est le quatrième fils de son père. Peul[5] issu d’une grande famille de notables et chefs religieux, il commença à approfondir sa connaissance de l’islam grâce à Abd el-Karim, lettré musulman originaire du Fouta-Djalon, membre de la confrérie Tijaniyya.

Voyage

À partir de 1827 et pendant dix-huit ans, Oumar Tall entreprend plusieurs voyages. Il se rend à Hamdallaye sur le Niger où il rencontre Cheikhou Amadou, le fondateur de l'empire théocratique du Macina, puis séjourne plusieurs mois à Sokoto à la cour de Mohammed Bello. Il traverse ensuite le Fezzan et se rend au Caire avant d’atteindre La Mecque où il reçoit, de la part de Muhammad Al Ghâlî[6], les titres d’El Hadj et de calife de la confrérie soufi tidjane pour le Soudan (1828). Il rejoint ainsi la confrérie Tidjaniya en 1833, par l’intermédiaire de Mohammed el-Ghali Boutaleb, originaire de Fès, qu’il avait rencontré et fréquenté à la Mecque.

Il séjourne ensuite à l’université al-Azhar du Caire, puis chez le sultan du Bornou dont il épouse une fille, à la cour de Mohammed Bello dont il épouse également une fille, enfin de retour à Hamdallaye chez Cheikhou Amadou. En 1845, il passe une journée à Mélakh et prend l'initiative d'y construire un village[7].

Pendant treize ans, il prêche l’islam sunnite à travers la doctrine acharite, la jurisprudence malikite et la spiritualité de la Tijaniyya, d’abord au Fouta-Djalon, puis à Dinguiraye (actuelle Guinée) en 1848.

Djihad

Oumar Tall en 1860.

À Dinguiraye, il prépare le djihad (guerre sainte). Il acquiert une réputation de saint et rassemble de nombreux disciples qui formeront les cadres de son armée. Son armée, équipée d’armes légères européennes reçues de trafiquants britanniques du Sierra Leone, s’attaque aux noirs non musulmans, à partir de . Avec l'aide des Maures, il occupe les territoires des Sérères, Wolofs, Soninkés, Khassonkés, et du Bambouk (), puis attaque les Bambaras Massassi dont il prend la capitale Nioro (). En , il annexe le Kaarta et Diangounté réprime sévèrement les révoltes.

Luttant contre l’armée coloniale française, il fait construire un tata (une fortification) à Koniakary (77 km à l’ouest de Kayes). En , il déclare la guerre au royaume du Khasso et assiège le fort de Médine, qui sera libéré par les troupes du futur général Louis Faidherbe le .

Entre et , El Hadj Oumar Tall s’attaque aux royaumes bambaras de Kaarta et de Ségou (bataille de Ngano). Le , il conquiert Ségou qu’il confie un an plus tard à son fils Ahmadou pour partir à la conquête d’Hamdallaye, capitale de l’empire peul du Macina qui tombera le après trois batailles faisant plus de 70 000 morts. Obligé de se réfugier dans les grottes de Deguembéré, près de Bandiagara, il disparut mystérieusement dans la grotte.

Succession

Son neveu Tidiani Tall sera son successeur et installera la capitale de l’empire Toucouleur à Bandiagara. Son fils Ahmadou Tall règne à Ségou, Nioro et commandait le Niger de Sansanding à Nyamina, une partie des Bambaras du Beledougou, le Bakhounou, le Kaarta[8] jusqu’à la conquête française en [9]. Un autre de ses fils, Aguibou Tall, fut roi du Dinguiraye avant d'être nommé sultan du Macina par les Français en 1892[10].

État théocratique et esclavagiste

Mû par l’idéologie universaliste de l’islam et par un projet de rénovation égalitaire de la société, El Hadj Oumar encourage le libéralisme du sunnisme via la confrérie Tidjaniya, dont il est le représentant de l’époque, et se promet d’imposer une « fraternité transcendante» aux peuples du Soudan occidental.

El Hadj Oumar gouverne ses États comme une théocratie, assisté par un conseil comprenant quelques grands marabouts, certains de ses frères et des compagnons de pèlerinage. La loi coranique est le principe fondamental du gouvernement. Sur le plan administratif, El Hadj Oumar s’inspire du modèle égypto-turc avec division du pouvoir entre un gouverneur civil (pacha) et un gouverneur militaire (bey). Chaque province dispose d’une puissante forteresse (tata) commandée par un chef militaire dirigeant une importante garnison.

C’est, à l'instar de la colonisation peule conduite par Modibbo Adama dans l'Adamaoua, le fondateur d'un État prospérant essentiellement par le trafic d'esclaves[11].

Épopée d’El Hadj Oumar

L’un des amis d’Oumar Tall, Mohamadou Allou Tyam, couche par écrit l’histoire de sa vie dans un récit, la Kacida, qu’il rédige en `ajami, c’est-à-dire en peul noté avec l’alphabet arabe[12]. Ce récit est traduit en français pour la première fois par Henri Gaden en 1935, puis plusieurs autres éditions et traductions plus proches du texte original, dont une en français par Samba Dieng en 1983[12]. L’épopée d’El Hadj Oumar connaît dans le même temps une ample diffusion orale parmi les populations peules, notamment au Sénégal et au Mali, et devient un mythe fondateur de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest, l’épopée présentant El Hadj Oumar comme un messie annonçant les grands cheikhs musulmans de la région pour les décennies suivantes qu’allaient être Mbaba Diakhou (fondateur d’une théocratie au Rip) ou El Hajj Malick Sy, ou encore Cheikh Ibrahim Niasse qui allaient lui succéder en tant qu'antenne de la Tijaniyya en Afrique subsaharienne.

Notes et références

Voir aussi

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