Immigration en Australie
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On estime que l'immigration en l'Australie commence il y a environ 50 000 ans[1], lorsque les ancêtres des Aborigènes d'Australie arrivent sur le continent australien via les îles de l'Insulinde et de la Nouvelle-Guinée. Les Européens commencent à arriver aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais la colonisation ne débute qu'en 1788.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, 7 millions de personnes viennent en Australie dans l'intention de s'y installer. Parmi elles :
- 51,5 % sont des hommes et 48,5 % des femmes,
- 700 000 arrivent grâce à des programmes humanitaires, initialement, à la fin de la guerre, en tant que personnes déplacées, et, plus récemment, en tant que réfugiés.
Sur cette période, l'Australie voit sa population passer de 7 millions d'habitants en 1945 à 24,4 millions aujourd'hui. Le déclencheur de ce vaste mouvement migratoire est la fin de la Seconde Guerre mondiale, où des accords sont conclus avec la Grande-Bretagne, quelques pays européens et l'Organisation internationale pour les réfugiés, afin d'encourager l'immigration depuis une Europe déchirée par la guerre[2].
Le flot des migrants vers l'Australie reste sensiblement constant pendant les six décennies qui suivent 1950, à raison d'environ 1 million de personnes par décennie :
- 1,6 million entre et le ,
- environ 1,3 million pendant les années 1960,
- environ 960 000 pendant les années 1970,
- environ 1,1 million pendant les années 1980,
- plus de 900 000 pendant les années 1990,
- plus de 900 000 depuis l'année 2000.
L'arrivée annuelle la plus massive s'est produite pendant l'année budgétaire 1969-1970 avec 185 099 migrants, et la plus faible en 1975-1976 avec 52 752 personnes. Entre 2006 et 2009, le Royaume-Uni qui fournit le plus de migrants, et aujourd'hui, près d'un Australien sur quatre est né à l'étranger[2].
Si, aux points de vue flux migratoire ou attrait d'un pays, les chiffres de la migration brute, c'est-à-dire le nombre de migrants arrivant chaque année, sont significatifs, au point de vue de la démographie, il faut retenir plutôt les chiffres de la migration nette, qui est la différence entre le nombre de nouveaux migrants et le nombre de départs définitifs de résidents. Aujourd'hui, le département australien de l'immigration reconnaît que la mondialisation des affaires fait qu'un nombre important de migrants n'a pas l'intention de s'installer définitivement en Australie[2]. La culture diversifiée de l'Australie est très distincte car le pays est composé d'un certain nombre de cultures, d'environ 200 nations et d'innombrables personnes. Et cela étant dit, environ un quart ou 25% de la population australienne sont des étrangers, ce qui montre à quel point les taux d'immigration sont raisonnables en Australie[3].
L'arrivée des premiers hommes sur le continent australien put se faire vers la fin du Pléistocène, lors d'une période glaciaire qui fit baisser le niveau des mers de 100 à 150 mètres. L'Australie, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie, reliées ensemble par des isthmes émergés, formaient alors un plateau continental unique, appelé aujourd'hui Sahul. On pense que les premiers humains purent atteindre ce continent via les plus proches îles de l'Insulinde, en franchissant les quelques détroits qui subsistaient encore, mais qui étaient moins larges que maintenant. Le littoral australien s'étendait aussi davantage dans la mer de Timor, offrant aux premiers migrants un autre chemin possible pour atteindre ce but. Les estimations de l'époque de ces migrations varient considérablement : l'opinion, fondée sur des preuves, la plus largement acceptée situe cet événement il y a 40 000 ou 45 000 ans, certains citent même des dates plus anciennes, jusqu'à plus de 60 000 ans, et ce débat se poursuit parmi les spécialistes.
Aujourd'hui, le est célébré comme l'Australia Day, tout en étant considéré comme le « Jour de la survie » (Survival Day) ou le « Jour de l'Invasion » (Invasion Day) par certains Aborigènes et leurs sympathisants[4]. Ce jour-là, la First Fleet débarqua la première population pénale à Sydney Cove, afin d'établir une colonie pénitentiaire. La nouvelle colonie fut officiellement déclarée Colonie de Nouvelle-Galles du Sud le suivant.
La colonie, qui comptait à l'origine une minorité de colons libres, fut d'abord principalement pénale. Aux tout premiers temps de l'installation, une autorisation était d'ailleurs nécessaire pour émigrer en Australie. Comme il coûtait plus cher de se rendre d'Europe en Australie que d'Europe aux États-Unis, les colonies australiennes eurent des difficultés à attirer les migrants. Dans les années 1840, ceci fut résolu en utilisant les idées de Edward Gibbon Wakefield, qui proposa de maintenir élevé le prix des terres et de subventionner les immigrants. Cette pratique se poursuivit jusqu'à l'obtention de l'autonomie, quand les électeurs refusèrent que l'argent des impôts servît à subventionner de nouveaux concurrents pour les emplois disponibles.

L'ère des ruées vers l'or en Australie commença en 1851, provoquant un énorme accroissement de la population, comprenant un grand nombre de colons britanniques et irlandais, suivis par un certain nombre d'Allemands et autres européens, ainsi que par des Chinois. Ce dernier groupe fut sujet à des restrictions et à des discriminations croissantes, ce qui rendit impossible, pour beaucoup d'entre eux, leur installation définitive dans le pays. Lorsque les colonies australiennes se fédérèrent en une seule nation, une des premières lois à être votée par le nouveau gouvernement du Commonwealth fut la « loi de restriction de l'immigration de 1901 », connue sous l'autre nom de la politique de l'Australie blanche, qui était un renforcement et une unification de politiques coloniales disparates, visant à restreindre l'établissement des non-blancs. À cause de l'opposition du gouvernement britannique, un discours explicitement raciste fut évité dans la législation, le mécanisme de contrôle étant une dictée dans une langue européenne choisie par l'officier d'immigration. Lorsque l'immigrant était jugé indésirable, cette langue était, bien sûr, choisie parmi celles que l'immigrant ne connaissait pas, et, à partir de 1909, aucun de ces immigrants ne put réussir ce test. Le cas peut-être le plus célèbre fut celui de Egon Erwin Kisch, un journaliste tchécoslovaque de gauche, qui, à cause de son opposition au nazisme, avait été expulsé d'Allemagne. Il parlait cinq langues, mais échoua au test de la dictée, donnée en gaélique écossais. Il fut expulsé comme analphabète.
Le gouvernement réalisa également que s'il désirait des immigrants, il fallait les aider financièrement, car, étant donné son grand éloignement de l'Europe, l'Australie était pour les immigrants une destination plus chère et moins prisée que le Canada ou les États-Unis. De plus, le nombre de migrants nécessaires aux différentes étapes de la vie économique du pays pouvait être ainsi régulé en faisant varier l'importance de l'aide accordée. Avant 1831, peu d'immigrants recevaient de l'aide du gouvernement colonial. Entre cette date et 1901, année de la création de la fédération de l'Australie, les migrants assistés recevaient des subsides du gouvernement colonial, tandis que le gouvernement britannique payait la traversée des forçats, des pauvres, des militaires et des fonctionnaires[5].
| Période | Moyenne annuelle des immigrants assistés[5] |
|---|---|
| 1831–1860 | 18 268 |
| 1861–1900 | 10 087 |
| 1901–1940 | 10 662 |
| 1941–1980 | 52 960 |
Avec le déclenchement de la Grande Dépression, le gouverneur général déclara la fin provisoire de l'immigration, et le premier groupe à arriver après cette interruption était formé de 5 000 familles juives fuyant l'Allemagne en 1938. Les groupes agréés, tel que celui-ci, étaient assurés d'être admis sur le territoire australien, grâce à la délivrance d'un Certificat d'exemption du test de la dictée.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Australie lança un vaste programme d'immigration, estimant qu'ayant échappé de peu à une invasion japonaise, elle devait « se peupler ou périr ». Des centaines de milliers d'Européens déplacés émigrèrent vers l'Australie, et plus d'un million de sujets britanniques profitèrent du plan de migration aidée, ce qui les fit appeler communément les « Ten Pound Poms » (les angliches à 10 livres)[6]. Le voyage ne coûtait en effet que 10 £ aux adultes et était gratuit pour les enfants. Ce plan était initialement prévu pour les citoyens des pays du Commonwealth, mais, après la guerre, il fut progressivement étendu à d'autres pays, tels les Pays-Bas et l'Italie. Les conditions à remplir étaient simples : il suffisait d'être en bonne santé et d'avoir moins de 45 ans. À l'origine, il n'y avait aucune compétence requise, bien que, en accord avec la politique de l'Australie blanche, il fut très difficile pour les personnes métissées de bénéficier de ce plan[7]. Les immigrants étaient attirés par des promesses d'emploi, de logement, un mode de vie plus décontracté et un meilleur climat.
Vers 1970, il y eut un changement fondamental dans la politique d'immigration. Pour la première fois depuis 1788, il y avait plus d'aspirants à l'immigration, même sans avantage financier, que le gouvernement n'était prêt à en accepter. Toutes les subventions furent abolies, et l'immigration devint de plus en plus difficile.
La protection des frontières et la question des demandeurs d'asile furent des sujets brûlants de la campagne électorale de 2001, à cause d'événements tels que les attentats du 11 septembre 2001, l'affaire du Tampa, celle des enfants jetés par-dessus bord et le naufrage du SIEV-X. Cette dernière affaire marqua le début de la controversée Solution du Pacifique. Le succès du gouvernement Howard à cette élection fut dû en grande partie à l'assentiment massif de la population à sa limitation restrictive de l'accueil des demandeurs d'asile. Malgré tout, le niveau moyen de l'immigration augmenta de manière substantielle sous le gouvernement Howard.
En , à la suite de la victoire du Parti Travailliste avec Kevin Rudd et des nombreuses dénonciations à propos de la Solution du Pacifique, cette dernière est abrogée et finalisée par l'accueil des derniers migrants en attente de statut depuis Nauru, ce qui montre une politique un peu plus ouverte à propos des réfugiés. Egalement, en 2011, en accord avec le "Migration Act' de 1958[8], de nouveaux visas temporaires seront créés afin de faciliter les démarches administratives pour, soit rester en Australie durant une courte durée, soit en sortir en règle[9].
La dernière décennie voit un revirement de point de vue à propos de l'immigration illégale, puisqu'elle est marquée par une soudaine hausse du nombre de migrants incarcérés dans les centres de rétentions depuis 2009[10], ce qui entraînera une nouvelle politique migratoire menée par Tony Ablott dès son élection en 2013 : l'Opération Frontières Souveraines. Cette politique a pour but de ramener les migrants illégaux, venant par la mer, vers leurs pays de départ avant qu'ils arrivent sur le territoire australien et de découvrir les réseaux de passeurs de migrants[11],[12]. Dans le cas des bateaux arrivant sur le territoire australien, les migrants seront arrêtés et placés dans des centres de rétention jusqu'à ce qu'ils soient soit accueillis temporairement, soit expulsés tout en étant aidés par l'OIM pour le retour et la réintégration dans le pays d'origine[13]. Le , le gouvernement annonce plus de 36 663 migrants comptabilisés dont la moitié ayant obtenu des visas temporaires; le reste étant soit encore dans des centres de rétention, soit ramenés dans leurs pays d'origine[14].
Pays de naissance des résidents australiens
Source:Australian Bureau of Statistics[15]
D'après le recensement de 2011, 5 290 436 personnes sont nées en dehors de l'Australie, soit 24,6 % de la population totale[16].
| Rang | Pays de naissance | Population |
|---|---|---|
| 1 | 911 592 | |
| 2 | 483 396 | |
| 3 | (hors Hong Kong, Taïwan et Macao) | 318 969 |
| 4 | 295 363 | |
| 5 | 185 401 | |
| 6 | 185 039 | |
| 7 | 171 233 | |
| 8 | 145 683 | |
| 9 | 133 432 | |
| 10 | 116 196 | |
| 11 | 108 003 | |
| 12 | 99 938 | |
| 13 | 86 413 | |
| 14 | 77 010 | |
| 15 | 76 451 | |
| 16 | 76 047 | |
| 17 | 74 955 | |
| 18 | 74 538 | |
| 19 | 67 318 | |
| 20 | 63 159 | |
| 21 | 56 979 | |
| 22 | 48 828 | |
| 23 | 48 678 | |
| 24 | 48 646 | |
| 25 | 48 171 | |
| 26 | 45 466 | |
| 27 | 41 274 | |
| 28 | 40 221 | |
| 29 | 38 871 | |
| 30 | 36 533 |
Répartition des installations
Il y a certaines différences dans la répartition des installations, ainsi que le montrent les statistiques établies lors du recensement de 2006[17].
La Nouvelle-Galles du Sud, l'État le plus peuplé, compte aussi la plus grande population d'origine étrangère (1 544 023). Certaines nationalités sont très concentrées dans cet État : parmi tous ceux qui bénéficient du statut de résident australien, 74,5 % des Libanais d'origine, 63,1 % des Irakiens, 63,0 % des Coréens, 59,4 % des Fidjiens et 59,4 % des Chinois d'origine vivent en Nouvelle-Galles du Sud.
Le Victoria, le second État le plus peuplé, a aussi la seconde plus grande population d'origine étrangère (1 161 984). C'est là que l'on dénombre, parmi les résidents australiens, 50,6 % des Sri Lankais d'origine, 50,1 % des Turcs d'origine, 49,4 % des Grecs d'origine et 41,6 % des Italiens d'origine.
L'Australie-Occidentale, avec ses 528 827 résidents nés à l'étranger, a la plus forte proportion de population d'origine étrangère. Cet État attire 29,6 % de tous les résidents australiens nés à Singapour, et se trouve juste derrière la Nouvelle-Galles du Sud pour la population d'origine britannique.
Le Queensland avait 695 525 résidents nés à l'étranger, et attirait la plus forte proportion de résidents nés en Papouasie-Nouvelle-Guinée (52,4 %) et en Nouvelle-Zélande (38,2 %).