Imprimeur du roi

privilège royal pour l'édition From Wikipedia, the free encyclopedia

Un imprimeur du Roi est un imprimeur de Paris, de province ou des colonies, qui, sous l’Ancien Régime et la Restauration, bénéfice d’un statut, et donc d'un certain nombre de prérogatives, conféré par l'administration royale. De ce fait, il acquiert parfois une position prééminente par rapport à ses collègues.

Les imprimeurs pouvaient aussi recevoir des statuts semblables, quoique moins prestigieux : "imprimeur de l'archevêque de Paris", "imprimeur de Mesdames de France", "imprimeur de Mgr le duc d'Orléans", etc.

Disparues avec l'abolition des corporations (1776) et le décret d'Allarde (1791), ces charges furent renouvelées par patentes et se poursuivirent jusque sous le Second Empire, sous des noms appropriés à chaque changement de régime : "imprimeur de la République", "imprimeur du gouvernement", "imprimeur de l'Empereur".

Histoire

Les premières charges d’imprimeur du roi sont attribuées par François Ier en 1538[1]. Ces créations suivent de peu celle du Collège royal, également installé par François Ier dans sa volonté de soutenir les sciences, les arts et les lettres.

Les charges d’imprimeur du roi sont ensuite régulièrement attribuées (avec une emphase particulière dans les années 1550, 1630 et 1640).

Une fois attribuée, la charge d’imprimeur du roi était renouvelée périodiquement par lettre patente émises par l'administration royale. Tous ces imprimeurs ne furent pas célèbres, mais beaucoup furent des professionnels de premier plan.

La charge

L’obtention de la charge d’imprimeur du roi procurait aux imprimeurs un certain nombre de faveurs. Ils entraient ainsi dans la Maison du Roi (au même titre qu'un peintre du roi ou un architecte du roi), et obtenaient :

  • les Honneurs, qui reviennent d’être attaché à la Maison du Roi ;
  • l’Autorité, qui permet de se qualifier de ce titre en toute occasion ;
  • la Prérogative, c’est-à-dire la supériorité donnée par ce titre sur les autres imprimeurs ;
  • la Franchise, qui permet l’exemption de certains impôts ;
  • la Liberté, qui leur donne la possibilité d’imprimer en leur nom avant même d’avoir été reçu dans la communauté des imprimeurs ;
  • le Privilège, qui fait que l’obtention de la charge implique l’obtention régulière des privilèges d’imprimeur (qui vaut à la fois, à cette époque, pour permission d’imprimer et protection des œuvres imprimées pour quelques années) ;
  • le Droit, qui permet d’imprimer des actes royaux (édits et ordonnances), de même que les arrêts du Conseil d’État, du Parlement, etc.[2] ;
  • le Profit, qui est celui que l’imprimeur tire de la vente des actes susdits ;
  • les Revenus et émoluments, qui sont les gages octroyés par la maison du Roi tous les trimestres (ils n’étaient pas toujours payés) ;
  • le Don personnel, dont la nature varie d’un imprimeur à l’autre (garde de certains poinçons spéciaux, impressions spéciales, émoluments spéciaux, etc.).

Cette charge d'imprimeur du roi a été déclinée pour plusieurs spécialités : le grec, la musique, les mathématiques, le français, les langues orientales, mais ces imprimeurs n’avaient pas tous une spécialité. Certains étaient établis hors de Paris ; dans ce cas c’est en général à eux que revenait l’impression des édits royaux.

Les imprimeurs du roi qui n'avaient pas de spécialité s'intitulaient "imprimeurs ordinaires du Roi".

Liste chronologique des imprimeurs du roi parisiens

Cette liste provient de Lepreux, , p. 50-52. Les commentaires sont ajoutés.

XVe et XVIe siècles

XVIIe siècle

XVIIIe siècle

  • 1701 : Jean Boudot (imprimeur)
  • 1702 : François-Hubert Muguet
  • 1707 : Jean II Boudot
  • 1712 : Jean-Baptiste-Frédéric Léonard
  • 1714 : Jean-Baptiste Alexandre Delespine
  • 1714 : Jacques Collombat
  • 1715 : Christophe-Jean-François Ballard, pour la musique
  • 1717 : Jean-Baptiste III Coignard
  • 1720 : Jacques-François Collombat
  • 1736 : Charles-Jean-Baptiste Delespine
  • 1740 : André Le Breton
  • 1740 : Guillaume-François Desprez
  • c. 1742 : Claude-Charles Thiboust
  • 1749 : Pierre-Alexandre Le Prieur
  • 1750 : Antoine-Chrétien Boudet
  • 1751 : Jean-Jacques-Étienne Collombat
  • 1763 : Jean-Thomas Hérissant
  • 1765 : Pierre-Robert-Christohe Ballard, pour la musique
  • c. 1774 : Laurent-François Prault
  • 1775 : Augustin-Martin Lottin
  • 1779 : Philippe-Denis Pierres
  • 1781 : Louis-François Prault
  • 1785 : Jacques-Gabriel Clousier

Quelques imprimeurs du roi en province

Cette liste est très incomplète.

Notes et références

Voir aussi

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