Elle est la fille de T. P. Murphy et Emily Murphy[2]. Il s'agit d'un ménage franco-américain; elle est donc parfaitement bilingue[3].
Elle travaille comme opératrice téléphonique en Californie à partir de l'âge de quatorze ans. Assistante dans une usine d’emballage de San Francisco[3], elle devient secrétaire du président de la California Packing Corporation dans la même ville[4].
Les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale en 1917 et Inez Crittenden s'engage la même année[3]. Elle est l'une des premières femmes à rejoindre le United States Army Signal Corps, la structure des transmissions de l’armée américaine, où ses compétences en français sont prisées[5]. En effet, le conflit se déroule principalement sur le sol européen, en France. En , elle devient chef opératrice au sein de la deuxième unité américaine des opérateurs téléphoniques, responsable de centaines de femmes américaines qui travaillent comme interprètes dans les communications téléphoniques[6]. En , à bord du Carmania, elle part avec son unité pour la France[7]. «Nous étions parmi les premières filles à traverser, et l'organisation était très sommaire à l'époque», se rappelle une membre du groupe[8]. Installée à Paris, Inez Crittenden est chargée d'installer un central téléphonique afin de soutenir les opérations de l'American Expeditionary Force. Son dossier mentionne qu'elle est bien notée[3]. En conséquence, elle est bientôt transférée pour travailler au sein du bureau des relations publiques de l'ambassade américaine à Paris[9].
Elle épouse Nathaniel P. Crittenden en 1911; ils divorcent en 1917[10]. À l'époque de sa nomination chez les Hello Girls, elle vivait chez sa mère[9].
L'ex-mari d'Inez Crittenden est blessé en France pendant la guerre; sa famille déclare alors aux journaux que l'ancien couple prévoyait de renouer après le conflit. Emily Murphy, mère de la défunte, nie cette affirmation[12].
123456Matthieu Frachon, avec le concours de la Société d'histoire de Suresnes, «Grippe espagnole: l’épidémie cachée», Suresnes Mag n°317, , p.50-51 (lire en ligne).