Infrastructure de mutualisation

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L'infrastructure de mutualisation est le nom donné en France à une base de données informatique, gérée par la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), contenant les métadonnées suivantes : identités des personnes communiquant, leur localisation, les durées et fréquences des communications, le volume de chaque communication, et le sujet du message pour les courriels. Cette base de données porterait sur « la totalité[1] » des communications Internet et de téléphonie en France, qui seraient collectées en dehors de toute légalité (d'après le quotidien du Monde en [1]). Un motif invoqué serait la lutte contre le terrorisme[1]. D'après les services du Premier ministre, le dispositif serait légal en étant régi par la loi de 1991, et il n'y aurait pas d'espionnage massif et permanent des citoyens français car chaque interception de communication serait soumise à l'autorisation de la CNCIS[2].

Dans les sous-sols des locaux de la DGSE du Boulevard Mortier à Paris, des supercalculateurs stockent les métadonnées interceptées (entre autres) par des stations d'écoute réparties sur le territoire français métropolitain et d'outre-mer[1]. Ce stockage automatique effectué, des interceptions précises peuvent être réalisées en fonction des besoins[3]. Ainsi, comme le reconnaît Bernard Barbier, directeur technique de la DGSE en 2010, la DGSE collecte des millions de mots de passe : « Les réseaux grand public sont la cible principale. (…) Nous stockons des années de métadonnées : adresses IP, numéros de téléphone, qui appelle qui, à quelles heures... Et puis nous corrélons. »[4]

Après plusieurs années d'investissements techniques et humains, la DGSE aurait ainsi rejoint les cinq premières nations en matière de capacité de traitement informatique, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël et la Chine. D'après son directeur technique, la chaleur dégagée par les supercalculateurs suffit à chauffer le bâtiment de la DGSE[1].

Les données recueillies sont partagées entre les différents services de renseignement suivants : la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), la direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD), la direction du Renseignement militaire (DRM), la cellule Tracfin de Bercy, et la direction du renseignement de la préfecture de Police[1]. La police judiciaire peut aussi y faire appel[1].

Légalité

Notes et références

Annexes

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