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Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières

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La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) est un service de renseignement français rattaché à la direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI) du ministère de l'Économie et des Finances « chargé de mettre en œuvre la politique du renseignement, du contrôle et de la lutte contre la fraude en matière douanière »[1]et sous la responsabilité du ministre chargé du Budget.

Fondation
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Sigle
DNREDVoir et modifier les données sur Wikidata
Zone d'activité
Faits en bref Fondation, Sigle ...
Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières
Logo de la DNRED.
Siège de la DNRED à Ivry-sur-Seine.
Histoire
Fondation
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Cadre
Sigle
DNREDVoir et modifier les données sur Wikidata
Zone d'activité
Type
Forme juridique
Service déconcentré à compétence nationale d'un ministère (hors défense)Voir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Administration publique généraleVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
2 mail Monique Maunoury, Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)
Pays
Coordonnées
Langue
Organisation
Effectif
760 agents (2025)
Directeur
Sébastien Tiran (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Affiliation
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates
Fermer

Disposant de pouvoirs spécifiques définis par le code des douanes et par le code de la sécurité intérieure, la DNRED exerce son activité sur l'ensemble du territoire douanier national.

La DNRED est depuis 2008 l'un des dix services de renseignement[2] de la communauté nationale du renseignement.

Il s'agit d'un service à compétence nationale[3], un des quatre de la communauté du renseignement avec la cellule de renseignement financier nationale Tracfin, le service national du renseignement pénitentiaire (SNRP) et l'Académie du renseignement.

Il est, notamment avec Tracfin, l'un des services de renseignement du ministère de l'Économie et des Finances.

Depuis l'automne 2024, dans le cadre du plan Valmy, la DNRED connaît une importante réorganisation de ses services[4].

Missions

La DNRED est chargée de :

  • collecter, centraliser, traiter et diffuser le renseignement d'origine douanière,
  • lutter contre les grands réseaux internationaux de contrebande (stupéfiants, tabac, armes, biens culturels et contrefaçons) en mettant en œuvre, si les enjeux le justifient, des techniques d'investigation spécialisées,
  • diligenter au sein des entreprises des enquêtes douanières d'envergure nationale ou internationale ou présentant une sensibilité particulière,
  • coordonner les activités opérationnelles menées avec les partenaires étrangers de la douane française.

Depuis 2016, la DNRED assure en outre un rôle de superviseur en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, à l'égard de trois secteurs : les antiquaires et marchands d'art, les vendeurs de pierres et métaux précieux et les opérateurs de ventes aux enchères[5].

Au sein de la communauté nationale du renseignement et dans le cadre du Conseil national du renseignement (CNR), la DNRED est prioritairement chargée des domaines suivants :

Organisation

Budget

En 2013, la DNRED emploie 717 agents à temps plein, pour une masse salariale de 52 millions d'euros et un budget de fonctionnement de 6,9 millions d'euros[6].

En 2023, la direction emploie 850 agents[5].

En 2025, la direction emploie 760 agents[7].

Organigramme

La DNRED est placée sous l’autorité d’un directeur chargé de définir la stratégie du service, en cohérence avec les orientations qu’il reçoit du directeur général des douanes et la politique publique du renseignement définie par le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT) et à laquelle le service concourt.

Il pilote les différentes composantes du service :

  • les piliers thématiques, rassemblant les agents des recherches, enquêteurs et analystes ;
  • les échelons DNRED en région ;
  • la direction technique ;
  • le centre d’analyse stratégique ;
  • l’état major-opérationnel ;
  • les services centraux.

Installations et implantation territoriale

Le siège de la DNRED se situe depuis 2011 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

La DNRED dispose de 9 échelons régionaux et de 13 antennes territoriales, situés sur l'ensemble du territoire métropolitain et dans les départements d'outre-mer.

L'implantation locale de la DNRED lui permet d'agir au plus près des trafics et des grands courants de fraude.

La DNRED est également présente à l'étranger par le réseau des attachés douaniers, qui couvre près de 70 pays et dont elle coordonne les activités opérationnelles.

Direction

Davantage d’informations Directeur, Date de début ...
Directeur Date de début Date de fin Texte de nomination
Paul-Augustin Lanselle 1935 1941
Georges Degois 1941 1944
Sylvain Bonnaure 1944 1945
Georges Degois 1945 1947
Jacques Pellerin 1947 1956
Emile Antoine Merlin 1956 1963
Pierre Nazario 1963 1969
André Pignot 1976 1980
René Galice 1980 1983
Robert Pancrazi 1983 1987
Jean-Henri Hoguet 1987 1991
Joseph Le Louarn 1991 1994
Bernard Pouyanné 1994 1997
Jean Puons 1997 2001
Gérard Estavoyer 2001 2005
Jean-Pierre Fétu 2006 2009
Guy Gouin 2009 2010
Jean-Paul Garcia 2010 30 avril 2017 Arrêté du 17 novembre 2010[8]
Luc Perigne (intérim) 1 mai 2017 30 juin 2017 Arrêté du 27 avril 2017[9]
Corinne Cleostrate 1er juillet 2017 14 avril 2021 Arrêté du 19 juin 2017[10]
Luc Perigne (intérim) 15 avril 2021 18 avril 2021 Arrêté du 14 avril 2021[11]
Florian Colas 19 avril 2021 4 avril 2024 Arrêté du 14 avril 2021[12]
Sébastien Tiran (intérim puis directeur) 4 avril 2024 Arrêté du 4 avril 2024[13]

Arrêté du 26 juin 2024[13]

Fermer

Direction technique :

- à partir du 17 mai 2022 puis du 28 mars 2025 au 07 janvier 2026 : Sébastien Bombal, préfigurateur puis directeur de la direction technique de la DNRED.

Coopération nationale et internationale

Coopération nationale

Avec les autres services de la douane française

Pour le contrôle et la lutte contre la fraude, la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) travaille en étroite collaboration avec l'ensemble des services de la douane, pour réaliser des contrôles ciblés ou diligenter des enquêtes, et plus en amont pour collecter du renseignement, dans le cadre juridique du code des douanes qui l'autorise à :

  • exercer un droit de visite (article 60 du code des douanes)[14] ;
  • procéder au contrôle des marchandises, des moyens de transport et des personnes (sans indice préalable de fraude)[14] ;
  • exercer un pouvoir de communication propre aux douanes (article 65 du code des douanes), en exigeant la communication de documents de toute nature détenus par les personnes physiques ou morales impliquées dans des opérations relevant de la compétence du service des douanes. Ces personnes peuvent donc ne pas faire précisément l’objet d’une enquête douanière. La DNRED peut dans ce cadre solliciter de la part des opérateurs téléphoniques la communication de factures détaillées et de données de connexion (l'article 65 du code des douanes permet aux douaniers de se faire communiquer les données PNR de certains passagers, mais les documents doivent être remis volontairement par le détenteur[14] ;
  • procéder aux interceptions de sécurité dont la DNRED bénéficie (parmi d’autres services de renseignement)[14].

La Douane dispose d'autres moyens spéciaux d’investigation (infiltrations Cf. article 67 bis-1), surveillance (Cf. article 67 bis), ou visite domiciliaire (Cf. article 64), mais qui doivent alors être justifiés par une recherche d’éléments en vue de la constatation de délits douaniers. Ces moyens impliquent un travail avec le pouvoir judiciaire (sauf en cas de flagrant délit pour les visites domiciliaires). Une collaboration particulièrement développée existe avec le Service national de la douane judiciaire (SNDJ), service à compétence nationale créé en 2002[15] pour doter la douane de compétences judiciaires[14].

Avec les autres administrations

En tant que membre de la communauté nationale du renseignement, la DNRED entretient des liens privilégiés avec les autres services (DGSE, DGSI, DRM, DRSD et Tracfin) membres du Conseil national du renseignement.

La DNRED coopère activement avec la Police nationale grâce au détachement de 26 policiers au sein du Service de Police nationale détaché (SPND) et la présence d'officiers de liaison de la douane auprès de l'office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS).

Au sein de la DNRED, un groupe plus particulièrement attaché à la recherche d’éléments financiers en rapport avec le terrorisme[6] travaille en liaison avec la DGSE, la DGSI et précédemment l'UCLAT de la Police nationale maintenant DGSI.

Coopération internationale

La DNRED est l'interlocuteur privilégié des services de douanes étrangers pour l'échange de renseignements et la conduite d'opérations conjointes.

Des collaborations particulières existent avec les États membres de l'Union européenne dans le cadre de l'assistance administrative mutuelle internationale (AAMI)[16] afin de «prévenir et rechercher les infractions à la réglementation douanière nationale » et « réprimer et poursuivre les infractions à la législation douanière communautaire et nationale »[17].

La DNRED entretient également des coopérations avec l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) et Europol. Elle est, depuis 2021, le principal fournisseur français de dossier d'enquête pour le Parquet européen[réf. nécessaire].

Bilan des activités

En 2013, les saisies de la DNRED sont concernant les stupéfiants, de 55,75 tonnes de cannabis, 4,8 tonnes de cocaïne, 9,9 tonnes de khat et de 58,8 kilos d'héroïne. De 2 033 847 articles de contrefaçons, de 226,8 tonnes de cigarettes et tabac, pour une valeur marchande de 49 053 632 €, et de 56 275 728 € de droits et taxes redressés avec plus de 430 enquêtes[18].

Histoire

Aux origines : la division Paris-Enquêtes (1935)

La DNRED est née le sous la forme de la division Paris-Enquêtes[19] et répond dès l'origine à deux nécessités :

  • procéder à des enquêtes douanières après le passage des marchandises ou des voyageurs au contrôle des vérificateurs douaniers,
  • lutter contre la contrebande, c'est-à-dire contre des importations ayant échappé à la douane, le plus souvent parce qu’elles sont prohibées ou fortement taxées[6].

La division Paris-Enquêtes, composée de 19 douaniers sous l'autorité d'un inspecteur principal, est chargée de rechercher les opérations frauduleuses et de procéder à la constatation des infractions douanières.

La division élabore dès sa création un partenariat avec la Sûreté Générale : le Service de Police Nationale Détaché est créé[20], ouvrant la voie à plus de quatre-vingt ans de coopération inter-services.

En 1937, la division Paris-Enquêtes devient le Service de Répression des Fraudes Douanière (SRFD). Son ressort de compétence reste la région parisienne, même si sa « zone d'action peut s'étendre à l'ensemble du territoire »[21].

En 1956, par décision de la direction générale des douanes[22], le service prend le nom de Service National des Enquêtes Douanières (SNED). En dehors des divisions de Paris, des échelons sont implantés à Belfort, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux puis Lille (1965) et Nantes (1966).

L'élévation au rang de direction nationale (1969)

Par arrêté du , le service est élevé au rang de direction nationale, la Direction des Enquêtes et de la Documentation (DNED). Cette nouvelle direction est constituée :

  • d’un service de recherches et de répression des fraudes (SRRF),
  • d’un service de l’évaluation,
  • d’un service de contrôle des mouvements financiers,
  • d’une agence de poursuites et de recouvrement.

En 1973[23], la direction change d'appellation tout en gardant son acronyme pour devenir la Direction nationale des Enquêtes Douanières. Ses missions premières de recherche des actes de contrebande de toute nature et de répression de la fraude sont confortées.

1988 : naissance de la DNRED

Par arrêté ministériel du [24], la DNED devient par absorption partielle des activités du Centre de Documentation et d’Évaluation (CED), la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED), qui comporte deux directions fonctionnelles :

  • la direction du renseignement et de la documentation (DRD), chargée de recueillir les informations et de les rendre opérationnelles,
  • la direction des enquêtes douanières (DED).

Évolutions récentes de la DNRED

Depuis sa création en 1988, la DNRED a connu quatre transformations majeures :

  • la scission d'une partie de ses pouvoirs d'enquête avec la création le [25] du Service national de douane judiciaire (SNDJ), service à compétence nationale indépendant de la DNRED disposant de pouvoirs de police judiciaire et agissant en application du code de procédure pénale,
  • une réorganisation des directions avec d'une part une nouvelle répartition des compétences des divisions d'enquête de la DED au regard des grands types de fraudes et non plus suivant les chapitres tarifaires (2003), et d'autre part la création en 2005 de la direction des opérations douanières (DOD),
  • la reconnaissance par l'arrêté du [3] du caractère de « service à compétence nationale » de la DNRED,
  • l'intégration en 2008 à la communauté nationale du renseignement,
  • création en de la Task Force Dragon visant a lutter contre la contrebande européenne de produits originaires de Chine (cette fraude génère des milliards d'euros de pertes en termes de revenus pour l'Union Européenne et pour la France). Unité de 24 agents, elle est dotée d'une compétence nationale et est très fortement impliquée dans la lutte contre la fraude au plan européen (Olaf, Europol...).

Mort en service

Le 23 novembre 2015, un douanier de la DNRED est mort tué par balles à Toulon[26].

Controverses

Le , le journal du Monde révèle que la DNRED aurait acheté en 2010 des appareils IMSI-catchers[27] commercialisés par la société Amesys (filiale du groupe Bull) afin d'intercepter des identifiants de téléphones mobiles. Le caractère légal de ces interceptions a pu être interrogé en raison de l'absence de loi encadrant ces pratiques à l'époque.

Documentaires

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Related Articles

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