Stanley Vollant
chirurgien québécois Innu de la communauté autochtone de Pessamit
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Stanley Vollant, né le à Québec, est un chirurgien, professeur et conférencier innu ayant grandi dans la réserve de Pessamit, située aux abords du fleuve Saint-Laurent sur la Côte-Nord, au Québec. Chirurgien général et spécialisé en laparoscopie[1], il est le premier autochtone québécois à devenir chirurgien en 1994[2].
Impliqué dans de nombreuses causes sociales, il est notamment connu pour avoir initié l'Innu meshkenu (« Le chemin Innu »), une marche de 6 000 kilomètres visant à sensibiliser les populations autochtones de l’Est du Canada aux saines habitudes de vie et à promouvoir les enseignements des Premières Nations[3],[4],[5].
Biographie
Dès son plus jeune âge, Stanley Vollant bénéficie des enseignements traditionnels de son grand-père qui lui enseigne toute l’importance des valeurs communautaires. Il poursuit ensuite son éducation secondaire et postsecondaire dans la région de Québec avant d’obtenir en 1989 son diplôme de docteur en médecine de l’Université de Montréal, formation qu’il complétera en 1994 avec un diplôme d’étude spécialisée en chirurgie générale. Il devient alors le tout premier chirurgien autochtone du Québec[6].
Après avoir passé dix années comme chirurgien général au Centre hospitalier régional de Baie-Comeau, il se retrouve au service de chirurgie générale du Centre de santé et de services sociaux de Chicoutimi en 2003 puis à l’Hôpital Montfort d’Ottawa. Ses compétences en laparoscopie lui permettent d'ailleurs de se tailler une estimable réputation dans le milieu[3]. Il devient aussi professeur adjoint de chirurgie et directeur du programme autochtone de la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, puis coordonnateur du volet autochtone de la faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il continue en parallèle la médecine à la clinique médicale de Pessamit, à l'hôpital Notre-Dame et à l'hôpital de Dolbeau-Mistassini[6].
Il occupe également plusieurs fonctions dans diverses associations de médecine, notamment président de l’Association médicale du Québec de 2001 à 2005[3], membre du conseil exécutif de l’Association médicale canadienne[7], du Conseil canadien de la santé[8], du Conseil consultatif des sciences de Santé Canada et du Conseil de la santé et du bien-être du Québec.
En plus d’être conférencier[9], Stanley Vollant assume régulièrement la présidence d’honneur de plusieurs événements d’envergure[10],[11]. Il a fait la une de journaux nationaux à plusieurs reprises[12],[10],[13],[14] et est l’objet de documentaires et de très nombreuses entrevues de fond lors d’émissions d’intérêt public.
L’idée de la promotion des saines habitudes de vie au sein des Premières Nations se révèle le principal cheval de bataille de Stanley Vollant[15],[16]. Il participe à de nombreux projets tels que la mise en place de mini-écoles de médecine afin d’encourager les jeunes autochtones à choisir le domaine de la santé comme carrière[3].
Après une période de sa vie plus difficile, Stanley Vollant décide d'entreprendre en 2008 un pèlerinage sur le chemin de Compostelle en Espagne. C'est là que naît son idée d'entamer une marche visant à rassembler les peuples autochtones de l'Est du Canada et à encourager la réconciliation et la compréhension entre les autochtones et les allochtones, l’Innu Meshkenu[3].
Innu Meshkenu

L'Innu Meshkenu est une marche de 6 000 kilomètres s’échelonnant sur cinq années et entreprise à l’automne 2010 par Stanley Vollant, à travers les communautés autochtones de l'Est du Canada[4]. Au travers du Québec, du Labrador et se rendant en Ontario, le trajet de la marche emprunte le plus souvent possible les sentiers traditionnels empruntés par ses ancêtres.
L'Innu Meshkenu vise principalement à sensibiliser les populations autochtones à propos de deux aspects : la persévérance scolaire et les saines habitudes de vie[17]. Le projet vise également à valoriser l'identité culturelle autochtone[18]. Pour remplir ces objectifs, Stanley Vollant s’arrête dans les écoles et les lieux de rassemblement des communautés qu'il visite et va à la rencontre des gens de tous les âges, notamment des aînés pour recueillir et faire perpétrer les savoirs des Premières Nations en matière de médecine traditionnelle entre autres[6].
Des groupes de marcheurs autochtones et allochtones se joignent à Stanley Vollant dans les différentes étapes de sa marche[5]. Une fondation, Puamun Meshkenu, est créée en 2016 pour, entre autres, soutenir l'initiative.
L’appellation Innu Meshkenu vient de la langue innue et signifie « Le chemin innu »[18].
Puamun Meshkenu
En 2016, Stanley Vollant fonde l'organisme Puamun Meskenu[19]. En innu-aimun, Puamun signifie « rêve » et Meskenu signifie « chemin ». La mission de l'organisme s'organise sur les quatre axes de la vision holistique de la roue du mieux-être[20] utilisée par les Premières Nations, les Métis et les Inuits:
- L'axe mental: inspirer les membres des Premières Nations, Métis et Inuits en présentant des modèles de réussite;
- L'axe spirituel: promouvoir les valeurs autochtones et favoriser une meilleure compréhension interculturelle;
- L'axe affectif: rassembler les communautés et les générations;
- L'axe physique: améliorer la santé des membres des communautés.
Le , le premier Challenge Stanley Vollant a lieu, une grande marche annuelle de Puamun Meshkenu, sur le mont Royal[21].
Distinctions et récompenses
Stanley Vollant reçoit plusieurs distinctions et récompenses en raison de sa carrière, de ses réalisations et de son implication[3] :
- 1996 : Prix du Programme national des modèles autochtones du Gouverneur général
- 2001 : Personnalité de la semaine de La Presse
- 2001 : Personnalité de l'année, catégorie Courage, humanisme et accomplissement personnel de La Presse
- 2004 : Prix National Aboriginal Achievement de Indspire
- 2005 : Prix Médecin de cœur et d’action de l'Association des médecins de langue française du Canada
- 2010 : Parmi les « Quarante médecins qui ont fait l’histoire » selon l’Actualité médicale du Québec
- 2010 : Prix de l’Association de prévention du suicide des Premières Nations et Inuit du Québec et du Labrador
- 2012 : Méritas du meilleur professeur décerné par les étudiants de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal
- 2012 : Prix Médecine, culture et société de l'Université de Montréal
- 2012 : Médaille du jubilé de diamant de la reine Élisabeth II
- 2013 : Prix Prestige de l'Association médicale du Québec[22]
- 2013 : Prix de l’Association de prévention du suicide des Premières Nations et Inuit du Québec et du Labrador
- 2014 : Chevalier de l’Ordre national du Québec
- 2016 : Prix Hommage bénévolat-Québec du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale
- 2017 : Top 50 des personnes qui font la promotion de la santé au Québec – Campagne WIXX de Québec en forme[23]
- 2017 : Médaille d'or du lieutenant-gouverneur pour mérite exceptionnel
- 2022 : Ordre du Canada, "pour une carrière exemplaire en tant que premier chirurgien autochtone au Québec et pour l’inspiration qu’il apporte aux jeunes générations des Premières Nations"[24].