Inter-Environnement Bruxelles
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IEB |
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Rue du Chimiste, 34-36, 1070 Bruxelles |
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| Personnes clés |
René Schoonbrodt (fondateur) |
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Inter-Environnement Bruxelles (IEB) est une fédération de comités de quartier et d'associations de défense de l'environnement en Région bruxelloise, fondée en 1974.
IEB regroupe en son sein près de 80 comités de quartier et d'associations spécialisées. Ils partagent une charte commune qui, dans sa version de novembre 1994, démande qu'après des décennies de démolitions, la ville dans sa forme traditionelle doit être considérée comme un patrimoine à sauvegarder, que la ville doit être densement habitée, basée dans chacun de ses quartiers sur la mixité des populations, donner à tous les habitants, quelle que soit leur origine, le droit de décider de l'avenir de leur ville, et qu'il convient de réduire fortemment la pression automobile et les autres pollutions : air, eau, sol, bruit[1].
Son pendant néerlandophone bruxellois est le BRAL, en Wallonie c'est Canopea (anciennement Inter-Environnement Wallonie), et en Flandre le Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen (BBL) (nl).
Préhistoire
Vers la fin des années 1960, de nombreux mouvements naissent dans un contexte de luttes urbaines. A Bruxelles, la Bataille de la Marolle constitue l'un des moments clés de cette période: en 1969, elle oppose les habitants du quartier des Marolles à un projet d'extension du Palais de Justice porté par les autorités publiques. C'est dans ce sillage que naissent, en peu de temps, le Comité Générale d'Action des Marolles (CGAM), l'Atelier de recherche et d'action urbaines (ARAU), et les Archives d'architecture moderne (AAM). Ces structures sont précédées par l'asbl Quartier des Arts (fondé le )[2] et suivies, en 1971, par le Comité de Défense de Saint-Gilles (CODES)[3].
Lors des débats sur l'extension de la Banque de Bruxelles à la Rue de la Régence, l'asbl Quartier des Arts et l'ARAU se retrouvent divisés en face du promoteur et des autorités. Pour Michel Didisheim du Quartier des Arts il faut éviter ça pour le futur et se coordonner entre associations. Il entreprend les pourparlers et obtient que, le , 41 associations, actives dans les trois régions du pays, s'unissent[4], sous la forme d'une organisation bilingue Bond Beter Leefmilieu-Union pour la Qualité de l'Environnement, ou B.B.L.-Inter-environnement ( au Moniteur)[5]. La nouvelle fédération présente, le , son programme en cinq axes tournant autour de l'environnement : la sensibilisation du public, la diffusion de l'information, l'encouragement à la recherche, l'action défensive et la participation à la conception d'une politique[4].
Vite, les chemins se séparent. Les comités bruxellois néerlandophones sont les premiers, en fondant le Brusselse Raad Leefmilieu (BRAL), le [6]. Les Bruxellois francophones se rassemblent brièvement sous le nom Fédération autonome des comités d'habitants bruxellois en 1973[7], avant de fonder, le , Inter-Environnement Bruxelles (IEB)[5]. Ils se font suivre par Inter-Environnement-Wallonie (IEW, aujourd'hui Canopea), le [8], et le Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen, le [9].
Mise en place
Après déjà avoir été le président de la section bruxelloise de l'organisation nationale, René Schoonbrodt devient le premier président de l'IEB autonome. Maurice Culot son vice-président, Yves De Puydt (brièvement) le premier secrétaire géneral. Avec leurs représentants, Schoonbrodt et Culot, aux règnes, c'est la direction de l'ARAU qui dirige aussi l'IEB[3].
Les assemblés générales du début servent à « l'unification idéologique »[10] du mouvement, étant inhomogène. Vermeylen[10] cite quatre profils parmi les membres : Les « caritatifs » et « écologistes », à la recherche de justice sociale ou de harmonie environnementale, se concentrent sur l'action du terrain dans leurs domaines respectifs et participent peu au débat et à l'action communs. Les « urbains », par contre, qui revendiquent un « droit à la ville », dans sa totalité, mais surtout dans son centre, arrivent vite à dominer le mouvement dont ils ont besoin pour montrer que leur analyse a un soutien social. Les « politiques » ensuite, sont nombreux au départ, mais déchantent vite, quand leur essai de récupérer le mouvement à des fins partisans échoue. Ils réapparaissent brièvement dans la foulée des premiers succès du parti Ecolo au début des années 1980. À évoquer encore « les villageois », appélés comme tels par les autres, qui cherchent l'expertise du mouvement pour des besoins locaux, mais dont beaucoup basculent dans le camp des « urbains » au fur et à mésure de leur prise de conscience des enjeux globaux[10].
Dans l'occupation avec l'environnement, pour la branche bruxelloise, c'est espèce humaine, qui est le plus urgent à sauver. À Bruxelles, le développement anarchique des bureaux et la pression automobile sont tels, que la lutte la plus urgente, c'est la défense de l'habitat humain en ville, donc IEB s'en occupe le plus[4].
Directement lié à l'habitabilité de la ville est le patrimoine bâti - sans maisons, pas d'habitants. La planification et les permis à bâtir restant à l'État, les jeunes Communautés Culturelles restent en dehors du viseur du secteur immobilier, mais trouvent une manière de se profiler dans le patrimoine architectural, qui est indéniablement un secteur culturel. L'IEB, les AAM, l'ARAU reçoivent, dès 1976[3], des subsides du budget de l'éducation permanente de la part de ce qui devait devenir la COCOF, grâce au président de celle-ci, Jean-Pierre Poupko. On les subsidie pour la sensibilisation du public au patrimoine architecturale, ce qui rime merveilleusement avec la défense de ce patrimoine contre sa destruction[11],[12]. Les amis flamands du Sint Lukasarchief, de leur côté, se voient chargés par la Communauté Flamande d'inventariser les immeubles remarquables de toute la région[13].
Pendant les années 1970, IEB et l'ARAU peuvent s'appuyer sur des membres, professeurs d'architecture à La Cambre, école d'art et d'architecture. Une culture de contre-projet s'installe, les étudiants pouvant les faire valoriser dans le cadre de leurs études[14].,[15]. En 1979 éclate l'« affaire de la Cambre » : Les professeurs proche du milieu des promoteurs immobiliers et en même temps attachés à l'architecture comme art et pas comme un service à la société, obtiennent du gouvernement le licenciment de la trentaine de leurs collègues qui sont proche des idées de l'ARAU et d'IEB. Trois mois de contestation éstudiantine n'aident pas, la Cambre rompe le lien avec les mouvements[16],[17].
Institutionalisation des combats
Le plan de secteur est un de deux grandes victoires d'IEB et de l'ARAU. Ils l'obtiennent dans des négotiations directes avec le premier-ministre Paul Vanden Boeynants. Adopté une première fois en 1976, il installe une concertation transparente et ouverte dans des questions urbanistiques. Quand un permis est démandé pour un nouveau projet, la commune doit poser des affiches rouges d'enquête publique à proximité du bien concerné. Grâce à ces affiches, les riverains sont alertés et savent à qui et jusque quand adresser leurs complaintes ou démandes d'adaptation. Ce sont toujours des autorités communales et régionales qui prennent les décisions, mais doivent le faire d'une manière claire et transparante. Ce qui donne la possibilité aux habitants et leurs organisations d'intervenir[18].
En 1978, la ville de Bruxelles obtient du Conseil d'État une suppression temporaire de la procédure d'enquête publique. Le ministre Henri Simonet, responsable entre autres de l'économie bruxelloise s'en prend directement à l'IEB qu'il traîte de petit et irresponsable, attaque soutenue par une partie des médias. Il est très difficile, à la fin des années septante, pour les associations à passer dans les médias. Pour mieux informer les membres et sympathisants et pour prouver son ancrage populaire l'IEB lance en sa revue Ville et habitants, dont le premier tirage en 600 exemplaires part toute suite. L'IEB élargie également l'horizon de des actions, englobant toutes les matières traités par les comités membres[19],[20].
Le , une version legèrement adapté de l'arrêté sur les enquêtes publiques voit le jour, va rester et structurer les rélations entre associations et pouvoirs publics pour les décennies à vénir[21]. Forte de sa subside en éducation permanente, l'IEB forme les membres des comités de quartier à la lecture des plans, à l'analyse des projets et la définition des enjeux[22].
René Schoonbrodt quitte la présidence d'IEB, en 1981, pour se concentrer sur l'ARAU. Il est remplacé par Charlotte Lannoy (1981-1988). Suivi par à nouveau quelq'un de l'ARAU, Philippe de Keyser (1988-1994)[23].
À partir de 1983, certaines rubriques de la revue sont subsidiées par la Communauté Française[24]. Pendant les années 1980, le patrimoine architectural continue à disparaître à un rythme effréné, le Centre Bruxellois d'archéologie recense, pour les seules années 1982 à 1988 plus de sept cents édifices remarquables abattues. Avec l'aide financière des Communautés et de la Fondation Roi Baudouin, l'IEB publie plusieurs livres blancs de propositions de réaffectation d'immeubles anciens, plans et dessins à l'appui. La plupart des immeubles y cités sont sauvés par la suite. Le regard sur le bâti ancien commence lentement à changer[25].
En 1984, quand le marché immobilier ne s'interesse qu'aux zonings en périphérie, IEB met en place une cellule Inventimmo qui inventorie l'énorme stock en immeubles industriels vides en ville et en cherche des nouvelles occupations. En 1988 l'IEB cède cette activité au Centre Urbain, qui de son tour se voit integré par la SDRB en 1991. 20 ans plus tard, un tiers des terrains en question a trouvé une reconversion économique, mais dans un rayon de 3,5 km autour du centre, tout est passé au logement. 501 objets sont ainsi transformé en 745 288 m2 de lofts[26].
Face au gouvernement Picqué I
La deuxième grande victoire d'IEB et de l'ARAU est la mise en place de la Région de Bruxelles-Capitale, avec vingt ans de retard sur les autres régions[27]. Mais il y a beaucoup plus : La déclaration de politique générale du premier gouvernement bruxellois reprend la majorité des revendications contenue dans le mémorandum adressé par IEB au lendemain des élections. Beaucoup d'anciens membres et collaborateurs d'IEB et BRAL peuplent les cabinets et l'administration[28],[29], à un degré que les associations doutent de leur raison d'être[30]. Les « contrats de quartier » sont ainsi créés en 1993 par Paul Vermeylen, ancien secrétaire général d’IEB, devenu chef de cabinet adjoint du ministre-président[29],[3].
L'administration de la nouvelle Région n'étant pas encore vraiment opérationnel, elle suscite l'aide de l'extérieur. L'IEB voit son budget doubler et passe de réunion à réunion. C'est l'IEB qui détaille le plan déchets du gouvernement. Cependant, quand en 1990, l'IEB dresse un premier bilan, il s'avère que les ministres ne tiennent pas leurs engagements, que des rivalités entre eux ralentissent la mise en œuvre des politiques promises[30]. Le gouvernement étant plus intéressé dans l'expertise d'IEB en matière d'environnement que dans l'urbanisme, l'organisation connaît donc un glissement vers un prestataire des services environnementaux et n'a plus la capacité de monter des contre-projets urbanistiques[31].
Les gouvernements suivants
Sous les gouvernements suivants, l'influence d'autres intérêts organisés, comme des promoteurs immobiliers, des grandes groupes de la construction, augmente à nouveau, l'IEB est profondément déçu de la mise en œuvre « chaotique » du plan régional de développement par le gouvernement Picqué II, et le gouvernement réduit ses subsides. À la recherche de nouvelles sources de revenues, IEB tente de transformer sa revue, sous le nouveau nom de Vivre à Bruxelles dans une publication grand public - projet qui n'exhauste pas seulement les collaborateurs qui doivent passer leurs jours rédiger des articles, mais creuse en plus un grand trou dans les finances[32].
Avec Marie-France Rihoux, c'est la première fois que quelqu'un d'extérieur est engagé comme secrétaire générale (1999-2007). Elle réussit d'assainer les finances et de réunir membres, direction et collaborateurs autour du développement d'une réaction à l'élaboration du plan régional d'affectation du sol du gouvernement. Mais contrairement à ses homologues flamands et wallons, IEB ne réussit jamais d'obtenir une dotation suffisante et récurrente[33].
Sous Mathieu Sonck (2007-2014), IEB se tourne à l'antipode du sous-traitant gouvernementale de 1989, pour lui l'équipe « manquait de sens politique », et il la pousse d'un côté vers une posture plus contestataire mais de l'autre à nouveau plus vers l'éducation permanente[34].
Deux décisions de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) (C-567/10, du et C-671/16 du ), dans des affaires qui reineopposent IEB et partenaires à la Région Bruxelloise ont un impact sur tout l'Europe : Pas seulement la confection des programmes globales ou des loi-cadres exige des études d'incidents environnementaux, mais aussi chaque changement de ou abrogation à ces programmes. Ça empêche les autorités de contourner les directives européennes en morcellant leurs procédures de décision[35].
IEB a contribué au maintien du réseau des trams de la STIB[Quand ?], à la protection et à la rénovation du patrimoine immobilier bruxellois[Quand ?], au maintien des espaces verts[Quand ?], et a incité les habitants à participer aux enquêtes publiques lors de différents projets d'urbanisme[36][source secondaire nécessaire].
En , le secrétaire d’État à l'Urbanisme de la Région bruxelloise Pascal Smet décide de supprimer les subventions de l'ASBL en matière d'urbanisme. L'association voit dans cet acte politique une sanction « à l’égard d’une association considérée comme trop critique à l’égard des politiques urbaines menées par le ministre-président Rudi Vervoort (PS) et son secrétaire d’État à l’urbanisme, Pascal Smet, qui font ainsi la démonstration de leur conception fort étroite de la démocratie urbaine »[37],[38].
Alors que IEB déclare avoir perdu près de 62% de ses subsides en 10 ans, Pascal Smet justifie son action en déclarant que « l’inventaire des enquêtes publiques réalisé par IEB fait double emploi avec la plate-forme openpermits.brussels »[39].
Activités
L'action d'IEB comporte trois volets principaux : « travail de lobby - information, formation et services aux habitants - sensibilisation. »[40].
Bruxelles en Mouvements
IEB édite le périodique Bruxelles en mouvements qui s'intéresse aux multiples dimensions de la ville et de son cadre de vie[41].
Centre de documentation
Le centre de documentation d'IEB recense plusieurs ouvrages, revues ou études en lien avec la Région bruxelloise[40].
Prix Paul Duvigneaud
Chaque année, l'association décerne le prix Paul Duvigneaud relatif à l'éducation permanente à l'environnement urbain[42].
