Intégrateur symplectique
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Un intégrateur symplectique est un schéma d'intégration numérique pour les systèmes d'équations de la mécanique hamiltonienne. Les intégrateurs symplectiques sont des intégrateurs géométriques qui, par définition, sont des transformations canoniques. Leurs propriétés mathématiques font d'eux un choix intéressant lors du traitement numérique de problèmes en mécanique céleste[1].
Ces intégrateurs ont pour but de résoudre les équations d'Hamilton, qui s'écrivent :
où sont les coordonnées généralisées, les moments généralisés conjugués de ces coordonnées et est l'Hamiltonien du système. Le point au-dessus de ces variables dénote la dérivée temporelle de celles-ci. Toutes les variables respectant ces équations sont dites canoniques.
Par construction, l'évolution temporelle de ces variables conserve la 2-forme symplectique.
où sont les variables à un instant ultérieur et l'opérateur est un produit extérieur. Cette transformation est donc un symplectomorphisme. Un schéma d'intégration est symplectique lorsqu'il préserve cette 2-forme à chaque pas de temps.
D'après le Théorème de Liouville, le volume dans l'espace des phases le long du flot de est conservé. Un intégrateur symplectique va donc lui aussi conserver ce volume, c'est une propriété très intéressante lorsqu'on veut faire des intégrations sur des temps longs par rapport à l'échelle de temps du système étudiée. Cela induit qu'un nuage de conditions initiales ne peut ni se contracter ni se dilater[2], contrairement aux schémas classiques qui peuvent introduire des attracteurs inexistants dans le système hamiltonien. C'est particulièrement important en mécanique céleste pour maintenir la stabilité des éléments orbitaux sur des temps de plusieurs millions d'années.
La majorité des intégrateurs usuels, comme la méthode d'Euler ou les méthodes de Runge-Kutta, ne sont pas des intégrateurs symplectiques.
Traitement perturbatif
Souvent, H = A + ε B, où A est intégrable et B est une perturbation intégrable souvent aussi, et ε un réel très petit. Appelons L l'opérateur de Liouville de A et M l'opérateur de Liouville de B :
Alors le problème est de calculer exp{L + ε M} t qui hélas est différent de exp{L t} .(exp Mt)ε.
Le cas classique en mécanique céleste est la perturbation de Saturne par Jupiter. Mais on peut aussi bien tester la méthode sur une particule dans un puits de potentiel.
Évidemment, il y a deux possibilités : la formule de Trotter ou la formule de Campbell-Hausdorff.
Ou bien des formes raffinées de combinaison des deux adéquates.
L'idée forte est la suivante : t est petit ; faire une théorie au n-ième ordre, conduit à une erreur O(tn ε) ou plus exactement O(tn ε +t² ε²) : on a intérêt à pousser la méthode jusqu'à l'ordre n tel que :
- t(n-2) = ε.
Dans certains cas, dits symétriques, on peut l'améliorer en t(n-4) = ε.
Un cas simple : l'oscillateur harmonique
On peut commencer par tester la méthode sur l'oscillateur harmonique, qui est le test usuel.
On continuera avec le pendule simple.
Pendule simple
Cette fois, en coordonnées réduites, A = p²/2 et B = 1 - cos q . Le système est intégrable exactement, via les fonctions de Jacobi, mais nous préférons prendre A = p²/2 + ε q²/2 et B = 1 - cos q - q²/2
L'opérateur A est donc celui d'un oscillateur harmonique, et B joue le rôle de perturbation, si les oscillations sont pendulaires. Dans le cas de tournoiement, le problème de la "séparatrice" ne peut se régler simplement, car l'intégrateur symplectique ne conserve pas rigoureusement l'énergie. Il vaut mieux alors se tourner vers la solution du pendule simple discret.
