Inégalité de Bienaymé-Tchebychev

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En théorie des probabilités, l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est une inégalité de concentration permettant de montrer qu'une variable aléatoire prend avec une faible probabilité une valeur relativement lointaine de son espérance. Ce résultat s'applique dans des cas très divers car nécessitant la connaissance de peu de propriétés (seules l'espérance et la variance doivent être connues) et permet de démontrer la loi faible des grands nombres.

Pafnouty Lvovich Chebyshev

Ce théorème doit son nom aux mathématiciens Irénée-Jules Bienaymé, qui fut le premier à le formuler, et Pafnouti Tchebychev qui le démontra[1].

Énoncé

Formulation probabiliste

Soit une variable aléatoire d'espérance et de variance finie[2] ( étant l'écart type de ).

L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev s'énonce de la façon suivante :

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev  Pour tout nombre réel strictement positif ,

Autrement dit, la probabilité que s'éloigne de plus de de son espérance est plus petite que .

La démonstration consiste à appliquer l'inégalité de Markov :

à la variable aléatoire positive et au nombre réel strictement positif en remarquant que

.

L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev peut également être déduite directement d'une simple comparaison des aires, en partant de la représentation d'une espérance comme différence de deux intégrales de Riemann impropres (près du dessin dans la définition générale de l'espérance pour des variables aléatoires réelles)[3].

Formulation généralisée

L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est en fait une propriété plus forte de théorie de la mesure. Soit , un espace mesuré, et une fonction mesurable. Soit encore une fonction borélienne, positive, et croissante. Alors, on a la majoration suivante :

Borne de Tchebychev  Pour tout tel que , on a

Cette majoration se prouve facilement en remarquant que puisque est croissante, on a l'inégalité , d'où :

On remarque également que si est une mesure de probabilité, on retrouve la version probabiliste de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev en prenant et . Mais on peut aussi obtenir d'autres inégalités intéressantes avec d'autres choix de sous de bonnes conditions. Par exemple, quand la variable aléatoire est bornée, avec et on obtient l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev exponentielle : est la fonction génératrice des cumulants de .

Minimalité des bornes

Pour certaines variables, l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev peut donner des bornes larges. Cependant, dans le cas général, celles-ci ne peuvent pas être améliorées. Les bornes sont minimales pour l'exemple suivant : pour tout ,

.

Pour cette loi, a pour moyenne et comme variance , soit un écart type de et alors :

Plus généralement, le cas de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev n'est atteinte que pour les lois qui sont des transformations affines de cet exemple[3][4].

Notes et références

Voir aussi

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