Iouri Danilov

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Naissance
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Nationalité
Allégeance
Iouri Danilov
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
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Formation
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Nikifor Gueorguievitch Danilov (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Nicholas Daniloff (petit-fils)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflits
Distinctions

Iouri Nikiforovitch Danilov, né le 13 août 1866 ( dans le calendrier grégorien) à Kiev, alors dans l'Empire russe, et mort le à Boulogne-sur-Seine[1], est un général russe, haut responsable de l'état-major général de l'armée impériale russe puis commandant d'armée pendant la Première Guerre mondiale. Il passe brièvement au service du régime bolchévique avant de rejoindre les Armées blanches et de finir sa vie en exil en France.

L'armée russe salue la procession de Saint-Vladimir à Kiev, 15 juillet 1888.
Canon de 76 mm Modèle 1902, pièce de campagne de l'armée russe : la modernisation de l'artillerie est encore incomplète en 1914.
Les généraux Iouri Danilov et Ianouchkevitch (en) en février 1915.
Ruines du quartier général russe à Baranavitchy après la prise de la ville par les Allemands, 1916.
Le général Iouri Danilov, photographié avant 1920.

Iouri Danilov, surnommé « le noir » pour le distinguer d'autres militaires du même nom, naît dans une famille noble du gouvernement de Kiev. Il entre en 1879 à l'école des cadets de Kiev puis, en 1883, à l'école d'artillerie. Il est nommé sous-lieutenant en 1886. De 1889 à 1892, il étudie à l'École militaire d'état-major Nicolas à Saint-Pétersbourg. De 1894 à 1898, il est officier d'état-major dans le district militaire de Kiev. Il est nommé lieutenant-colonel en 1889 et affecté au département de la mobilisation à Saint-Pétersbourg. De 1904 à 1905, il est chef de département à l'état-major général (Stavka).

De 1906 à 1908, il commande le 166e régiment d'infanterie avant d'être promu colonel et réaffecté à l'état-major général. Il fait la plus grande partie de sa carrière comme officier de la Stavka, enseigne à l'École d'état-major et contribue à plusieurs publications militaires. En 1910-1912, il est le principal rédacteur du « plan 19 » qui prévoit l'engagement de l'armée russe en soutien à la France dans le cadre de l'alliance franco-russe. Il considère l'Allemagne comme l'adversaire principal et son plan prévoit le déploiement de 7 armées, regroupant 53 divisions, certaines venant de Sibérie, Turkestan russe et Caucase, sur la frontière de la province de Prusse-Orientale, route la plus directe vers Berlin. Il est en désaccord avec d'autres généraux qui voudraient porter l'effort principal sur l'Autriche-Hongrie : le plan de Danilov ne prévoit que 19 divisions engagées sur la frontière de Galicie. Il est aussi favorable à une stratégie offensive et, avec le soutien du ministre de la Guerre Vladimir Alexandrovitch Soukhomlinov, tente de s'opposer à l'achat d'artillerie de forteresse pour la défense des provinces occidentales : il propose de raser les forteresses et de consacrer les moyens dégagés à la modernisation de l'armement et des transports de campagne. Mais d'autres généraux, notamment les responsables des districts militaires de Kiev et Varsovie, et une fraction de la Douma (parlement) font prévaloir une stratégie plus conservatrice[2].

Première Guerre mondiale

Lors de la mobilisation russe de 1914, Danilov est nommé quartier-maître général de l'état-major, donc, en théorie, le troisième personnage de la hiérarchie militaire russe après le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, commandant en chef des forces armées, et Nikolaï Ianouchkevitch (en), chef d'état-major général. Les témoignages décrivent Danilov comme un organisateur très actif et le « cerveau » de l'état-major mais l'application de ses plans est limitée par l'isolement de l'état-major à Baranavitchy, nœud ferroviaire entre Varsovie et Vilnius, et la faiblesse des communications et transports de l'armée russe[2]. Dans les premiers mois de la guerre, il tente, sans grand succès, de s'opposer aux confiscations arbitraires effectuées par les troupes russes. L'économie de marché ne tarde pas à s'écrouler dans la zone d'opérations, rendant le ravitaillement de plus en plus aléatoire. Pendant la Grande Retraite de l'été 1915, sur ordre du général Ianouchkevitch, il fait appliquer la politique de terre brûlée devant l'avance allemande : les récoltes, puis les villages et les industries sont détruits, les habitants évacués vers l'est[3].

Après la désastreuse retraite de l'été 1915, le tsar Nicolas II prend le commandement personnel de l'armée, envoyant le grand-duc Nicolas commander le front du Caucase. Ianouchkevitch et Danilov, impopulaires et rendus responsables des échecs précédents, sont limogés ; le général Mikhail Alekseïev remplace Ianouchkevitch tandis que Danilov est nommé chef d'état-major du front du Nord (en) (général Nikolaï Rouzski). Il est nommé ensuite commandant du XXVe corps d'armée puis de la 5e armée sur le front du Nord[2]. Pendant la période 1915-1917, seul Alfred Knox (en), chef de la mission militaire britannique, émet une opinion favorable sur l'action de Danilov, tandis que les généraux russes Alexeï Broussilov et Nikolaï Golovine (en) sont beaucoup plus critiques à son égard[4].

Le général Danilov accompagne le général Nikolaï Rouzski, commandant en chef du front Nord, lors de la signature de l’acte d’abdication du tsar Nicolas II, dans son wagon impérial à Pskov dans la nuit du 15 au , dont il est un des témoins directs[5],[6],[7],[8].

Guerre civile et exil

Œuvres

Sources et bibliographie

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