Irène Omélianenko
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Drancy, Seine-Saint-Denis, France
| Irène Omélianenko | |
| Naissance | Drancy, Seine-Saint-Denis, France |
|---|---|
| Nationalité | Française |
| Profession | Documentariste sonore, productrice coordinatrice radio, conseillère de programmes |
| Spécialité | Documentaire radio et création sonore |
| Années d'activité | 1981-2018 |
| Site internet | https://www.franceculture.fr/personne/irene-omelianenko |
| Médias actuels | |
| Pays | France |
| Média | Radio France |
| Historique | |
| Radio | Sur les docks, L'Atelier de la création, Création on air (France Culture) |
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Irène Omélianenko, née en à Drancy (Seine-Saint-Denis), est une autrice, documentariste et productrice de radio française.
Sa carrière professionnelle se développe de 1981 à 2018 au sein du groupe Radio France. Elle assure notamment les fonctions de productrice coordinatrice et de conseillère de programmes sur l'antenne de France Culture. Elle y défend une radio de création bâtie sur la recherche, la variété des écritures et l’expérimentation de formes nouvelles.
Débuts
Irène Omélianenko est née en à Drancy et a grandi Cité de La Muette.
Radio France
Elle fait ses débuts à Radio France en 1981 par l’entremise de son frère, acteur[1]. Elle commence par lire des textes au sein de deux programmes produits sur France Culture par Françoise Estèbe et Jean Couturier : le Documentaire du vendredi, 1h30 autour d’une personnalité artistique ; et Globe trotter, émission d’informations construite à partir d’articles, de publicités et de lettres issues d'un journal du même nom publié au début du XXe siècle[2].
Radio France Creuse
En 1982, elle participe avec le journaliste Martin Even à la création de Radio France Creuse (future France Bleue Creuse). Les programmes de cette antenne régionale sont alors dirigés par Jean Couturier, qui deviendra son conjoint[3].
France Cullture
De 1983 à 1985, elle produit sur France Culture des documétaires pour Les Nuits magnétiques sur des sujets de société diffusés en soirée, sous la houlette d’Alain Veinstein[4] et Le Bon plaisir, une émission biographique de 3h autour d’écrivains, artistes ou philosophes.
Clair de nuit
En 1985, toujours sur France Culture où elle restera toute sa carrière, elle crée avec Jean Couturier l’émission Clair de nuit qui expérimente le collage radiophonique, s’intéresse aux musiques nouvelles et s’ouvre aux jeunes producteurs[5]. Le programme se poursuivra jusqu’en 1997.
Pays d'ici
En 1998, à une époque où la radio publique demeure centrée sur le microcosme parisien, elle contribue au Pays d’ici, une émission produite par Laurence Bloch, proposant des reportages au long cours et en direct à la rencontre des habitants des régions françaises[6]. Irène Omélianenko participe à la création par Alexandre Héraud de l'émission documentaire Le Vif du Sujet, puis contribue, de 2002 à 2006, à Radio Libre[7]. Amorçant un long compagnonnage radiophonique avec le réalisateur François Teste, elle travaille autour des lieux de relégation (hôpitaux psychiatriques, prisons, camps d'internement) et de la mémoire des personnes opprimées ou résistantes lors de la Seconde Guerre mondiale ou à l'époque contemporaine.
Sur les docks
De 2006 à 2009, elle fait partie de l'équipe de production de l’émission de documentaires Sur les docks diffusée sur France Culture[8]. Après une parenthèse entre 2009 et 2011, au cours de laquelle Jean Lebrun assure cette fonction, Irène Omélianenko reprend seule les rênes de l'émission jusqu'en 2016[9].
Directrice des documentaires
En 2011, le directeur de France Culture Olivier Poivre d’Arvor la nomme conseillère aux programmes chargée des documentaires radiophoniques et de la création sonore, une fonction qui n’existait pas jusqu'alors[10]. Ces responsabilités nouvelles, auxquelles s'ajoutent la coordination éditoriale de plusieurs émissions, l'obligent à renoncer à la production en tant qu'auteure[11]. Elle dirige ainsi, entre 2011 et 2013, Villes mondes, portraits de villes du monde à travers les témoignages d’artistes et penseurs qui y vivent ; entre 2011 et 2015, L’Atelier de la création, ouvert à des formats variés, y compris les essais radiophoniques ; entre 2015 et 2018, Création on air, programme hebdomadaire d’expérimentation sonore; et enfin, entre 2016 et 2018, Une vie une œuvre, documentaire biographique[12].
Engagement pour la création sonore
En 2009, elle rejoint la commission sonore de la Scam, société de gestion des droits d'auteurs de l'audiovisuel qui octroie des bourses d'écriture radiophonique et sonore. Cette même année, soucieuse de l’érosion progressive des créneaux de création sur les antennes de Radio France, elle cofonde l’Addor (Association pour le développement du documentaire radiophonique) dont elle est présidente jusqu'en 2019[13]. En 2010, elle rejoint l'association de promotion de la production sonore et de l'écoute Mixage Fou[14].
Irène Omélianenko promeut une conception exigeante du documentaire qu'elle définit comme « un réel recomposé, avec un point de vue d'auteur » qui demande d’« avoir en tête beaucoup plus de questions que de réponses » et d'« être capable de faire entrer l'auditeur dans un monde spécifique, en utilisant un registre de voix différentes, de lieux divers ». Sur le plan éthique, elle bannit le micro caché et souligne l'importance de respecter aussi bien les personnes enregistrées que les auditeurs[15].
Tout au long de son parcours elle reste attachée, comme à l'époque de Clair de nuit, à la découverte de nouveaux talents dans la création sonore et radiophonique, considérant que cela fait partie du rôle de la radio publique[16]. Elle a ainsi mené une « politique d'auteurs », privilégiant la « production tournante » et la variété des écritures et des formats[17].
Elle a eu également à cœur de faire vivre le patrimoine sonore de Radio France et la mémoire des grands noms de la création comme René Jentet ou Yann Paranthoën[18]. À rebours de la gouvernance par les chiffres d'audience, elle prône l'institution d'un « laboratoire d'essais » au sein de la radio publique[19].
Jurys
Partant à la retraite en 2018, elle poursuit ses engagements publics et associatifs en faveur d’une radio publique de création à travers sa participation à des jurys d'art radiophonique et sonore pour le prix Italia, le prix Europa, les Phonurgia Nova Awards, le concours Libération-Apaj ou le Festival Longueur d'ondes[20].
Sélection d’œuvres sonores
- Jean Couturier et Irène Omélianenko, René Clément, Le Bon plaisir, France Culture, Madelen/INA, [21].
- Irène Omélianenko, Mémoire vive de la colonie d'Izieu, réalisation François Teste, Radio Libre, France Culture, , 1er et [22].
- Irène Omélianenko, Profession docker, réalisation François Teste, Radio libre, France Culture, [23].
- Irène Omélianenko, Dans l'abîme du fait divers : le Pavillon psychiatrique 38, réalisation François Teste, Le vif du sujet, France Culture, [24].
- Irène Omélianenko, La France des Justes, réalisation François Teste, Sur les docks, France Culture, [25]
- Irène Omélianenko, Les Infracteurs sexuels, réalisation François Teste, Sur les docks, France Culture, [26].
- Irène Omélianenko, La Valse des sans papières, réalisation Mehdi El Hadj, Champ Libre, France Culture, [27].
Distinctions
- 2003 : nommée aux prix Ondas pour le documentaire L'affaire Vincendon et Henry[28].
- 2004 : « Coup de chapeau » du Festival Longueur d'ondes pour l’ensemble de son œuvre[29].
- 2005 : nommée au prix Italia pour le documentaire Un hôpital psychiatrique français sous l'Occupation, produit pour Le Vif du sujet et réalisé par Monique Veilletet[30].
- 2006 : nommée au prix Europa pour Dans l'abîme du fait divers : le Pavillon psychiatrique 38[31].
- 2007 : lauréate avec François Teste du New York Festival (médaille de bronze dans la catégorie Radio Community Portrait) pour son documentaire Dans le donjon de Maîtresse Cindy, réalisé par François Teste, Sur les docks, France Culture, [32].
- 2021 : prix de la Scam pour l’ensemble de son œuvre[24].
- 2024 : Irène Omélianenko reçoit une médaille Beaumarchais qui vient saluer une carrière menée à radiofrance.