Isaac Haffner
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Isaac Haffner, né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un théologien luthérien libéral.
Fils d'Isaac Haffner, huissier, et de Suzanne-Catherine Graffenauer, Isaac Haffner est né le à Strasbourg. Il fait ses études au gymnase Jean-Sturm, puis à l'Université de Strasbourg de 1766 à 1776, où il étudie les lettres et la théologie. Il voyage en Allemagne (à Göttingen et à Leipzig), où il est fortement influencé par le prédicateur rationaliste Georg Joachim Zollikofer[1]. Il se rend ensuite à Paris (1779), afin de se familiariser avec la langue française.
À partir de 1780, il se consacre à sa carrière ecclésiastique, qu'il réussit brillamment, étant donné que la même année, il devient vicaire, puis prédicateur à l'église Saint-Nicolas de Strasbourg. Dès 1782, il dirige également le collège Saint-Guillaume. Son investissement dans ces activités religieuses ne l'empêche pas de continuer parallèlement ses études : il obtient successivement un doctorat en philosophie (1782), puis en théologie (1784). En 1788, il est nommé Freiprediger (prédicateur libre) et professeur à la Faculté de théologie protestante, où il enseigne à la fois le Nouveau Testament, la dogmatique et l'histoire des dogmes[1].
En 1789, Isaac Haffner est tout d'abord favorable aux réformes proclamées par la Révolution, comme la plupart de l'élite intellectuelle protestante qui recherche la reconnaissance officielle du culte protestant. Cependant, il se rebelle durant la vague de déchristianisation et est déclaré suspect par les Jacobins. Il est finalement incarcéré le au Grand séminaire avec d'autres théologiens, dont son ami Jean Laurent Blessig. Son courage lui vaut un réel prestige par la suite. Dès 1795, il reprend ses activités paroissiales et élabore un plan (plan Haffner) afin de réorganiser les églises d'Alsace. Toutefois, ce plan divise les intellectuels protestants, notamment lorsqu'il fallut appliquer les Articles organiques de 1802.
Durant l'Empire et la Restauration, il continue sa carrière ecclésiastique et universitaire : il devient professeur à l'Académie protestante lors de sa création (1803), puis le premier inspecteur de l'inspection Saint-Thomas (1804), il succède à Blessig au Directoire de l'Église de la Confession d'Augsbourg (1816) et est nommé doyen de la Faculté de théologie lors de sa reconstitution (1819)[2].
Il est président de la Société biblique.
Il laisse à sa mort en 1831 une bibliothèque de 30 000 volumes, souvent annotés à la main, dans laquelle on retrouve aussi bien de la philosophie, de la théologie, de la géographie, de l'histoire, de la littérature (des romans, de la poésie, de la rhétorique) et quelques ouvrages de sciences (même magiques). Isaac Haffner est donc un bibliophile curieux qui a su, selon l'avant-propos du catalogue de vente de la bibliothèque, tirer parti de la vente des biens de l'Église catholique durant la Révolution et de sa correspondance avec des antiquaires allemands et français[3].
Œuvres
- (de) Ueber die neu projectirte Organisation der protestantischen Kirche, [Straßburg], [1790]
- De l'éducation littéraire. Essai sur l'organisation d'un établissement pour les hautes sciences, Strasbourg, Libr. Académique, 1792
- (de) Festpredigten, Straßburg, A. König, 1801 - (témoignages de sa foi en prison)
- Des secours que l'étude des langues, de l'histoire, de la philosophie, et de la littérature offrent à la théologie, Strasbourg, A. Koenig, 1804
Les autres écrits imprimés d'Isaac Haffner sont des recueils de sermons, comme Predigten und Homilien paru en deux volumes en 1823 et 1826.
Ses notes prises en prison durant la Terreur ont été publiées par Anne-Louise Salomon dans Wofür ich Gott danke en 1924.
