Islam au Tadjikistan

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Cour de la grande mosquée de Douchanbé

L'islam sunnite, de rite hanafite, est la religion majoritairement pratiquée au Tadjikistan, pays dont la constitution garantit la liberté de culte à toutes les religions. Le pays compte 90 % de musulmans, dont 5 % de chiites, habitant dans la région du Pamir[1]. Depuis la chute de l'URSS, les tentatives menées par des groupuscules islamistes tels que le Parti de la renaissance islamique du Tadjikistan pour imposer au pays un régime islamique ont été jugulées par le gouvernement et la population elle-même[2], avec pour effet une laïcisation croissante de la société tadjik[3].

L'apparition de l'islam au Tadjikistan

La mosquée Abdullokhon, à Isfara

Depuis le Moyen Âge, l'islam est la religion majoritaire en Asie centrale. Il fut répandu dans la région par les Arabes au VIIe siècle, sous le califat d'Omar[4], se substituant partiellement au Zoroastrisme traditionnel des Tadjiks[5]. Au IXe siècle, Ismail Samani établit l'autonomie politique dans les territoires de l'Iran et du Tadjikistan actuels ; il a été considéré comme le père de la nation tadjike[6]. La dynastie samanide qui advient participe à la propagation de l'architecture islamique et de la culture islamo-persane dans le cœur de l'Asie centrale. Ensuite, au Xe siècle, le territoire a été turquifié par l'occupant turc, qui a envahi toute l'Asie centrale.

L'ère soviétique

En 1868, la région passa sous le contrôle de la Russie. Des révoltes éclatèrent, et notamment après la révolution d'Octobre de 1917 : des guérilléros musulmans résistèrent au régime bolchévique pendant 4 ans, au cours desquels des mosquées furent détruites[4]. Au début des années 1930, la culture tadjike fut soviétisée selon les ordres de Moscou. Cette politique entraîna la fermeture de mosquées, d'écoles coraniques, et la spoliation des biens du clergé. Dans les années 1940, des « campagnes antireligieuses » étaient menées qui ont conduit à fermer ou détruire de nombreux lieux saints[4]. Dans le même temps, un Conseil des musulmans d'Asie centrale vit le jour en 1943. Cette administration était contrôlée par le Kremlin, ce qui demandait de la loyauté à ses membres. Tout en étant inadaptée à la population musulmane et à ses besoins, cette structure administrative et ses membres donnaient une existence légale à l'islam. Il pouvait alors avoir des fonctionnaires religieux, quelques mosquées, une instruction religieuse et même deux séminaires en Ouzbékistan. Au début des années 1960, le régime de Khrouchtchev augmenta la répression par une propagande anti-islamique. Par la suite, à plusieurs reprises dans les années 1970 et 1980, le Kremlin a organisé des campagnes de propagande pour combattre l'islam, comme d'ailleurs le christianisme. Lors de ces campagnes, des mosquées étaient sécularisées, les coutumes islamiques étaient artificiellement rattachées au patriotisme, l'islam était décrit comme rétrograde et superstitieux. L'hostilité à l'islam connut un regain avec l'implication militaire des soviétiques en Afghanistan, qui amena aussi un revivalisme islamique dans plusieurs pays. Depuis cette période jusqu'au début de l'ère post-soviétique, le gouvernement de Moscou et les gouvernements locaux ont mis en garde contre des menaces islamistes, souvent à partir d'arguments captieux. Malgré tous ces efforts, l'islam est resté une part constitutive de l'identité des Tadjiks et des autres peuples du Tadjiskistan.

L'indépendance tadjike

Après la chute du communisme, le pays connut une résurgence de l'islamisme. Des milliers de mosquées furent construites et une guerre civile éclata entre les pro-communistes, qui avaient gagné les élections de 1991, et les partisans du Parti de la Renaissance islamique. L'Afghanistan a approvisionné en armes les belligérants, ce qui a conduit l'armée russe à prendre le contrôle de la frontière entre les deux pays. Cette guerre civile entre communistes et islamistes a fait 500 000 victimes de l'exode[4].

L'islam contemporain

Voir aussi

Références

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