Islam en Ouzbékistan

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La mosquée Bibi-Khanoum à Samarcande.

L’islam est la religion majoritaire en Ouzbékistan, où elle représente 88 %[1] de la population, alors que les orthodoxes en constituent 9 %. Il est difficile de définir la pratique musulmane en Ouzbékistan à cause des différentes vagues de sécularisation violente dans le pays au cours du XXe siècle, où l'islam a toujours été contrôlé et réprimé. En dépit de la continuité du régime à l'égard de la religion après l'indépendance de l'Ouzbékistan, la fin de l'ère soviétique a vu un retour progressif aux valeurs traditionnelles de l'islam. Aujourd'hui l'islam est contrainte de faire face à un retour du cadarisme depuis 2004.

L'arrivée de l'islam

Le mausolée du fondateur de la dynastie des Samanides, à Boukhara.

L'islam est venu dans le territoire de l'actuel Ouzbékistan au VIIIe siècle lorsque les arabes ont conquis l'Asie centrale, à l'époque du calife omeyyade Abd al-Malik[2]. L'islam s'est d'abord imposé dans le Sud du Turkestan, puis s'est graduellement répandu vers le Nord[3]. Il a pris racine dans la région grâce au travail de missionnaires du royaume tadjik samanide, amenant à l'islam plusieurs peuples turcs. Au XVIe siècle, Tamerlan construisit de nombreux édifices religieux, dont la mosquée Bibi-Khanym. Il construisit aussi la splendide tombe de Ahmed Yasavi, un saint soufi qui répandit l'islam parmi les peuples nomades. L'islam s'est répandu en Ouzbékistan également par la conversion d'Özbeg, initié à l'islam par Abdul Hamid, un cheikh de l'ordre soufi Yasavi. Le khan Özbeg imposa l'islam dans la Horde d'or, et encouragea le travail missionnaire en Asie centrale. La présence de l'islam dans la Horde d'Or semble avoir évité les conflits inter-ethniques en son sein, et stabilisé ses institutions.

Son rayonnement

Parmi les grands érudits de l'islam, l'Ouzbékistan a vu naître l'imam Boukhari, en 810 apr. J.-C. Dans le sunnisme, il est l'un des deux compilateurs de hadiths les plus célèbres, avec Mouslim. Al-Tirmidhi, né en 824, est un autre compilateur de hadiths célèbre qui a vécu dans la région de l'Ouzbékistan. Quant à Abul Mansour al-Maturidi, il fut l'un des pionniers de la jurisprudence islamique. Dans la ville de Samarcande, le monde islamique a connu un grand développement des sciences. Ali Qushji y a développé l'astronomie théorique. Il a participé à l'élaboration des Tables sultaniennes qui sont ensuite passées en Europe et ont sans doute influencé les travaux de Copernic. Cette tradition astronomique, dont témoigne l'observatoire astronomique d'Oulough Bek à Samarcande, se poursuit aujourd'hui encore à Maragha.

Sous l'ère soviétique

Comme dans toute l'Asie centrale, la propagande soviétique s'est attaquée durement à la religion, notamment à l'islam. Pendant l'ère soviétique, l'Ouzbékistan comptait officiellement 65 mosquées, et environ 3 000 clercs musulmans. C'est à Tachkent qu'était basé le Conseil des Musulmans d'Asie centrale, l'organe officiel de l'islam dans la région. Le grand mufti qui présidait ce conseil rencontrait de nombreuses délégations officielles tous les ans, et un périodique rendait compte de l'actualité de l'islam, intitulé “Musulmans de l'Est soviétique”. Les musulmans qui participaient à ce conseil étaient soigneusement choisis. À côté de cette promotion officielle de l'islam, des tentatives de destruction de la religion avaient aussi lieu, par des campagnes antireligieuses ou des mesures légales contre les mouvements islamiques qui n'étaient pas sous le contrôle de l'État. Par ailleurs, l'État cherchait à russifier la région et ses habitants. De nombreuses mosquées ont été fermées sous Staline[2], et des musulmans ont été déportés en masse.

L'islam contemporain

Voir aussi

Références

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