Jaafar ibn Abi Talib

From Wikipedia, the free encyclopedia

Jaʿfar ibn Abī Tālib (arabe : جَعْفَر إِبْن أَبِي طَالِب), aussi connu sous le nom de Jaʿfar at-Tayyār (arabe : جَعْفَر ٱلطَّيَّار, lit. « Jaʿfar le Volant »), est un compagnon et cousin du prophète de l'islam Mahomet. Il est le fils d'Abu Talib et le frère ainé de Ali, le quatrième calife.

Naissance
Décès

Mu'tah, Palaestina Salutaris
( Empire byzantin)
Sépulture
Maqam Ja'far ibn Abi Talib
Nom dans la langue maternelle
جعفر بن أبي طالبVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Jaʿfar ibn Abi Talib
جعفر بن أبي طالب
Biographie
Naissance
Décès

Mu'tah, Palaestina Salutaris
( Empire byzantin)
Sépulture
Maqam Ja'far ibn Abi Talib
Nom dans la langue maternelle
جعفر بن أبي طالبVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Abu al-Masakin
Nom posthume
At-Tayyar
Dhul-Janahayn
Allégeance
Activité
Appartenance ethno-culturelle
Famille
Père
Mère
Fatima bint Asad (en)
Fratrie
Talib (en)
Fakhita
Aqil (en)
Jumana (en)
Rayta (en)
Ali
Conjoint
Asma bint Umais (en)
Enfants
Abdullah (en)
Muhammad (en)
Awn (en)
Autres informations
Religion
Grade militaire
Conflit
Personne liée
As'hama (protecteur, 615–628)
Vue de la sépulture.
Fermer

Biographie

Jeunesse

Né à La Mecque vers 590, Jaʿfar est le troisième fils d'Abu Talib et de Fatima bint Asad (en)[1],[2], mais il est élevé par son oncle Al-Abbas dû a la pauvreté de son père qui s'occupait déjà d'une grande famille[3].

Il est l'un des premiers convertis à l'islam[4]. Il épouse Asma bint Umais (en), qui se convertit à l'islam en 614–615[5]. Ils souffrent beaucoup de la part des Quraychites, qui les persécutent jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus le supporter. Il y avait une grande ressemblance entre Jaʿfar et Mahomet, tant en apparence que dans l'éthique.

Migration en Abyssinie

Lorsque les musulmans sont harcelés à La Mecque, le prophète de l'islam leur autorise d'émigrer en Abyssinie. Jaʿfar rejoint le second départ en 616[6]. Ils s'installent dans cette nouvelle terre et obtiennent la protection du négus As'hama. Retrouvant leur liberté, ils peuvent se consacrer à l'adoration d'Allah sans entrave[7].

La tribu de Quraych, méfiante quant aux motifs de leur départ d'Arabie, envoient Abdullah ibn Abi Rabiah et Amr ibn al-As pour négocier avec le Négus afin de ramener les émigrants à La Mecque. Ils offrent des cadeaux en cuir de grande valeur au Négus et à ses dignitaires et lui font un rapport dénigrant sur les musulmans[8]. Ayant promis sa protection aux musulmans, le Négus refuse de les livrer sans entendre leur version de l'histoire. Jaʿfar est choisi par les musulmans comme porte-parole du groupe pour plaider leur cause[9].

Le Négus leur demande quelle est cette religion pour laquelle ils ont quitté leur peuple, sans pour autant entrer dans la sienne ou dans une autre[9]. Jaʿfar répond :

« Nous étions un peuple non civilisé. Allah nous a envoyé un messager qui nous a commandé de dire la vérité, d'être fidèles à nos engagements, respectueux des liens de parenté et de l'hospitalité, et de nous abstenir des crimes et de l'effusion de sang. Il nous a interdit de commettre des abominations, de mentir, de dévorer les biens des orphelins et de calomnier les femmes chastes. Il nous a commandé d'adorer Dieu seul, de ne rien Lui associer, et il nous a donné des ordres concernant la prière, l'aumône et le jeûne. Nous avons donc cru en lui et en ce qu'il nous a apporté de la part d'Allah[10]. »

Miniature persane représentant Jaʿfar reçu par le Négus et sa cour aksumite.

Les deux mecquois affirment au Négus que les musulmans ne respectent ni Jésus, ni la Vierge Marie. Furieux, le souverain demande à Jaʿfar de répondre à Amr. Celui-ci récite alors les premiers versets de la sourate Maryam du Coran, qui relate l'histoire de Jésus et de sa mère. À l'écoute de ces paroles, « le Négus pleura jusqu'à ce que sa barbe soit mouillée et les évêques pleurèrent jusqu'à ce que leurs parchemins soient mouillés ». As'hama déclarant qu'il ne fera jamais de mal aux musulmans, les deux émissaires quraychites soutiennent alors que les musulmans considèrent Jésus comme un être créé. Le Négus demande à Jaʿfar ce qu'il pense de Jésus, ce à quoi il répond :

« Notre prophète dit qu'il est l'esclave de Dieu, son messager, son esprit et sa parole, qu'il a insufflée en Marie, la vierge bénie[11]. »

Malgré le mécontentement de ses évêques, le Négus renvoie les cadeaux de Quraych, les qualifiant de « pots-de-vin », et les deux mecquois quittent sa présence déconfits. Les musulmans continuent de vivre en Abyssinie, confortablement et en toute sécurité[12]. Jaʿfar et Asma vivent en Abyssinie pendant environ douze ans, au cours desquel naissent trois fils : Abdullah, Muhammad et Awn[13]. Le second est l'un des premiers enfants nés musulmans à être appelé Muhammad, du nom du prophète de l'islam.

Retour en Arabie

À l'été 628, les derniers musulmans exilés dont Jaʿfar et sa famille quittent l'Abyssinie pour rejoindre la communauté musulmane à Médine[14]. À son arrivée, il apprend que le prophète se trouve à Khaybar et se met immédiatement en route pour rejoindre l'armée. Arrivant juste au moment où les musulmans remportent la bataille, Mahomet l'accueille par ces mots : « Je ne sais quel événement me rend le plus heureux : l'arrivée de Jaʿfar ou la conquête de Khaybar ! »

À Médine, Jaʿfar est célèbre pour ses actes de charité. Abu Hurayra raconte : « Le plus généreux de tous envers les pauvres était Jaʿfar ibn Abi Talib. Il nous emmenait chez lui et nous offrait ce qu'il y avait de disponible. Il allait jusqu'à nous proposer un récipient à beurre en cuir vide, que nous fendions pour en lécher le moindre reste[15]. »

On le nomme alors Abu al-Masakin le père des pauvres ») car il dépensait tout son argent pour aider les pauvres.

Martyre à la bataille de Mu'tah

En septembre 629, le prophète mobilise une armée pour affronter les forces byzantines en Syrie, après qu'un gouverneur byzantin a tué l'un de ses émissaires[16]. Les musulmans rencontrent les Byzantins à Mu'tah, où ils sont largement surpassés en nombre[17]. Une fois la bataille engagée, Jaʿfar monte son cheval, pénètre profondément dans les rangs byzantins et tue de nombreux soldats au point où quiconque se présentant devant lui est abattu. Alors que Ja'far éperonne son cheval, il s'écrie : « Comme le Paradis est merveilleux alors qu'il s'approche ! Comme sa boisson est agréable et fraîche ! Le châtiment pour les Romains n'est pas loin ! » Ja'far combat jusqu'à ce que ses deux bras soient coupés[réf. nécessaire], mais finit par être tué par un soldat qui le frappe par derrière[17]. Son corps, meurtri par les épées et les lances, est alors couvert de soixante-douze cicatrices entre ses épaules[18]. »

Lorsque la nouvelle parvient au prophète, il pleure. Il rapporte plus tard que l'ange Gabriel est descendu pour le consoler, disant : « Jaʿfar était un soldat courageux et loyal. Dieu lui a donné la vie éternelle et, à la place de ses bras coupés au combat, le Seigneur lui a donné une paire d'ailes. » Le prophète prie alors pour lui : « Que Dieu te donne deux ailes, avec lesquelles tu voleras en compagnie des anges[19]. »

Dès lors, Jaʿfar porte le surnom de Dhul-Janahayn Celui aux deux ailes »)[20].

Sa veuve, Asma, raconte :

« Le Messager de Dieu est venu à moi et a demandé : "Où sont les enfants de Jaʿfar ?" Je les lui ai amenés et il les a serrés dans ses bras en respirant leur odeur, puis ses yeux se sont remplis de larmes et il a pleuré. "Ô Messager de Dieu," ai-je demandé, "as-tu appris quelque chose sur Jaʿfar ?" "Oui," a-t-il répondu. "Il est tombé en martyr aujourd'hui." Je me suis levée et j'ai crié, et les femmes sont venues vers moi. Le Prophète a commencé à dire : "Ô Asma, ne prononce pas de paroles obscènes et ne te frappe pas la poitrine !" »

Son fils Abdullah se rappelle :

« Il a dit : "Ô Asma, ne te réjouiras-tu pas ? En vérité, Dieu le Très-Haut a fait deux ailes à Ja'far, pour qu'il puisse voler avec elles au Paradis !" » Ensuite, Mahomet dit à sa fille Fatima : « Prépare de la nourriture pour la famille de Ja'far, car ils sont préoccupés aujourd'hui[21]. »

Sépulture

Le tombeau de Jaʿfar se situe à Al-Mazar al-Janubi (en), dans le gouvernorat de Karak, en Jordanie[22]. Il repose au sein d'un zarih (coffrage funéraire) orné d'or et d'argent, offert par Mohammed Burhanuddin (en), un chef spirituel ismaélien indien[23].

Mausolée de Jaʿfar, Zayd ibn Harithah et Abdullah ibn Rawahah à Mu'tah en Jordanie

Descendants

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI