Jack Black (chasseur de rats)
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Rat and mole destroyer to her majesty, The Battersea otter |
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Jack Black est un chasseur de rats et marchand ayant vécu en Angleterre au XIXe siècle. Vêtu de son costume excentrique, il se déplace dans Londres et le pays pour y vendre ses services et ses raticides. Il se décrit alors comme le chasseur officiel de la reine Victoria sous le titre de « destructeur de rats et de taupes pour sa majesté » (en anglais : rat and mole destroyer to her majesty). Il apparaît dans l'ouvrage London Labour and the London Poor du journaliste anglais Henry Mayhew qui développe dans un long chapitre la biographie de Jack Black. Ses activités de reproduction et de dressage en font un précurseur dans la domestication des rats.
Chasseur de rats
Il naît à la fin du XVIIIe siècle[1],[2].
Enfant, il attrape les rats à Regent's Park et reçoit à partir de 10 ans des commissions de particuliers pour les pourchasser. Il chasse les rats dans les maisons de Londres et porte les traces de son activité sur tout son corps : ses cicatrices témoignent des morsures de rats qu'il reçoit tout au long de sa vie[1].

À partir des années 1830, il en garde une partie pour les envoyer participer à des jeux de rat-baiting (en) où des chiens sont chargés de poursuivre des rats qui ont été relâchés dans une arène. C'est à cette époque un jeu populaire à Londres, qui brasse des sommes importantes pariées par les spectateurs[1],[3].
Développement de ses affaires
Jack Black se décrit comme le chasseur de rats officiel de la reine Victoria et s'arroge le titre de « destructeur de rats et de taupes pour sa majesté » (en anglais : rat and mole destroyer to her majesty). Il s'occupe en effet de dératiser les palais de la reine[4],[5]. De manière générale, ses activités témoignent de son objectif de s'élever socialement[3]. Ses affaires fonctionnent bien, et avec l'argent récolté en chassant les rats dans tout Londres il parvient à acheter une taverne située à Regent Street. Il y travaille avec sa fille, qui porte un costume inspiré de celui de son père. Cependant, son commerce périclite et il reprend son rôle de chasseur de rats pour pallier ses problèmes chroniques d'argent[6],[7].
Spectacles
Jack Black entraîne des rats à se déplacer le long de son corps pour l'aider à promouvoir ses raticides[8]. Il crée en effet des produits de sa composition qui visent à se débarrasser de ce fléau londonien[9]. Il s'habille pour se faire reconnaître d'un éclatant costume rouge écarlate qu'il crée lui-même et porte une ceinture en cuir où il accroche des rats en fonte[5]. Il se déplace à travers l'Angleterre pour vendre ses poisons dans un chariot sur lequel il peint ses animaux et réalise des représentations dans tout le pays. Il affirme aux spectateurs, qui ne connaissent pas la possibilité de domestiquer les rats, qu'il les attrape le jour même et montre dans ses spectacles ses manipulations de ces animaux qui impressionnent la foule[5] :
« Here I saw him dip his hand into this cage of rats and take out as many as he could hold, a feat which generally caused an "oh!" of wonder to escape from the crowd [...] as he let them run up his arms like squirrels, and the people gathered round beheld them sitting on his shoulders cleaning their faces with their front-paws, or rising up on their hind legs like little kangaroos, and sniffing about his ears and cheeks. »
« Je le vis alors plonger la main dans cette cage de rats et en sortir autant qu'il pouvait en tenir, un exploit qui suscitait un « oh ! » d'étonnement dans la foule [...] car il les laissait courir sur ses bras comme des écureuils, et les gens rassemblés autour les voyaient assis sur ses épaules, se nettoyant le visage avec leurs pattes avant, ou se dressant sur leurs pattes arrière comme de petits kangourous, et reniflant ses oreilles et ses joues. »
Élevages de rats

Jack Black élève de nombreux animaux, s'entoure d'oiseaux qu'il vend comme cibles pour des jeux de tir et garde des furets et des chiens de terrier pour l'aider à chasser les rats. Il tente par ailleurs d'élever un singe, un blaireau et deux ratons laveurs à cette même fin mais abandonne ces projets[1]. Il met de côté les rats qui ont un pelage coloré et les vend comme animaux de compagnie[8]. À partir d'un individu qu'il attrape, il lance une lignée de rats albinos qu'il vend à des jeunes femmes aisées, surfant sur un certain effet de mode[10]. Une partie de ces rats blancs sont envoyés à des scientifiques français[11].
Entretien avec Henry Mayhew
Dans son monumental ouvrage London Labour and the London Poor le journaliste anglais Henry Mayhew réalise un long entretien avec Jack Black. Il s'agit de l'une des biographies les plus développées de son ouvrage et occupe une dizaine de pages dans le troisième volume de la série. Le chasseur de rat est présenté comme un personnage excentrique obsédé par la mission à laquelle il consacre sa vie. Pour l'auteur, le culte que Jack Black voue aux rats, qui s'étend jusqu'à leur consommation, est un symbole d'un tabou qui existe dans l'Angleterre victorienne et représente la dichotomie entre le sacré et la saleté, entre la reine et les rats qui prolifèrent dans sa capitale[12]. Henry Mayhew apprécie cette rencontre et souligne une « bonté » à laquelle il ne s'attendait pas[6].
Vie privée
Il est marié et a une fille[4].
