Jackie Arklöv

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Naissance
(52 ans)
Drapeau du Libéria Liberia
Nationalité
Jackie Arklöv
Arklöv en 2009
Biographie
Naissance
(52 ans)
Drapeau du Libéria Liberia
Nationalité
Activité
Autres informations
Conflit
Mouvement
Victimes
2
Condamné pour
Condamnation

Jackie Banny Arklöv, né le au Liberia est un meurtrier condamné et braqueur de banque suédois. Il est un ancien néonazi, mercenaire des guerres de Yougoslavie et criminel de guerre qui, avec deux autres néonazis, assassina deux policiers après le braquage d'une banque en 1999[1],[2],[3].

Arklöv naît au Liberia d'une mère libérienne et d'un père allemand. Il eut brièvement un beau-père blanc américain qui rejeta plus tard les tentatives d'Arklöv de le contacter. À l'âge de trois ans, il est initialement adopté par un couple norvégien puis replacé plus tard au sein de sa famille en Suède à l'âge de sept ans et grandit en Laponie. On rapporte qu'Arklöv est l'unique enfant adopté de la ville et déclare avoir eu une certaine difficulté à s'intégrer pendant son enfance, étant à la fois harcelé et harcelant également les autres[4]. Arklöv déclare à la police avoir reçu un châtiment corporel, ce qui est illégal en Suède depuis 1979, de ses parents adoptifs de la première à la huitième année[4].

En tant que jeune garçon, Arklöv a apparemment eu une crise d'identité et essaya de frotter sa peau afin de la rendre blanche. En tant qu'enfant, il tenta aussi de "colorer" sa peau en blanc à l'école en utilisant de la farine[5]. Lors de son adolescence, il s'intéresse fortement au nazisme ainsi qu'à la seconde guerre mondiale. Il déclara plus tard être devenu nazi, parmi de nombreuses raisons, puisqu'il "était seul et empli de haine" et "s'identifia à ceux que l'on appelait les ratés" pendant la guerre, qu'il "se sentait lui-même comme étant un raté".

Guerre bosniaque

Arklöv participe volontairement à la guerre de Yougoslavie vers 1992 à l'âge de 19 ans comme mercenaire du côté croate. À cette époque, Arklöv est un nazi convaincu et désire "vivre la guerre". En lisant l'histoire, il étudia les Oustachis et l'État indépendant de Croatie fasciste et devint fasciné par leur réputation pour violence extrême. Au début, il quitte la Suède afin de rejoindre la Légion étrangère française mais entend qu'ils ne participaient à aucune guerre, alors, il poursuit son chemin jusqu'à atteindre la Yougoslavie où il s'engage au sein de l'Unité des forces spéciales Ludvig Pavlović. Il tient un journal de guerre qui n'a pas encore été rendu public mais dans lequel il note ses expériences. Il participe à des batailles lourdes et violentes et perpétue des crimes contre des civils dans les villages[6].

On ne sait pas grand-chose concernant le groupe, or, le journaliste suédois Magnus Sandelin rédigea un livre sur Arklöv intitulé Den svarte nazisten (Le nazi noir) détaillant son enfance et sa vie pendant la guerre. Sandelin est l'un des quelques reporters ayant été capables d'étudier certaines informations du journal de guerre et écrivit qu'Arklöv avait noté qu'il participa au "nettoyage" des villes, en lançant des grenades dans les maisons, puis en tirant à l'intérieur. Il écoutait souvent du metal extrême pendant les zones de combat ou lors de ces soi-disant missions. Il griffonna également des pages entières de svastikas et rédigea un court dictionnaire comprenant des insultes qu'il pourrait dire aux victimes[4],[7]. Une fois, il envoya un paquet à sa famille à Noël qui contenait la casquette d'un soldat assassiné. La mère d'Arklöv déclara qu'elle fut dégoûtée lorsqu'elle l'ouvrit[8].

Arklöv revient une fois en Suède pour une courte pause, et avoue avoir vécu des hallucinations semblables à des psychoses dues à la guerre. Il est documenté qu'une fois, il aperçu un chien noir dans sa chambre à la maison, en étant pleinement éveillé, et sa famille ainsi que ses amis chez qui il a dormi ont déclaré avoir entendu Arklöv avait des terreurs nocturnes, or, il retourna en Yougoslavie, dans son groupe, et continua sa vie en tant que mercenaire jusqu'à ce que le combat soit terminé[9].

Arklöv est arrêté peu de temps après la fin de la guerre, alors qu'il franchissait la frontière bosniaque tout en étant alcoolisé, et fut accusé de crimes de guerre, dont la torture de prisonnières bosniaques enceintes dans les camps de concentration de Gabela, Dretelj et Grabovina[5],[10]. Les crimes furent sévères et, parmi d'autres éléments, il força une femme à dire "Allahu akbar" avant de mettre son fusil dans sa bouche, fouetta les prisonniers avec une ceinture de la Waffen-SS, abusa et tortura des filles enceintes, ainsi qu'ayant battu de jeunes hommes et brisé leurs bras et leurs jambes[8]. Dans les camps, les prisonniers appelaient Arklöv "le diable noir" en raison de son uniforme fasciste noir ainsi que sa couleur de peau. Lorsque les civils, sous la torture, furent forcés de s'humilier par Arklöv mais ne lui obéissant pas, d'autres gardes interviendraient et diraient aux victimes de "faire ce qu'il dit, ou il vous tuera, il est totalement fou" et rirent[11]. Arklöv a été vu en train de discuter avec le commandant de camp Bosko Previsić (dit "Boko") avant et après les tortures. Certains détenus furent forcés d'écarter leurs doigts ou de tirer la langue alors qu'ils étaient au sol dans un abri de jardin, ils furent frappés violemment par des objets métalliques que la peau entre leurs doigts et leurs langues se fendraient. Arklöv rédigea dans son journal que rejoindre la milice croate était la réalisation de son "rêve fasciste" et que tuer des musulmans était "presque aussi bon qu'un orgasme"[5].

Après la guerre, il est condamné à treize années de prison par une cour bosniaque[9]. La cour changea plus tard la peine en huit années, prenant sa jeunesse en considération. Il passa une année au sein d'une prison bosniaque, mais retourna en Suède suite à un échange de prisonniers organisé par la Croix-Rouge suédoise. En Suède, il est placé en détention provisoire, or, après un certain temps, il est acquitté, faute de preuves[8].

Après la guerre et les meurtres de Malexander

Tandis qu'il est détenu en Suède, Arklöv reçut de nombreuses lettres d'un autre néonazi, Tony Olsson, ayant commencé une nouvelle organisation militante néonazi et impressionné par l'expérience de guerre d'Arklöv, voulait qu'il se joigne à lui. Arklöv répondit, et les deux devinrent amis. Après avoir été libérés, Arklöv et Olsson rencontrent les autres membres du groupe nouvellement créé, l'Armée républicaine nationaliste, parmi eux Andreas Axelsson et Mats Nilsson.

Sa vie privée de retour en Suède, après les expériences de guerre, Arklöv la décrivit comme un « état crépusculaire » cauchemardesque surréel avec les sentiments que son existence était en train de «s'effondrer» et qu'il était en train de vivre dans un "monde de fantômes, n'existant que comme une ombre, pleine de vide". Il souffrit d'hallucinations ainsi que de forts symptômes de trouble de stress post-traumatique. Dans la petite ville, les individus ont également eu connaissance d'Arklöv après que les médias aient parlé de sa vie de mercenaire. Il s'est battu dans un pub du coin lorsqu'un client provocateur dit : "regardez le mercenaire ici présent". Il fut également arrêté après avoir lancé une alerte à la bombe contre un concert gauchiste. Une ancienne amie déclara que la vie d'Arklöv paraissait ruinée, il visionnait des films de guerre sur VHS pendant des heures et il ne pouvait pas dormir ni vivre une vie normale, il eut également des épisodes de rage et d'anxiété. Il commença à faire du sport et était doué au sein de son équipe, mais son syndrome de stress post-traumatique et ses nouveaux contacts avec des néonazis criminels ont commencé à lui prendre de plus en plus de temps. Parmi les néonazis, il s'agissait essentiellement d'Olsson qui désirait qu'Arklöv rejoigne leur groupe d'amis, bien que la plupart des autres membres du groupe pensaient qu'il était "étrange qu'un homme noir et adopté traînait avec eux".

L'arrangement avec les nazis a donné lieu à une série de vols dans la province suédoise d'Östergötland en 1999, ayant pris fin le à Kisa où Arklöv, Axelsson et Olsson cambriolèrent la Banque individuelle d'Östgöta. Olsson attendait à l'extérieur de la banque armé d'un pistolet mitrailleur Uzi tandis qu'Arklöv et Axelsson pénétrèrent au sein même de la banque, défoncèrent une porte donnant sur les bureaux ainsi que les caisses enregistreuses et menacèrent les employés d'ouvrir les chambres fortes. Puisque la chambre forte était verrouillée, les voleurs furent forcés d'attendre une douzaine de minutes avant de quitter la banque avec une grande somme d'argent liquide. Ils empochèrent plus de deux millions de couronnes suédoises, mais tandis qu'ils s'évadaient, un policier, Kennet Eklund, les suivit dans sa voiture. Les cambrioleurs le remarquèrent et ouvrirent le feu, deux grenades furent lancées dans sa direction ainsi que contre sa voiture. Les deux grenades explosèrent mais Eklund s'en est sorti indemne alors que les braqueurs continuèrent de s'échapper. Environ une dizaine de minutes plus tard, deux policiers, Olle Borén et Robert Karlström, constatèrent le véhicule des cambrioleurs et les ont poursuivis dans leur propre voiture de police. Des coups de feu ont éclaté alors que les deux voitures s'étaient arrêtées et les deux policiers ont été abattus et exécutés avec leurs propres pistolets[12].

Arklöv et Olsson s'enfuirent, mais Axelsson avait été touché par une balle et avait été transporté à l'hôpital par une voiture arrêtée par Arklöv. Les hommes furent rapidement recherchées et une chasse à l'homme nationale démarra, ainsi que leurs identités publiées dans tous les journaux. Arklöv se rendit à Stockholm et rencontra deux femmes dans un centre commercial, qui témoignèrent plus tard qu'il s'était mal comporté et comme s'il était choqué. Le , Arklöv est abattu par la police à Tyresö, tandis qu'il marchait devant l'appartement de l'un des deux autres braqueurs, et arrêté puis placé en détention provisoire.

Procès

Lors du procès, Arklöv affirma être complètement innocent. Il déclara être resté à Stockholm pendant tout ce temps et n'a participé à aucun des vols ou des meurtres. Mais la preuve contre lui était forte. La police avait retrouvé ses empreintes sur un pistolet utilisé pendant le crime, et son ADN sur un masque ainsi que dans la voiture. Après cela, il avoua le braquage à Kisa, mais nia toujours avoir assassiné les policiers[13]. La cour ne pouvait pas prouver qui des trois braqueurs avait tiré les coups fatals, ainsi, ils furent tous trois condamnés à la prison à perpétuité pour meurtre, puisqu'il était clair que tous trois avaient participé et avaient tiré sur les deux policiers[13]. La sentence a été fait appel à la cour d'appel et Arklöv continua de nier qu'il n'avait rien à voir avec les meurtres. La cour d'appel donna la même condamnation, la prison à perpétuité pour tous les trois[14]. Arklöv avoua plus tard avoir tué les policiers et commis plusieurs crimes de guerre en Bosnie[14],[15].

Procès pour crimes de guerre en Yougoslavie 2006

En , le journaliste du Dagens Nyheter Maciej Zaremba publia un article critiquant fortement la clôture de l'affaire concernant les crimes de guerre d'Arklöv lorsque ce dernier a été renvoyé en Suède depuis la Bosnie, et il parvint aussi à trouver de nombreux témoins et victimes d'Arklöv du temps où il gardait des prisonniers dans des camps de concentration croates. Cette année-là, le procureur décida de rouvrir l'enquête, et en , il était clair qu'Arklöv serait poursuivi. Le procès s'ouvrit le , de nombreux témoins et victimes des crimes d'Arklöv furent entendus et interrogés. Les juges rendirent leur décision le et la cour jugea Arklöv coupable de séquestration, torture et agression sur 11 prisonniers de guerre musulmans bosniaques ainsi que des civils, de nettoyage ethnique, de pillage, ainsi que de détention arbitraire de personnes, des crimes protégés par le droit international. Il a été condamné à payer entre 70 000 et 425 000 couronnes suédoises (7 700 € à 47 000 € ; 10 100 $ à 62 000 $) aux 11 victimes.

En prison

Notes et références

Liens externes

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