Jacqueline Roumeguère-Eberhardt
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| Directrice de recherche au CNRS |
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| Nom de naissance |
Jacqueline Louisa Eberhardt |
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| Conjoint |
Pierre Roumeguère (d) |
Jacqueline Roumeguère-Eberhardt, née le à Elim dans la province du Transvaal, en Afrique du Sud et morte le à Nairobi au Kenya, est une anthropologue française. Elle a été directrice de recherche au CNRS spécialiste de l'Afrique.
Elle a mené des recherches pionnières en Afrique australe (chez les Venda, Lemba, Tsonga, Shonas, Lozi, Bushmen), en Centrafrique (chez les Gbaya) et au Kenya (chez les Maasai, Samburu, El Molo, Rendille et sur les hominidés non-identifiés), qui l'ont amenées à développer le projet de géographie totémique de l'Afrique. Au cours de sa carrière, elle a récolté de nombreux matériaux de terrain déposés au musée du quai Branly en 2011.
Archives
Jacqueline Eberhardt naît dans la province du Transvaal, actuelle province du Limpopo), dans une famille de missionnaires protestants suisses installés depuis la fin du XIXe siècle au nord Transvaal, elle grandit dans une ferme[1]. Elle fait ses études secondaires à la Pretoria High School for Girls.
À la puberté, elle est initiée chez les Tsonga en compagnie des enfants de sa nourrice, puis chez les princesses venda où elle reçoit une initiation ésotérique. Elle fait ses études à l’université de Johannesburg, où elle obtient un master. Elle devient présidente de l’Association des étudiants chrétiens et organise des cours du soir d’alphabétisation pour adultes africains. Elle se lie d’amitié, en lui apportant un soutien scolaire, à Eduardo Mondlane, le dirigeant du FRELIMO, luttant pour l’indépendance du Mozambique et mort dans un attentat en 1969. Mais son militantisme anti-apartheid lui vaut menaces et gardes à vue, et la contraint à quitter son pays pour la France en 1948.
Elle poursuit ses études à Paris, où elle s’inscrit en études doctorales à la faculté des lettres et à l'École des hautes études en sciences sociales, où elle suit les séminaires de Georges Gurvitch, Claude Levi-Strauss, Roger Bastide, Marcel Griaule, Maurice Merleau-Ponty. Après son doctorat, elle entre au CNRS en 1954.
Elle épouse Pierre Roumeguère (d)
rencontré en 1955, et, en 1960, ils séjournent en Afrique australe[2]. Ses écrits abordent le système de pensée des Bantous du Sud-Est, reposant sur une dialectique de complémentarité antagoniste, aux antipodes de la pensée cartésienne française. Ceci est publié en 1963 à l’invitation de Claude Levi-Strauss dans les « Cahiers de l’Homme ».
Ses recherches la conduisent ultérieurement à séjourner en Afrique du Sud, au Zimbabwe, en Zambie, au Botswana, en Centrafrique et au Kenya. Elle s’estime dans sa pensée africaine plus sociologue qu’ethnologue, et découvre les Maasai en 1966. Partie pour une mission de trois mois, elle reste dix ans.
En , elle enseigne l’histoire des religions à la Sorbonne. Elle s’intéresse en 1978 aux récits évoquant l’existence d’hominidés non identifiés dans les forêts du Kenya, suscitant le scepticisme de Richard Leakey et le soutien, lors d’un colloque, d’André Leroi-Gourhan. Elle écrit un récit autobiographique, intitulé Quand le python se déroule, en 1988, et elle reçoit en 1996 des mains des rois du Bénin la distinction de chef Majeobaje.
De 1985 à 1992 elle réalise pour la télévision des films sur les Maasai, et monte les films tournés dans les années soixante sur les cérémonies du Zimbabwe.
Elle écrit le chapitre consacré aux mythes et croyances de l’Afrique australe, dans l'Encyclopédie des mythes et croyances du monde entier des Éditions Lidis, en 1985.
Elle prend sa retraite académique, et poursuit des recherches sur un peuple monothéiste du nord du Kenya, les Rendille, restées inédites. Elle participe à la Conférence inter-traditions organisée à l'Unesco en 1997 en présence du Dalaï-lama, en organisant la venue d’hommes religieux d’Afrique. Elle obtient la présence du Chef suprême du vaudou du Bénin et d’un devin Rendille du Kenya, à ce séminaire qui se tient à Karma-Ling, en Savoie.
En 2004, elle retourne au Botswana, 45 ans après son expédition de 1959 à la recherche de la Cité perdue du Kalahari. En 2005, elle écrit « Mission terre terminée, quelle sera ma prochaine mission ? ». Elle meurt des suites d’une insuffisance cardiaque le .
- La bibliothèque personnelle de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt est déposée en 2011 à la Bibliothèque Éric de Dampierre du LESC (Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative, UMR 7186, CNRS, à la Maison René Ginouvès d'archéologie et d'ethnologie[3].
- Les archives papier, photo, sonores et vidéo ont été déposées en 2011 à la médiathèque du musée du quai Branly à Paris et ont été numérisées en 2012. Le détail de ce fonds privé est consultable sur les catalogues du musée : consulter l'inventaire des archives papier [4], explorer les photos et objets [5], écouter les enregistrements sonores [6], voir les films [7].