Jacques-Armand Cardon
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Cardon, de son vrai nom Jacques Armand Cardon, né le au Havre (Seine-Inférieure)[1] et mort le à Angers (Maine-et-Loire), est un dessinateur et caricaturiste français.
Alors qu'il est enfant, son père est fait prisonnier en 1940[2] et meurt en captivité en 1942[3]. Le jeune Jacques-Armand passe cette période dans le centre de la Bretagne et reste très marqué par les horreurs de la guerre[4].
Il connaît la reconstruction du port de Lorient et vit dans les baraquements du château de Soye[5], avant de travailler dans les arsenaux de la Marine à Lorient dès l'âge de 17 ans[3],[6]. Il effectue son service militaire à Toulon[3] et, en 1957, et s'inscrit à l’école des beaux-arts, où il étudie la lithographie[3] ; il pratique ensuite la gravure et la sculpture. Après son service militaire, il se marie, retourne vivre un temps à Lorient puis quitte la Bretagne pour Paris[3].
En 1961, il publie ses premiers dessins dans Bizarre aux éditions Jean-Jacques Pauvert[7],[6]. Sur recommandation de Pauvert, il rencontre l'équipe d'Hara-Kiri des débuts[4], composée de Cabu, Wolinski, Fred, Roland Topor, François Cavanna et le professeur Choron[8],[6]. Il se sent proche de Gébé, lui aussi issu de la classe ouvrière[4]. À partir de 1962, il collabore à Siné Massacre[7], France-Deux (il publie entre autres : Le crime paie bien), à L'Humanité et à la revue du SNESup, le Syndicat national de l'enseignement supérieur.
En 1968, il dessine pour L'Action, publie des dessins dans L'Enragé, avec Siné, Gébé, Wolinski[7] et Topor. De 1970 à 1978, il fait paraître des bandes dessinées dans Le fou parle[7], Charlie Hebdo, L'Écho des savanes, ainsi que des bandes dessinées politiques dans Politique Hebdo[7] – et dans L'Humanité-Dimanche[8] jusqu'en 1979.
Il participe régulièrement à l'émission Tac au Tac, produite par Jean Frapat. Il dessine pour un ballet de Paul-André Fortier à Montréal en 1981, écrit et réalise un dessin animé, court métrage de 7 minutes intitulé L'Empreinte, dont l'animation est dirigée par Henri Lacam[9] et qui reçoit le prix de la première œuvre au festival d'Annecy et est également sélectionné au festival de Cannes 1975[10]). En , il crée la revue Le Père Denis avec Kerleroux, Vazquez de Sola et Grandremy.
Collaborateur régulier au Monde et à partir de 1973 au Canard enchaîné[8],[6], Jacques-Armand Cardon devient l'un des dessinateurs de presse emblématique du journal satirique. Parallèlement, il expose ses dessins en France, en Allemagne et dans d'autres pays européens.
Ses dessins paraissent dans l'anthologie Planète, L’Humour noir, de Jacques Sternberg (1967) dans laquelle est éditée la série des chaises impossibles datant de 1962. Il crée La Condition humaine dans Satirix (1972) et Albin Michel publie en 1973 Ligne de fuite[3]. Son album La Véridique histoire des compteurs à air paraît aux éditions de La Courtille la même année [3]. En 1986, les éditions du Héron publient le recueil Comment crier et quoi. En 1995, il exécute des dessins pour Les Sursitaires d'Elias Canetti. Six ans plus tard, il dessine dans l'anthologie Tout l'humour du monde, aux éditions Glénat.
En 2002 paraît une monographie, Cardon, dessins, regroupant une sélection de sa production des trente dernières années, aux éditions du Héron[11].
En 2010 sort un album rétrospectif de 240 dessins, Cardon, vu de dos - trente ans de dessins plus que politiques aux éditions L'Échappée[7]. Cet ouvrage montre ses personnages silencieux, vus de dos mais néanmoins reconnaissables ; ses dessins emploient rarement les phylactères. L'ouvrage reçoit un accueil critique positif dans L'Est républicain[7] et Le Point[12].
En 2015, Cardon, qui a grandi dans la cité de Soye, reçoit la médaille de la ville de Ploemeur, qui lui décerne aussi le titre de citoyen d'honneur[5] ; l'artiste est l'un des présidents d'honneur de l'association Mémoire de Soye[5].
En 2020 sort Cathédrale Cardon, dernier ouvrage et condensé de toute sa carrière de dessinateur[4],[13]. Deux ans après, sort Ras le bol, compilation de planches faites pour l'Humanité Dimanche et Politique Hebdo de 1970 à 1976[14]. L'album est dans la sélection du prix du patrimoine au festival 2023 de la BD d'Angoulême[15].
Il est installé en Anjou depuis le début des années 2000[3], où il meurt à l'âge de 89 ans le [16],[17]. Il est inhumé au cimetière Sainte-Marie au Havre[18].