Jacques Drake del Castillo
homme politique français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Jacques Drake del Castillo, né le à Paris et mort le à Paris, est un homme politique, viticulteur et collectionneur d'œuvres d'art français.
27 avril 1902
| Jacques Drake del Castillo | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (12 ans, 7 mois et 16 jours) |
|
| Élection | 3 septembre 1893 |
| Réélection | 22 mai 1898 27 avril 1902 |
| Circonscription | Indre-et-Loire |
| Législature | VIe, VIIe et VIIIe (Troisième République) |
| Groupe politique | Républicains progressistes |
| Prédécesseur | Louis-Virgile-Raoul du Saussay |
| Successeur | René Besnard |
| Conseiller général d'Indre-et-Loire | |
| – (35 ans) |
|
| Circonscription | Canton de Montbazon |
| Prédécesseur | Gustave Charpentier |
| Maire de Monts | |
| – (20 ans, 2 mois et 27 jours) |
|
| Prédécesseur | Joseph Léon Delaville Le Roulx |
| Successeur | Achille Rahard |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Santiago Drake del Castillo |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Ancien 1er arrondissement de Paris |
| Date de décès | 1er (à 63 ans) |
| Lieu de décès | 8e arrondissement de Paris |
| Résidence | Indre-et-Loire |
|
|
|
| modifier |
|
Héritier, à l'âge de seize ans, du domaine de Candé à Monts, commune française d'Indre-et-Loire, il le met en valeur dès sa majorité, développant et modernisant la culture de la vigne. Il fait en outre profiter l'ensemble des viticulteurs tourangeaux de ses expériences, contribuant ainsi à sauver le vignoble départemental après les crises sanitaires (mildiou et phylloxéra) des années 1880. Républicain modéré puis progressiste, il s'engage également en politique dès l'âge de 25 ans : maire de Monts, conseiller général et député d'Indre-et-Loire.
Biographie
Homme discret sur sa vie privée
Fils de Santiago Drake del Castillo et de Rosalie Charlotte Claire Spitz, Jacques Drake del Castillo descend d'une famille de riches planteurs de canne à sucre anglo-espagnols installés à Cuba ; son père possède le château de Candé, son frère Emmanuel est un célèbre botaniste[1]. Il poursuit des études de droit à Paris où il obtient une licence[2]. Jacques Drake reste très discret sur sa vie privée ; c'est à l'occasion de son mariage en 1901 à Saint-Jean-de-Braye — il y est propriétaire du château de Bionne — qu'il reconnaît les deux enfants qu'il a eus de sa compagne Élise Juliette Smerche en 1886 et 1888[3].
Châtelain et esprit éclairé

Héritier du château de Candé à la mort de son père en 1871, il opte pour la nationalité française à sa majorité, le [4],[Note 1]. Il est membre de plusieurs sociétés savantes, la Société archéologique de Touraine et la Société d'économie politique. En 1893, il ouvre à Tours Le Fourneau économique, un restaurant à bon marché où le prix du repas ne prend en compte que le coût des denrées utilisées. Ce restaurant, qui accueille parfois plus de 300 clients par jour et qui dispose également d'un bureau de placement[6], ferme en 1906, peu de temps après la défaite de Drake aux législatives[7].
Il s'implique également dans la vie culturelle : il est président de la Société des amis des arts — il y côtoie Alfred Mame, Eugène Goüin ou Jacques-Xavier Carré de Busserolle —[8] et membre de la Société archéologique de Touraine[9]. Amateur d'art, il possède plusieurs toiles de Claude Monet, dont il est l'ami[10], d'Edgar Degas[11] et d'Alfred Sisley[12].
À Candé, il poursuit termine l’œuvre de reconstruction engagée par son père sur le château lui-même, réaménageant également certaines dépendances ainsi que le parc.
Viticulteur novateur
Il s'occupe dès sa majorité de la gestion de son domaine, jusque là assurée par son tuteur, et notamment de l'exploitation du vignoble d'une soixantaine d'hectares sur les communes de Monts et Joué-lès-Tours[13]. Toutefois, l'invasion du phylloxéra, signalé en Touraine en 1882 mais probablement présent dès 1875[14] et les premières attaques importantes du mildiou de la vigne en 1886 risquent de réduire à néant ses efforts. Il lutte contre le premier par le greffage des cépages français sur des porte-greffes résistants — vers 1886, il introduit sur son domaine le porte greffe de la vigne Riparia Gloire de Montpellier, créé quelques années auparavant dans l'Hérault et résistant au phylloxéra[15] — et contre le second par des pulvérisations de bouillie bordelaise. Il vulgarise ces techniques auprès des viticulteurs du département[Note 2] et, en tant qu'élu, milite pour que l'importation de ces plants américains, jusque là interdite, soit autorisée. À ce titre, il est l'un des promoteurs de la reconstitution des vignobles de Touraine.
Drake del Castillo est fondateur et vice-président du syndicat viticole de Montbazon, vice-président du syndicat des agriculteurs d'Indre-et-Loire.
Personnage politique

Se lançant dans la politique sous le simple patronyme de « Drake », il est élu maire de la commune de Monts le et conseiller général du canton de Montbazon en 1883. De 1900 à 1904, il cède provisoirement son fauteuil de maire de Monts car il siège alors au conseil municipal de Tours[16] ; il est remplacé par Achille Rahard, un ami à qui il a vendu un des moulins qu'il possédait[17]. Se définissant comme un républicain modéré, il se présente en 1889 aux élections législatives, mais échoue face au boulangiste Louis-Virgile-Raoul du Saussay[18]. Il est élu député d'Indre-et-Loire au renouvellement de 1893, cette fois sous la bannière des républicains progressistes, battant ainsi le candidat sortant ; il obtient sa réélection en 1898 — il est vice-président de l'Assemblée nationale en 1898-1899[10] — face au maire de Tours Eugène Pic-Paris puis en 1902 où il l'emporte dès le premier tour sur le même adversaire. En 1906, il est battu par le radical socialiste René Besnard[19], préférant retirer sa candidature à l'issue du premier tour. Il tente à nouveau de reconquérir son siège en 1910 face au même adversaire qu'en 1906, sans plus de succès, même s'il se maintient au second tour. Sa dernière tentative, en 1914, est elle aussi un échec : il est battu par Ferdinand Morin (SFIO)[20].

Il publie dans la Revue politique et parlementaire. Il affiche clairement ses opinions anti-dreyfusardes, s'opposant en 1906 à la révision du procès et protestant, en 1908, contre l'entrée d'Émile Zola au Panthéon[20].
À sa mort le [21], il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, mais son corps rejoint ensuite la chapelle funéraire familiale dans le cimetière de Monts, appelé aujourd'hui « vieux cimetière ». Son fils Jean hérite des biens paternels, dont le château de Candé[22] ; il remplace son père à la mairie de Monts et au conseil général mais ne se présente pas à la députation[23].