Jacques Millets-Déruisseaux
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Jacques Millets-Déruisseaux appartient à une famille de maîtres maçons de Rouen dont il est fait souvent mention dans les comptes des paroisses et les délibérations de la ville de Rouen. Un Antoine Millets, dit « des Ruisseaux », est cité en 1670 dans les comptes de l'église Saint-Michel. C'est un membre de la famille que l'on peut suivre dans les registres des paroisses de Saint-Vigor et de Saint-Vincent de Rouen.

Église Saint-Vivien de Rouen
Jacques Millets-Déruisseaux est élu garde de la communauté des peintres-sculpteurs de Rouen le . Il travaille en 1698 sur le jubé de la cathédrale de Rouen, détruit en 1884[2] à la demande du cardinal Henri de Bonnechose pour dégager le chœur. Sa réputation s'est établie après la réalisation du retable du grand autel de l'église des Cordeliers, consacré le par l'évêque de Bethléem. Il représente l’Agonie du Christ. La description de la contretable dans son état originel est faite dans Histoire de Rouen de François Farin[3] et rappelée dans l'article de Léon de Vesly, p. 157. À la fermeture de l'église du couvent des cordeliers en 1791, le département décide de transférer le groupe de l’Agonie du Christ dans l'église Saint-Vivien de Rouen. Ce transfert est confié au sculpteur Marin-Nicolas Jadoulle[4].
L'admiration de cette œuvre ont amené les curés et les marguilliers des paroisses à consulter Millets-Déruisseaux. En 1701, il donne un dessin pour la chapelle Saint-Jean de la paroisse Saint-Herbland et, en 1702, il dresse un devis pour des travaux d'architecture, de sculpture et de peinture pour les chapelles de l'église Saint-Herbland. En 1708, il fait des travaux dans l'église Notre-Dame-de-la-Ronde, en 1712, il fait un marché pour une contretable dans la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Denis. En 1717, il répare et réédifie l'église Saint-Vigor et en 1720, il fait un marché pour le sanctuaire et la croix du cimetière. Il est également chargé du pavage. Charles de Beaurepaire attribue à Millets-Déruisseaux la réalisation de la contretable du maître-autel du prieuré Saint-Lô construite en 1700. Il est consulté par le supérieur des Pères de l'Oratoire. En 1720, les habitants de Saint-Saëns lui commandent le maître-autel de l'église[5],[6]. Il est consacré par l'évêque de Waterford le .
Jacques Millets-Déruisseaux est le trésorier de la paroisse Saint-Laurent entre 1711 et 1718. Son fils, Jacques-Antoine Millet-Déruisseaux, âgé de 17 ans environ, est inhumé dans la chapelle de la Vierge le [7]. Il est payé pour le retable dans l'église Saint-Laurent entre 1714 et 1718 dont il a donné le devis dans les comtes de 1717. Il intervient sur ce retable comme architecte, sculpteur et entrepreneur général. Il est payé pour ce retable 9 440 livres[8].
Il intervient dans des différends sur des travaux et comme expert. En 1714, il intervient pour vérifier la stabilité d'un des piliers de l'église Saint-Étienne-des-Tonneliers. En 1718-1719, il est désigné pour visiter les travaux d'un nouveau bâtiment élevé pour la fabrique Saint-Vivien. En 1721-1722, il est choisi avec le charpentier Joseph Couture pour visiter l'église Saint-Maclou qui avait souffert des ouragans de 1663 et 1706. Il intervient comme expert à la suite de l'effondrement de l'écurie de l'hôtel du président du parlement de Normandie en .
En 1723, il est trésorier de la paroisse Saint-Nicaise de Rouen[9]. Jacques Millets-Déruisseaux meurt le . Il est inhumé dans l'église Saint-Nicaise le .
Notes et références
- ↑ Jacques Millets-Déruisseaux a 44 ans en 1705 dans l'article de Léon de Vesly, p. 170.
- ↑ Pierre Chirol, « Le jubé de la cathédrale au musée de peinture », Journal de Rouen, , p. 5.
- ↑ François Farin, Histoire de Rouen, t. 2, Rouen, Louis du Souillet, (lire en ligne), p. 6e partie, p. 53-54
- ↑ Vesly, 1905, p. 159
- ↑ Abbé Cochet, « Notice historique et archéologique sur l'abbaye de St.-Saëns (Seine-Inférieure) », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, , p. 451 (lire en ligne)
- ↑ Vesly, 1905, p. 168, planche III
- ↑ Vesly, 1905, p. 163
- ↑ Vesly, 1905, p. 165-166
- ↑ Vesly, 1905, p. 171
Annexes
Bibliographie
- Charles de Beaurepaire, « Note sur la contre-table et sur la chaire de Saint-Vivien », Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure, t. 5, 1879-1881, p. 11-17 (lire en ligne)
- Léon de Vesly, « Jacques Millets-Déruisseaux, architecte et sculpteur rouennais du commencement du XVIIe siècle », Bulletin de la Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure, , p. 153-184 (lire en ligne)