Jacques Poulin
écrivain québécois
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Jacques Poulin, né le à Saint-Gédéon-de-Beauce et mort le à Québec, est un romancier québécois.
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Prix du Gouverneur général : romans et nouvelles de langue française (Les Grandes Marées) () Liste détaillée Prix du Gouverneur général : romans et nouvelles de langue française (Les Grandes Marées) () Prix littéraire Canada-Communauté française de Belgique () Prix Québec-Paris () Prix Athanase-David () Prix Molson () |
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Jimmy (d), Le Cœur de la baleine bleue, Les Grandes Marées, Volkswagen Blues, Le Vieux Chagrin (d) |
Biographie
Né le à Saint-Gédéon-de-Beauce au Québec, Jacques Poulin obtient son baccalauréat aux séminaires de Saint-Georges et de Nicolet[1], et après il étudie à l'Université Laval, premièrement la psychologie (1960) et ensuite les lettres (1964). Après sa formation, il travaille comme traducteur avant de déménager à Paris dans les années 1980, cependant il passe les dernières années de sa vie au Québec[1], à l'île d'Orléans[2].
Poulin a signé 14 romans. Ses romans ont été publiés d'abord par les Éditions du Jour[3], et ensuite surtout par Leméac au Québec[4] et Actes Sud en France[5].
Il publie ses deux premiers romans dans les années 1960 : Mon cheval pour un royaume en 1967[1], puis Jimmy en 1969[6], dont le personnage principal est l'un des plus beaux de la littérature québécoise aux dires de Michel Tremblay[7]. Selon Poulin, il commence Mon cheval pour un royaume presque immédiatement après ses études. Il précise que l'écriture de ce premier roman lui a pris deux ans et qu'il envoyait chaque chapitre à Réginald Martel pour obtenir ses conseils[8].
Son cinquième roman, Les Grandes Marées, lui vaut le Prix du Gouverneur général 1978.
Volkswagen Blues (1984), un récit aux allures de road-movie, voit ses personnages parcourir l'Amérique depuis le Québec jusqu'à la Californie. Poulin a expliqué qu'il a fait le trajet plusieurs fois et qu'il a visité San Francisco pendant l'écriture du roman pour acquérir des connaissances qui l'auront aidé à rédiger les derniers chapitres[8].
Publié en 1989, son roman Le Vieux Chagrin, qui raconte la solitude assumée et les douces passions d'un écrivain habitant une vieille maison sur les rives du fleuve Saint-Laurent, remporte le Prix Québec-Paris 1989, le Prix Molson du roman 1990 et le Prix Jean-Hamelin 1991. Selon Jean Désy, c'est un « des romans les plus émouvants de la littérature québécoise »[9]. Poulin a déclaré avoir passé cinq ans à l'écrire[8].
Jacques Poulin meurt à Québec le à l'âge de 87 ans[10],[11].
Style
Le style de l'auteur est d'une simplicité très efficace, grâce notamment à cette « petite musique » si particulière qui fait de lui l'un des auteurs majeurs du Québec. Paul-André Bourque a écrit à son sujet dans Lettres québécoises : « D'un roman à l'autre, ce ne sont pas tellement les péripéties vécues par les personnages qui intéressent le lecteur, mais bien plutôt le voyage intérieur du narrateur, son introspection, sa réflexion sur lui-même et sur la vie, sur son rapport à l'autre, fût-ce l'un ou l'autre des chats qui peuplent cet univers romanesque. »
Influences
Son œuvre est profondément marquée par l’influence des écrivains américains, en particulier par Ernest Hemingway[12], J. D. Salinger et John Steinbeck[13]. Il reconnait leur influence et affirme que l'écriture de ces auteurs est plus concrète, plus simple et plus sobre, surtout en comparaison de la littérature française[8]. À son avis, ce sont les écrivains québécois qui ont la possibilité de réunir les styles français et américain.
Symboles
Les symboles sont très importants dans son œuvre : selon Caroline Montpetit du journal Le Devoir, les chats « symbolisent la sexualité »[14]. Le minibus Volkswagen est quant à lui « le symbole de la résistance au nivellement imposé par la machine, ainsi que de l'existence d'une Amérique qui serait l'inverse de la société industrielle »[15] d'après Jonathan M. Weiss.
Endroits
Les récits de Jacques Poulin se déroulent généralement au Québec et c'est avec Volkswagen Blues que l'écrivain traverse la frontière pour la première fois[14],[15]. Pour lui, il est important d'écrire sur les endroits que l'on connaît le mieux[8]. Ainsi, il explore souvent des thématiques de la vie québécoise. La traduction et la situation de la langue française en Amérique apparaissent comme des thèmes récurrents surtout dans Les Grandes Marées, La traduction est une histoire d’amour, Volkswagen Blues, L’anglais n’est pas une langue magique, et L’Homme de la Saskatchewan[16]. Pamela Sing a relevé qu'il a aussi abordé le sujet des Métis dans Volkswagen Blues et L'Homme de la Saskatchewan par l'entremise des personnages La Grande Sauterelle et le gardien de but Isidore[17]. Ces deux thèmes passent au second plan dans Le Vieux Chagrin et La Tournée d'automne qui évoquent surtout le plaisir de l'écriture ou de la lecture quand la vie quotidienne, immergée dans la nature, rend la communication avec autrui aussi rare que précieuse.
Personnages
Jean Morency a avancé l'idée que les romans de Poulin constituent « le cycle de Jack Waterman »[16]. Il a fait remarquer que les mêmes personnages réapparaissent dans les histoires : Jack Waterman est au cœur de Volkswagen Blues et revient dans Chat Sauvage et Les Yeux bleus de Mistassini ; son frère aîné, Théo, est le personnage principal de Faites de beaux rêves et l'objet de la quête de Waterman dans Volkswagen Blues ; son petit frère, Francis, est un des protagonistes dans L’anglais n’est pas une langue magique et L’homme de la Saskatchewan. Par ailleurs, en parlant du roman Les Grandes Marées, Morency a soutenu que le personnage de l'Auteur « annonce de façon ironique, distanciée, le projet esthétique de Poulin, celui d’écrire le « grand roman de l’Amérique » ». Selon ce spécialiste, ce serait Poulin lui-même qui a écrit « le grand roman franco-américain » : Volkswagen Blues. Morency a aussi souligné que le protagoniste de Les Grandes Marées, Teddy Bear, de même que l'écrivain de Le Vieux Chagrin ressemblent à Jack Waterman.
Certains journalistes se sont demandé si le personnage de Jack Waterman est autobiographique[18],[19] ; Poulin a expliqué que, même s'il y a des similitudes, en ce qui concerne les goûts par exemple, il y a aussi « un décalage » entre les deux écrivains[2]. Néanmoins, il a fait cet aveu : « j'ai donné instinctivement au personnage principal mon âge, mes goûts et un travail semblable au mien ... le personnage a vieilli en même temps que moi »[8].
Le travail d'écriture
À propos de la rédaction de romans, Poulin a dit : « J’aime la dernière partie, qui est celle des corrections, parce qu’on n’a pas le stress de l’invention. Le travail où on prend chaque phrase et on regarde si elle pourrait être écrite différemment. On change un mot pour un autre parce qu’il pourrait être plus précis. Ça, c’est agréable. Tandis que la première partie, tu ne peux pas faire ça jusqu’à 90 ans, ça demande un effort physique. En plus, je travaille debout, ça me fatigue beaucoup[20].»
Concernant la narration, il a expliqué que le choix de l'emploi du « je » ou du « il » est un « cauchemar » ; ainsi, souvent, il commence à écrire en utilisant le « je » et passe au « il » pendant l'étape des corrections[8].
Œuvre
Romans
- Mon cheval pour un royaume, Éditions du Jour, 1967; Leméac, 1987
- traduit en anglais par Sheila Fischman: My Horse for a Kingdom, dans la trilogie Jimmy, Anansi[21], 1979
- Jimmy, Éditions du Jour, 1969; Leméac, 1978
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Jimmy, dans la trilogie Jimmy, Anansi, 1979
- Le Cœur de la baleine bleue, Éditions du Jour, 1970 ; Leméac, 1987
- traduit en anglais par Sheila Fischman: The Heart of the Blue Whale, dans la trilogie Jimmy, Anansi, 1979.
- Faites de beaux rêves, L’Actuelle, 1974 ; Leméac, 1988
- Les Grandes Marées, Leméac, 1978
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Spring Tides, Anansi, 1986, aussi traduit en tchèque.
- Volkswagen Blues, Québec/Amérique, 1984; Leméac/Actes Sud, 1998
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Volkswagen Blues, McClelland & Stewart, 1988; Cormorant Books, 2002; aussi traduit en tchèque, italien, espagnol, néerlandais et en arabe
- Le Vieux Chagrin, Leméac/Actes Sud, 1989
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Mr. Blue, Vehicule Press, 1993
- La Tournée d'automne, Leméac, 1993
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Autumn Rounds, Cormorant Books, 2002
- Chat sauvage, Leméac/Actes Sud, 1998
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Wild Cat, Cormorant Books, 2003
- Les Yeux bleus de Mistassini, Leméac, 2002
- traduit en anglais par Sheila Fischman: My Sister's Blue Eyes, Cormorant Books, 2007
- La traduction est une histoire d'amour, Leméac, 2006
- traduit en anglais par Sheila Fischman: Translation Is a Love Affair, Archipelago Books, 2009
- L'anglais n'est pas une langue magique, Leméac, 2009
- traduit en anglais par Sheila Fischman: English is Not a Magic Language, Esplanade Books, 2016
- L'Homme de la Saskatchewan, Leméac, 2011
- Un jukebox dans la tête, Leméac, 2015
Distinctions
- 1974 - Prix littéraire de La Presse
- 1978 - Prix du Gouverneur général pour Les Grandes Marées
- 1984 - Prix Canada-Belgique pour Volkswagen blues
- 1989 - Prix Québec-Paris pour Le Vieux Chagrin
- 1990 - Prix Molson du roman pour Le Vieux Chagrin
- 1991 - Prix Jean-Hamelin pour Le Vieux Chagrin
- 1995 - Prix Athanase-David, récompense décernée à un artiste par le gouvernement du Québec pour l'ensemble de son œuvre
- 2003 - Prix littéraire ville de Québec / Salon international du livre de Québec
- 2003 - Prix littéraire des collégiens pour Les Yeux bleus de Mistassini
- 2007 - Finaliste pour le Prix littéraire des collégiens pour La traduction est une histoire d'amour[22],[23]
- 2008 - Prix Gilles-Corbeil de la Fondation Émile-Nelligan[14],[24]