Jambe de bois

From Wikipedia, the free encyclopedia

Jambe de bois du général Józef Sowiński (1777-1831).

Une jambe de bois est une prothèse en bois adaptée au genou, pour remplacer une jambe amputée. On parlait aussi de jambe de fer ou de pilon[1].

Moniteur dans une école française pour handicapés (1918).

La jambe artificielle la plus ancienne découverte jusqu'à présent provenait de Capoue, en Italie[2]. Fabriquée en bois et ornée de bronze, cette jambe date de 300 av. J.-C. et a été découverte avec le squelette d'un homme ; elle lui servait de prothèse de jambe droite[3].

Les jambes de bois rudimentaires, de petits poteaux coniques sur lesquels les amputés pouvaient poser leurs moignons, étaient utilisées depuis des siècles et restaient les substituts les plus courants[4]. On retrouve les premières mentions écrites chez Hérodote, datant d’environ 484-425 av. J.-C. relatant l'histoire d'Hégésistratus qui capturé par les Lacédémoniens s'automutile lors de l'évasion et se retrouve obligé à porter une jambe de bois. Par la suite, vers 416-417 ap. J.-C., la même histoire sera reprise par Plutarque[5],[6].

Deux capitaines célèbres portaient une jambe de bois. Le premier est François Le Clerc, un corsaire français qui traquait les galions espagnols chargés de trésors et incendiait les villages le long des côtes espagnoles. Il mourut en 1563. Le second est le Néerlandais Cornelis Jol qui avant de devenir pirate était amiral de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Il mourut en 1641[7].

Jambe artificielle, en tilleul et cuir, de type « Anglesey » est initialement conçue par le fabricant londonien de prothèses James Potts en 1800 et popularisé par le marquis d'Anglesey qui perdit sa jambe lors de la bataille de Waterloo en 1815[8],[9]. Malgré son caractère d'innovation majeure, la diffusion de la prothèse d'Anglesey fut limitée par son coût élevé. Avant 1830, les fabricants de prothèses sont rares. Après la mort de Potts, son modèle fut reproduit et rendu légèrement plus abordable des deux côtés de l'Atlantique, d'abord par deux de ses apprentis, Frederick Gray et William Selpho, puis par leurs imitateurs, concurrents et protégés entrepreneurs. Ce n'est toutefois qu'avec la guerre de Sécession que ces prothèses sophistiquées deviennent plus largement accessibles[4].

En 1846, l'inventeur américain B. Frank Palmer, amputé depuis l'enfance, conçoit sa propre prothèse de jambe. La prothèse Palmer était calquée sur une jambe réelle, y compris l'articulation complexe du genou réalisée grâce à l'ajout d'un ressort et un tendon artificiel. Ce modèle permettait à l'amputé de marcher plus naturellement que son prédécesseur, la jambe de bois[1],[10]. Palmer a remporté le premier prix à l'Exposition internationale de 1851 à Londres pour sa jambe artificielle[4].

En XIXe siècle, la quasi-totalité des hommes de la classe ouvrière privilégient la cuissarde avec jambe de bois à un appareillage plus complexe, car elle leur offre un appui ferme en position debout et en marche, et surtout en raison de son extrême simplicité. Ses principaux inconvénients sont les tiraillements douloureux et l’irritation du bassin causée par la ceinture abdominale, la gêne importante due à la rigidité de la jambe de bois et l’insuffisance de la base d’appui[11].

Camille Myops présente à l'exposition de 1867 une armure de cuisse très ingénieuse avec une jambe de bois, qui sera décrite dans le livre de Gurlt, publié à Berlin en 1868. La cuisse de cette prothèse est composée d'une coque très fine en bois de tilleul, présentant à son extrémité supérieure deux cavités destinées à accueillir la fesse et le périnée. Sa semelle adhère toujours parfaitement au sol sur toute sa surface augmentant ainsi la stabilité à la marche[11].

Dans la culture populaire

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI