James Comey
avocat américain
From Wikipedia, the free encyclopedia
James Brien Comey, né le à Yonkers (État de New York), est un avocat américain, directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI) du au .
| Directeur du Federal Bureau of Investigation | |
|---|---|
| - | |
| Procureur général adjoint des États-Unis | |
| - | |
| Procureur des États-Unis pour le district sud de New York (en) | |
| - | |
David N. Kelley (en) |
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
James Brien Comey, Jr. |
| Nom de naissance |
James Brien Comey Jr. |
| Nationalité | |
| Formation |
Collège de William et Mary Faculté de droit de l'université de Chicago (Juris Doctor) Northern Highlands Regional High School (en) |
| Activités | |
| Enfant |
Maurene Comey (en) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Parti politique |
Parti républicain (jusqu'en ) |
Biographie
Jeunesse et études
Le père de James Comey travaillait dans l'armée et son grand-père était policier. Il a un frère. Il se destine initialement à être docteur mais, à l'âge de 16 ans, lui et son frère sont menacés d'une arme sur la tête par un violeur et tueur en série. Ce dernier était à la recherche de leur sœur qui n'était alors pas à leur domicile. Réussissant à convaincre leur agresseur de les enfermer dans la salle de bain, ils parviennent à en sortir avant d'être de nouveau capturés. L'intervention d'un voisin leur permet de se protéger en se barricadant dans leur domicile tandis que l'agresseur prend la fuite avant l'arrivée des policiers[1]. Cet événement pousse James à entreprendre des études pour intégrer les forces de l'ordre[2].
Il fait ses études universitaires au collège de William et Mary et à l'University of Chicago Law School.
Carrière
Il sert en tant que procureur général adjoint des États-Unis de à dans l'administration de George W. Bush. En 2004, alors que le procureur général John Ashcroft est hospitalisé, Comey s'oppose au programme de surveillance de la NSA poussé par la Maison-Blanche[3], tout comme le directeur du FBI Robert Mueller qui menace de démissionner[4]. En , il quitte le département de la Justice et devient avocat général et vice-président sénior de Lockheed Martin. En 2010, il devient l'avocat général de Bridgewater Associates. Au début de l'année 2013, il quitte Bridgewater pour travailler pour la Columbia Law School. Il fait aussi partie du conseil d'administration de la banque HSBC jusqu'en .
En , succédant à Robert Mueller, il est nommé directeur du Federal Bureau of Investigation par le président américain Barack Obama.
En juilllet 2016, concernant l'enquête concernant les courriels privés d'Hillary Clinton, il recommande de ne pas la poursuivre, la qualifiant néanmoins d'« extrêmement négligente ». L'affaire est d'autant plus ironique que James Comey a lui-même utilisé une adresse personnelle pour traiter certaines affaires du FBI[3]. Puis, quelques jours avant l'élection presidentielle américaine dans laquelle la candidate démocrate est jugée favorite, il annonce la réouverture du dossier ; enfin, une semaine après, il déclare qu'il n'y a finalement aucun élément nouveau[3]. Cette annonce est considérée pour beaucoup comme l'une des principales causes de la défaite de la candidate. La gestion controversée de l’affaire par Comey lui vaut la une des journaux[3]. Lui-même devant le Sénat se dit « nauséeux » à l'idée qu'il aurait influencé le scrutin[5]. Un rapport officiel de 2018 le blanchit quant à son impartialité mais critique ses méthodes, il y est noté que James Comey a alors commis « une grave erreur de jugement » et aurait dû au contraire s’abstenir d’envoyer une lettre si retentissante peu avant le scrutin présidentiel[3].
Démêlés avec Donald Trump
Il est limogé avec effet immédiat le par le président Donald Trump alors qu'il dirigeait l'enquête sur les liens éventuels entre l'équipe de campagne de l'ex-candidat républicain et la Russie[6]. Donald Trump justifie cette décision par la recommandation du ministre de la Justice[7] Jeff Sessions fondée par le mémorandum de son adjoint Rod Rosenstein, qui entre autres relève que Comey « a commis une faute en usurpant l'autorité du ministre de la Justice le , par l'annonce de sa conclusion, que le dossier [des courriels d'Hillary Clinton] devait être clos sans poursuite »[7],[8],[9]. Plusieurs hommes politiques, tant dans le camp démocrate que républicain, font part de leur étonnement et de leur désapprobation à l'annonce de la nouvelle qui prend Washington et Comey par surprise[10]. Ce limogeage impose la nomination d'un procureur spécial pour reprendre l'enquête sur la campagne de 2016 et l'ingérence russe : c'est l'ancien directeur du FBI Robert Mueller qui est nommé à ce poste le [11].
Après son limogeage, Comey témoigne le , devant la Commission judiciaire du Sénat, présentant notamment les mémorandums qu'il a rédigé sur ses entretiens en tête-à-tête avec Donald Trump, dont l'existence a été rendue publique le de la meme année. Il déclare « avoir considéré ces entretiens comme une tentative de déstabiliser l'enquête du FBI sur une possible collusion entre l'entourage du candidat républicain à la présidentielle de 2016 et la Russie ». En réaction, les avocats de Donald Trump annoncent qu'ils vont porter plainte auprès du département de la Justice des États-Unis pour divulgation d'informations confidentielles[12]. Durant une conférence de presse Donald Trump l'accuse « d'avoir menti lors de son audition devant le congrès » et se dit prêt à contredire le témoignage de James Comey sous serment[13].
Dans ses mémoires publiés en (Mensonges et Vérités paru en français aux éditions Flammarion), il décrit Donald Trump comme étant un « menteur invétéré » au comportement « mafieux »[14]. Son livre est adapté en une minisérie télévisée, intitulée The Comey Rule, réalisée par Billy Ray et diffusée avant la fin de l'élection présidentielle américaine de 2020[15]. Son rôle est interprété par Jeff Daniels.
Acte d'accusation fédéral
En , il est inculpé par le ministère de la Justice pour entrave à la justice et fausses déclarations[3]. Selon The New York Times, il s'agit d'une décision politique car elle a été prise par une procureure en fonction depuis très peu de temps, partisane fidèle de Donald Trump. Les faits reprochés à James Comey sont prescrits à partir du , amenant le président américain à demander sur Truth Social à Pam Bondi son inculpation rapide[16].
Le , un juge met un terme aux poursuites, après avoir estimé que la nomination de la procureure par intérim qui les avait lancés était invalide, la privant donc de l'autorité légale pour entamer des poursuites[17]. Le département de la Justice fait toutefois appel de ce jugement[18].
En , le département de la Justice confirme son intention d'essayer d'inculper Comey de nouveau après l'arrêt des premières poursuites[19]. Cette tentative est toutefois compliquée par deux jugements des et , par lesquels le département de la Justice est privé d'accéder à plusieurs éléments de preuve, après qu'il a été établi qu'ils avaient été obtenus de manière anticonstitutionnelle[20],[21].