Jardin en mouvement
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Le jardin en mouvement est un concept créé par le paysagiste français Gilles Clément pour désigner à la fois un type de jardin où les espèces végétales peuvent se développer librement et, plus généralement, une philosophie du jardin qui redéfinit le rôle du jardinier, en accordant une place centrale à l'observation, et qui repose sur l'idée de coopération avec la nature.
Gilles Clément a d'abord élaboré cette approche de manière expérimentale à partir de 1977 dans son propre jardin, La Vallée, dans la Creuse[1]. Il l'a décrit pour la première fois dans un article paru en 1985 sous le titre « La friche apprivoisée[2] », puis l'a exposé dans son livre Le Jardin en mouvement, publié en 1991 et plusieurs fois réédité[3].
Le concept de jardin en mouvement s'inspire de la friche : un terrain non entretenu est rapidement colonisé par de nombreuses plantes. Cette dynamique naturelle complexe, reposant sur de multiples interactions, peut être mise à profit pour composer un espace en perpétuelle évolution. Le jardinier tente d'infléchir « les énergies en présence — croissances, luttes, déplacements, échanges — » pour « les tourner à son meilleur usage sans en altérer la richesse », et sa devise devient : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre[3] ».
Afin de canaliser la concurrence entre les végétaux, sans la contrôler complètement, le jardinier peut par exemple décider à chaque saison de tailler telle plante ou de laisser libre telle autre : « Le dessin du jardin, changeant au fil du temps, dépend de celui qui entretient, il ne résulte pas d’une conception d’atelier sur les tables à dessin[3] ».
La manifestation la plus visible de ce mode de gestion tient en effet au déplacement physique des espèces sur le terrain, notamment grâce aux semis spontanés, mais aussi à la multiplication végétative permise entre autres par des organes souterrains (rhizomes, tubercules, bulbes, etc.)[1]. C'est de ce phénomène que le jardin en mouvement tire son nom.
Principes et application

Selon Gilles Clément, le jardin en mouvement est un « état d’esprit » qui « conduit le jardinier à observer plus et jardiner moins ; à mieux connaître les espèces et leurs comportements pour mieux exploiter leurs capacités naturelles[3] ». Son objectif est de maintenir et accroître la diversité biologique, source d’étonnement, garantie du futur ». Il doit pour cela :
- « maintenir et accroître la qualité biologique des substrats : eau, terre, air » ;
- « intervenir avec la plus grande économie de moyens, limitant les intrants, les dépenses d’eau, le passage des machines[3] ».
Après avoir mis au point cette approche dans son propre jardin de La Vallée, Gilles Clément l'a mise en œuvre dans une parcelle du parc André-Citroën à Paris, inauguré en 1992, puis dans différentes réalisations.