Jardins exotiques de Bouknadel

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PaysDrapeau du Maroc Maroc
Création1952
Jardins exotiques de Bouknadel
Image illustrative de l’article Jardins exotiques de Bouknadel
Géographie
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Commune Sidi Bouknadel
Histoire
Création 1952
Gestion
Lien Internet ww.jardinsexotiques.com/
Coordonnées 34° 05′ 43″ nord, 6° 46′ 00″ ouest

Vidéo d'une partie du jardin exotique
1981 Sur les pas japonais Les Jardins Exotiques
Marcel et Renée François
Les jardins japonais carte postale de 1968
Les Victoria regia et le pont suspendu allant au Congo
La rivière aux lotus en 1968
Une allée dans les jardins de Bouknadel

Les Jardins exotiques de Bouknadel sont des jardins ouverts au public, situés au nord de Salé, au Maroc.

Les jardins ont été fondés en 1952 par l'ingénieur horticole français Marcel François[1],[note 1]. qui avait fait son service militaire au Maroc au début des années 1920 sous le commandement du Maréchal Lyautey (qui pensait à juste titre que le Protectorat français sur le Maroc ne devait pas ressembler à la colonisation universaliste et assimilatrice de l’Algérie), il était tombé sous le charme de ce pays qui avait gardé ses valeurs ancestrales et n’était pas encore abimé par la société moderne. C’était un royaume millénaire, dirigé par un Sultan qui cumulait les rôles de chef politique et religieux, Commandeur des Croyants. En 1951, il prit la décision d’y retourner (au début juste avec sa fille cadette), laissant la gestion de son entreprise d’aquiculture à son gendre et à sa fille. Il acheta un terrain d’un peu moins de cinq hectares, quasi désertique mais avec un puits, une importante nappe phréatique, et une bonne terre argileuse en dessous du sable qui lui permettrait de former des étangs ; il commença la culture de plantes aquatiques qu’il envoyait à Argenteuil chez sa fille et son gendre. Parallèlement, il décida de concrétiser ce qui l’habitait depuis toujours : « Oh, Maroc, je t'ai toujours aimé. (...) C'est finalement vers toi que je suis revenu, que j'ai essayé de réaliser, grâce à Dieu, mon rêve de jeunesse : un paysage à la mesure de l'homme où pâquerettes et boutons d'or ne se faneront jamais (...) C'est la poésie qui recrée les Paradis perdus, la science et la technique seuls en sont incapables. Marcel François. »

Il construisit sur ce terrain sa demeure, et entreprit la réalisation des jardins : à côté de la production des plantes, il voulait y développer une scénographie à visée pédagogique et écologique qui présente des jardins de différentes parties du monde. Les jardins furent ouverts au public en 1961.

En 1973, la « marocanisation » fit passer la propriété des jardins à l'État marocain (ministère de l'Agriculture), mais Marcel François en resta gérant. Il donnait également des cours d’écologie à l’université Mohammed V de Rabat et son livre « Le Monde à l’Envers » fut préfacé par Son Excellence Mohammed El Fasi, le Président de la ligue des universités islamiques, qui écrit : « Ses études et sa profession, ainsi que ses tendances affectives profondes, l’ont conduit à s’établir au Maroc, un pays qu’il a toujours aimé, qu’il considère comme sa seconde patrie. Il a toujours considéré son entourage marocain comme faisant partie de sa propre famille ».

A l’approche de ses 80 ans, dans une brochure qu’il fit éditer au Maroc « Si l’histoire de ce jardin était contée » il demandait juste à Dieu de lui accorder la grâce de pouvoir y finir ses jours…  Mais en 1981, le ministère de l’intérieur récupéra le jardin et nomma un directeur adjoint pour « l’aider ». L’administration et sa bureaucratie tatillonne réussirent à le décourager et à l’humilier et il fit ses valises en 1984, le cœur brisé, pour rentrer en France avec son épouse, ruiné et désenchanté. Ils vécurent quelques années dans un deux pièces à Hyères, près de leur fille Denise et de son époux Louis, avant de s'installer dans leur maison. Son épouse, Renée, mourut en 1991 et Marcel François en à deux mois de ses cent ans, il rêvait toutes les nuits de son jardin et appelait tous les jours pour en demander des nouvelles.

Durant les années 90, les jardins et leurs scénographie sont peu à peu détériorés par les incivilités des visiteurs et le manque d’entretien. Une initiative citoyenne voit le jour pour réhabiliter les jardins et assurer la transmission du projet de Marcel François aux générations futures. L’association Les Amis des Jardins Exotiques de Bouknadel est fondée en 1998 et entreprend tout d’abord des chantiers de nettoyage. Par leur présence régulière, les bénévoles de l’association sensibilisent le public au respect des lieux et partagent leurs enseignements à travers des cours de jardinage collectif qui ont notamment permis de réhabiliter les pépinières du jardin de 1999 à 2001. L’association est également à l’initiative d’un inventaire des plantes et a suggéré la création d'un musée dans la maison du fondateur des jardins après avoir recueilli certaines pièces et œuvres lui ayant appartenu.

Localisation

Les Jardins exotiques de Bouknadel se situent sur la commune de Sidi Bouknadel, au nord de Salé, sur la route de Kénitra (Route nationale 1), au km 13. Ils se trouvent du côté ouest de la route sur une parcelle en longueur (est-ouest) d'environ quatre hectares.

Description

Les jardins exotiques comprennent de nombreux espaces diversifiés. Les "Jardins Nature" sont inspirés par la nature sauvage de diverses régions du globe (Antilles, Congo, savane arbustive, Brésil, etc.), tandis que les "Jardins Culture" font référence à des espaces marqués par la main de l'homme : jardin andalou, jardin chinois, jardin japonais[2].

Le musée, installé dans l'ancienne maison de Marcel François, présente l'histoire du site, de sa création à sa récente rénovation, ainsi que les actions de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement. Les jardins abritent également une volière, un vivarium (reptiles) et un labyrinthe.

Deux parcours ludiques (un court et un long) sont proposés, ainsi que la découverte de tortues et de reptiles[3].

Renseignements

Les jardins ne sont ouverts ni le lundi matin ni pendant les deux Aïd :[Al adha], [Al fitr]. Les autres jours, ils ouvrent à partir de 9 heures et jusqu'à 18 heures en automne et en hiver et 19 heures 30 au printemps et en été. L'entrée est payante. Le café maure situé à l'intérieur des jardins, près de l'entrée, propose une restauration légère et des rafraîchissements. Un kiosque situé près du musée offre des boissons, des glaces, etc.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

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