Jean-Albert Dupont
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Jean-Albert Dupont[1] est un militaire français, premier mécanicien puis aviateur, né le à Urgons dans les Landes et mort le à Saint-Gaudens[2]. C'est l'un des 19 aviateurs volontaires du Groupe Aérien d'Instruction de Saint-Jean-D'angély, commandés par le Capitaine Georges Goumin, qui après l'Appel du 18 Juin 1940, quittent la France pour rallier De Gaulle dans la nuit du 19 au . Ils arrivent en Angleterre le au matin, ce qui fait d'eux les premiers militaires français à avoir rejoint ce qui devait devenir ensuite les Forces Françaises Libres. On les a qualifié : « Les Premiers Évadés de France », ainsi que les élèves du Trébouliste, qui arrivèrent en Angleterre le lendemain .
Membre des Forces Aériennes Françaises Libres[3] dès leur création le , il participe à toute la Seconde Guerre mondiale, au Tchad, au Moyen-Orient. Muté au groupe de chasse alsace en 1942.
Avant-guerre
Né le à Urgons dans les Landes, Jean Albert Dupont est d'origine modeste : son père est forgeron, sa mère épouse au foyer élève de nombreux enfants. La famille n'est pas riche et Jean Dupont doit quitter la maison très tôt pour subvenir à ses besoins. Devançant l'appel, il s'enrôle dans l'armée le : il est engagé volontaire pour 5 ans au titre du 1er Groupe Ouvrier Aéronautique, école René Hanriot. Il obtient son Brevet Supérieur de Mécanicien Avion un an plus tard, en même temps que le grade de caporal[4]. En 1928, devenu sergent il est affecté au 39ème régiment d'aviation à Rayak au Liban, où il restera jusqu'en 1931. Puis ce sera la Syrie jusqu'en 1934. Il y rencontre notamment un archéologue-pionnier qui l'engage pour du repérage aérien, devenant l'un des premiers pilotes à participer à la prospection aérienne des sites archéologiques[4].
Entre 1934 et 1936, Jean Albert Dupont est affecté à la base de Reims puis à celle de Mourmelon[5]. Doté d'une belle voix de baryton, il prend des cours de Bel canto.
En , Jean Dupont est affecté au Bataillon de l'Air en Afrique Équatoriale Française, et sa nouvelle destination est Pointe Noire au Congo. Il y obtient le grade de sergent-chef[5]en 1937.
Il en reviendra en pour une mutation à Toulouse-Francazal avec le grade d'adjudant. Il y rencontre sa future épouse Justine Larroque, infirmière puis assistante sociale à Air France. Puis ce sera la base de Saint Jean d'Angély-Fontenet le [5]. Il s'y marie avec Justine Larroque le .
L'appel du 18 Juin 1940

Il se trouvait sur la base aérienne de Saint Jean d'Angély-Fontenet lorsqu'il entendit l'appel lancé depuis Londres par le Général De Gaulle le . Avec un groupe d'aviateurs menés par le Capitaine Georges Goumin, ils décident dès le lendemain de répondre à cet appel en volant un avion. La décision se fait sans trop de préparation, mais elle ne pouvait guère être retardée davantage: avec l'annonce de l'armistice, les troupes allemandes devaient prendre possession de tout le matériel militaire français avec l'aval des autorités dirigeantes. Ce groupe de 19 "évadés de France", arrivé en Angleterre le à 9h45, constitue le groupe des premiers "Compagnons" à avoir rallié De Gaulle (à noter que le , 5 officiers de l’École de Pilotage de Royan avaient déjà rejoint la Grande-Bretagne : Jacques Soufflet, Robert Moizan, Albert Preziosi, Jean-Paul Ezanno, Henri Gaillet ; mais c'était avant l'appel de De Gaulle (Jacques Soufflet relate leur aventure dans sa biographie, Un étrange Itinéraire [6].).
Jean Dupont était alors tout jeune marié, mais il décida de ne pas emmener sa jeune épouse Justine, contrairement à Georges Goumin qui emmena avec lui sa femme.
Dans la base de données Léonore des Archives Nationales, il est stipulé : "Passé en Angleterre le 20-6-1940. Engagé aux Forces Françaises Libres le 24-6-1940."[5]
Après-guerre
Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur le [7].
Après la guerre, Jean Dupont vient s'installer à Colomiers près de Toulouse, avec son épouse, après un passage par divers pays d'Afrique. Il quitte bientôt l'armée pour se reconvertir dans la vie civile et mener une existence paisible. Passionné de Rugby à XV, il contribue à fonder en 1963 le Club de Rugby de Colomiers (aujourd'hui Colomiers Rugby) avec son ami Raymond Paupy.
Il a eu un fils, le Docteur Paul Dupont[8], auteur de nombreux ouvrages de médecine, qui vit toujours à Colomiers.
C'est le grand-père de Jean-Baptiste Dupont, organiste et improvisateur français.
L'évasion vers l'Angleterre du 20 juin 1940
A la page 27 de son livre Cap sans retour[9], Germaine L'Herbier-Montagnon[10] relate l'évasion, le , d'un groupe de 19 aviateurs volontaires commandés par le Capitaine Georges Goumin, depuis la base de Saint-Jean-d'Angély.
Leur décision de s'évader est prise dès le , juste après l'Appel du 18 Juin 1940 de De Gaulle[11]. Les dix huit sous-officiers ainsi que l'épouse de Georges Goumin prennent place à bord d'un quadrimoteur Farman F.222, et attendent la nuit (donc le ) pour décoller. Ils seront les premiers Français à rallier l'Angleterre. En effet, les tout premiers volontaires à quitter le France après l'appel du sont les 110 élèves de l'école de pilotage du Mans, qui se sont embarqués dès le au soir à bord du Langoustier Le Trébouliste, à Douarnenez pour rejoindre De Gaulle à Londres. Mais la traversée vers l'Angleterre étant beaucoup plus longue en bateau qu'en avion, c'est le groupe du Commandant Goumin qui arrivera le premier à destination, à Saint Ives. Ceux du Trébouliste atteindront Falmouth deux jours plus tard.
Madame L'Herbier-Montagnon narre ainsi le début de l'aventure : « ...Dix-neuf aviateurs les plus gonflés du groupe décident de prendre le "Farman" entreposé par l'E. A. de Châteaudun sur le terrain et de partir pour l'Angleterre... »[9]. Il est à noter qu'elle omet de citer l'épouse de Georges Goumin, Pervenche Goumin, née Franc, qui reçut la Légion d'Honneur en tant que résistante.
Le "Farman" en question est dit-elle un quadrimoteur, type 122 n°19, qu'aucun de ces militaires n'a jamais piloté, ce qui ne les décourage pas de le voler. Ils disposent l'avion au bout du terrain pour que le décollage soit moins bruyant, et ils y passent la nuit, décollant aux premières lueurs de l'aube, à 5 heures[9].
A 8h30, ils envoient un message radio aux Anglais pour leur demander des instructions d'atterrissage. Un avion britannique vient les escorter et les dirige vers Saint Ives en Cornouailles, où ils atterrissent à 9h45[12].
Dans les Forces Françaises Libres
Le lendemain de leur évasion vers l'Angleterre, les fugitifs sont dirigés vers une base de la Royal Air Force à Saint Athan au Pays de Galles. Ils y seront rejoints le par les 108 membres de L’École de Pilotage 23 du Mans qui avaient embarqué à bord du Trébouliste dès le . Auparavant le , ses compagnons et lui sont officiellement engagés au sein des Forces Françaises Libres.
La vie au sein de cette base de la Royal Air Force est décrite par madame L'Herbier-Montagnon à la page 21 de son livre comme une "installation des plus confortables : lits, eau courante chaude et froide, douches, piscine, cinéma, rien ne manque."
Jean Dupont et ses compagnons bénéficient sur la base d'une instruction pour se former au matériel britannique.
Le , dans le cadre de l'Opération Menace voulue par De Gaulle, Jean-Albert Dupont est dirigé sur l'A.E.F (Afrique Équatoriale Française) [13]. Il débarque ensuite à Douala au Cameroun le . Affecté au Détachement des Forces Aériennes du Tchad, il arrive à Fort Lamy le . Il participe à la Bataille de Koufra début 1941, ce qui lui vaut la médaille coloniale (devenue aujourd'hui Médaille d'outre-mer)[14].
Un an plus tard, le , il est affecté aux Forces Aériennes Françaises Libres du Moyen-Orient, et rejoint le groupe mixte d'instruction de Damas le , pour y recevoir une formation officielle de pilote. Il est promu sous-lieutenant le par le général Martial Valin.
Il peut alors rallier le Groupe de Chasse Alsace le , première unité de combat et d'appui aérien mise en place par les FAFL (apparaîtront ensuite les groupes Lorraine, Ile-de France, Normandie, etc). Il y retrouve notamment ses anciens compagnons d'évasion James Denis et Louis Ferrant, qui commandaient ces escadrilles[15].
En , le groupe de chasse Alsace rentre en Grande-Bretagne pour servir le Front de l'Ouest. Jean Dupont est promu lieutenant le , et il effectue une formation d'Officier Ingénieur en Angleterre.
En , il devient Chef du Dépôt de l'Air à Camberley. Mais il est rapidement affecté à la 2ème Région Aérienne, 4ème bureau à Londres, à partir du .
Le , il retrouve enfin la France : il rentre à Paris avec la 2ème R.A de Londres. Il demande aussitôt une affectation sur Toulouse, pour y rejoindre son épouse Justine. Il sera affecté au Parc De l'Air de Toulouse-Balma en pour sa réorganisation. Détaché en à la base de Blagnac comme Officier de Liaison à la Royal Air Force, il s'entend mal avec les Britanniques. Après la capitulation allemande du 8 ami 1945, il choisit de revenir à l'annexe-parc de Toulouse-Balma et est affecté au dépôt de l'air 621 qu'il faut réorganiser.

Fin de carrière militaire de Jean-Albert Dupont


A la fin de la guerre, De Gaulle a besoin de personnes de confiance pour réorganiser le pays. Le lieutenant Jean-Albert Dupont se voit, comme tous ses camarades des Forces Aériennes Françaises Libres, proposer des postes prestigieux, notamment un poste d'attaché d'ambassade au Brésil, qu'il refuse. En , il reçoit l'acte officiel de remerciements pour avoir rallié la France Libre, signé du général De Gaulle (voir ci-dessus) :
" Lieutenant DUPONT Jean-Albert/ Répondant à l'appel de la France en péril / de mort, vous avez rallié les Forces Françaises Libres / Vous avez été de l'équipe volontaire des / bons Compagnons qui ont maintenu notre / pays dans la guerre et dans l'honneur. / Vous avez été de ceux qui, au premier rang, / lui ont permis de remporter la Victoire! / Au moment où le but est atteint, je / tiens à vous remercier amicalement, / simplement, au nom de la France! / 1er Septembre / 1945. / C. de Gaulle . / Draeger, Imp[16]"
Malgré ces offres, il choisit de rester à Toulouse.
Le , il sera nommé capitaine.
Affecté ensuite à Dakar, il prend sa retraite peu après avec le grade de Commandant, ayant été promu le Chevalier de La légion d'Honneur. Sur ses états de service, il est stipulé : "Contingent Spécial"[4],[7].
En 1955, il reçoit la Croix du Combattant Volontaire de La Résistance. Seuls les titulaires d'une carte spécifique sont autorisés à porter cette décoration (voir photo ci-contre[4]).


