Jean-Baptiste Larrivé
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité |
| Distinction |
Prix de Rome, chevalier de la Légion d'honneur |
|---|---|
| Archives conservées par |
Archives municipales de Lyon (176II) |
Jean-Baptiste Larrivé né le à Lyon et mort dans la même ville le est un sculpteur français.
L'enseignant

Jean-Baptiste Larrivé est élève à l’École des beaux-arts de Lyon de 1890 à 1896. En 1896-1897, il obtient le prix de Paris pour son œuvre Lycurgue présente l'héritier du trône aux Lacédémoniens. En 1897, il est admis à l'École des beaux-arts de Paris. Il concourt au prix de Rome de 1900, obtient en 1901 un premier second prix avant de remporter le premier grand prix de Rome de 1904 pour Saint Jean-Baptiste dans le désert[1]. Cette œuvre témoigne de l'ascendance d'Auguste Rodin sur les travaux de jeunesse de ce sculpteur. De 1905 à 1910, il séjourne à Rome à la villa Médicis sous le directorat d'Eugène Guillaume[2].
Entre 1918 et 1919, l’artiste modèle une importante suite de bas-reliefs pour l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, dont La Vaccination atypique et Le Soldat aveugle sous les lauriers, avant de mettre un temps son talent au service de la réfection des visages défigurés des gueules cassées. Après sa démobilisation, Larrivé devient directeur de l’École des beaux-arts de Lyon, fonction qu’il assure jusqu’à sa mort.
Tout au long de sa carrière, il mène des projets en collaboration avec des architectes. En 1901, il conçoit avec le céramiste Alexandre Bigot le portail de style Art nouveau du 29, avenue Rapp, dans le 7e arrondissement de Paris, pour l'architecte Jules Lavirotte. À son retour à Lyon, il travaille pour de nombreux projets avec l'architecte Tony Garnier. Il réalise notamment de nombreux monuments aux morts avec lui.
L’artiste reçoit d’importantes commandes en collaboration avec l’architecte Louis-Jean Sainte-Marie Perrin et surtout son fils Antoine Sainte-Marie Perrin, qui fut condisciple de Larrivé à l’École des beaux-arts de Paris, notamment pour la basilique de Fourvière à Lyon.
Larrivé impulse à ses figures poésie et sensualité, qu’il s’agisse du Derviche tournant (bronze, localisation inconnue) du Fellah, sa femme et l’âne (bronze, localisation inconnue), de la Vierge au châle (bronze, localisation inconnue) ou encore de Jeanne d’Arc sur le bûcher (pierre, localisation inconnue) dont il isole le seul visage afin de saisir l’extase de la sainte dont les chairs se consument[2]. Parmi les œuvres conservées dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon, on relève en particulier — outre le Jeune Athlète — La Lutte de Jacob et de l’ange (1920, plâtre), les marmousets des Galeries Lafayette, dans les anciens Grands magasins des Cordeliers (Brumaire, Frimaire, Nivôse, Vendémiaire, 1928, plâtre), Tête de jeune garçon (bronze) ainsi que l’énigmatique et sensuel Masque de femme (bronze) acquis à la vente posthume de l’artiste en 1928.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en [3].
Jean-Baptiste Larrivé est mort à Lyon le . Il y est enterré au cimetière de Loyasse.
Une rue de Lyon, dans le 3e arrondissement, porte son nom[4].
Jean-Baptiste Larrivé succède à Nicolas Sicard et devient directeur de l'École des beaux-arts après sa démobilisation. Il administre l'institution avec bienveillance et d'après Jules Armbruster, l'auteur des fresques de style antiques du patio de la villa Garnier à Saint-Rambert, il est paternel avec les élèves. Larrivé descend d'une famille de carrier de Montalieu, ce qui fait qu'il s'initie tôt à la taille de la pierre, qu'il travaille tout au long de sa carrière avec souplesse. Dès sa nomination en tant que directeur, il obtient la création d'un cours de taille directe, ce qui permet de former « des artistes capables d'exécuter eux-mêmes leurs travaux. » Pour lui, « un sculpteur [se doit de] connaître la mise au point au compas, qui permet d'apprendre par le volume. »[5]
Ce cours de sculpture est créé par l'arrêté municipal du . Larrivé écrit à Édouard Herriot, maire de Lyon de 1905 à 1940, que la création de ce cours est « absolument nécessaire, en même temps qu'elle permettra aux jeunes gens de se familiariser avec la partie technique de la profession qui présente le plus de difficultés, elle facilitera, à la sortie de l'École, les moyens de gagner leur vie. »[5]
Larrivé est soucieux de la formation donnée aux étudiants mais encore plus de leur insertion professionnelle. Étant conscient des bouleversements qui interviennent dans l'exercice des professions artistiques, Larrivé ouvre l'École des beaux-arts aux besoins de l'industrie et du commerce, notamment en matière d'arts appliqués afin de favoriser de futures collaborations entre différents artistes. Il fait créer un cours supérieur de décoration en 1921 afin de développer l'étude des arts décoratifs, notamment avec des applications pratiques. « Les élèves sont amenés progressivement à tenir compte des nécessités imposées par telle matière et de la destination des divers objets dont ils ont à composer les cartons ». Il fait venir également en 1925 le peintre Costin Petresco, professeur à l'École des beaux-arts de Bucarest pour donner une suite de cours sur la fresque, ce qui permet de mettre « à disposition les moyens de reprendre cette tradition de la peinture murale qui peut donner lieu aux plus heureuses applications en un temps où le ciment est devenu la matière préférée de l'architecture. »[5]
Ce souci de développer un enseignement artistique adapté aux réalités professionnelles plaît puisque le conseil d'administration de l'École mentionne dans un compte rendu en 1926 que « Monsieur Larrivé a rajeuni cet établissement par des méthodes libres et hardies, un sens plus profond des nécessités modernes. »[5]
