Jean-Baptiste Michonis
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Policier, pénitencier majeur |
Jean-Baptiste Michonis, né en 1735 et mort à Paris, guillotiné le , est une personnalité de la Révolution française.
Limonadier parisien, c'est-à-dire vendeur au détail de boissons et vinaigres, et installé rue de la Grande-Friperie[1], il devient commissaire de section après . À ce titre, il corédige des Comptes rendus au Conseil général, en présence des commissaires de sections Franchet (section de la Cité), et André Greppin (section des Gravilliers), lui-même étant rattaché à la section des Halles[2].
Il est élu membre de la Commune de Paris en . Il est par la suite nommé inspecteur des prisons et administrateur de police[1].
Fin , il va se voir impliqué dans le « complot de l'œillet » : Alexandre Gonsse de Rougeville et des complices, tentent en effet de faire évader de la Conciergerie, Marie-Antoinette, mais l'opération échoue. Chargée de l'enquête, Jean-Pierre-André Amar le fera arrêter, bien après le suivant[3],[4].
Le procès de la reine s'ouvre le : Michonis est appelé comme témoin à charge le jour suivant[5].
Emprisonné à la prison de La Force puis jugé les 18 et en compagnie de neuf autres accusés, il est reconnu dans cette affaire de tentative d'évasion — en réalité, plusieurs, qui ici, sont évoquées — par le jury comme seul coupable, à savoir, d'avoir contribué à introduire par négligence dans la Conciergerie des individus étrangers. À la fin du procès, Michonis affirme n'avoir entre autres aucun lien avec Jean-Pierre de Batz[1] ; pour ces faits, il est condamné à demeurer en prison jusqu'à la paix[6].
Il est victime des décisions du Comité de salut public en application de la loi de Prairial, qui prévoit de vider les prisons surpeuplées : à la suite d'un procès expéditif tenu le , il fait partie des 54 prisonniers condamnés à mort : il est guillotiné porte Saint-Antoine le 29 prairial an II ()[7],[8].
Son corps est placé dans une fosse commune au cimetière de Picpus.
Notes et références
- 1 2 3 Lire son plaidoyer après son procès, in: Antoine-Jean-Thomas Bonnemain, Les Chemises rouges, ou Mémoires pour servir à l'histoire du règne des anarchistes, Paris, Deroy, 1798, p. 219-221 — sur Gallica.
- ↑ (BNF 30944252).
- ↑ (en) Will Bashor, Marie Antoinette's Darkest Days: Prisoner No. 280 in the Conciergerie, Rowman & Littlefield Publishers, 2016, p. 97.
- ↑ (en) John Hardman, Marie-Antoinette: The Making of a French Queen, Yale University Press, 2019, p. 297 (ISBN 9780300243086).
- ↑ Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire, no 26, [15 octobre] 1793, p. 1 et suiv. — sur Gallica.
- ↑ Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire, no 96 et no 97, [18-19 novembre] 1793, p. 1 et suiv. — sur Gallica.
- ↑ Pierre Turbat, Procès des Bourbons: contenant des détails historiques sur la journée du 10 août 1792, les événemens qui ont précéde, accompagné et suivi le jugement de Louis XVI; les procès de Marie-Antoinette, de Louis-Philippe d'Orleans, d'Elisabeth ét de plusieurs particularités sur la maladie et la mort de Louis-Charles, fils de Louis XVI; l'echange de Marie-Charlotte, et le départ des derniers membres de la famille pour l'Espagne, 1798, tome 2, p. 202 et suiv. — sur Google Livres
- ↑ Émile Campardon, Marie-Antoinette a la conciergerie (du 1er Août au 16 Octobre 1793) ; pièces originales ; conservées aux archives de l'empire suivies de notes historiques et du procès imprimé de la reine, Paris, Jules Gay, 1863, p. 14 et suiv. — sur Google Livres.