Jean-François Delacroix
homme politique français
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Jean-François de Lacroix, ou Delacroix, dit Lacroix d’Eure-et-Loir, né le 3 avril 1753 à Pont-Audemer (généralité de Rouen, actuel département de l'Eure)[1], mort le 16 germinal an II (le 5 avril 1794) à Paris est un homme politique de la Révolution française[2].
| Jean-François Delacroix ou Lacroix d'Eure-et-Loir | |
Jean-François Delacroix. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député d'Eure-et-Loir | |
| – (1 an) |
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| Gouvernement | Révolution française |
| Législature | Assemblée nationale législative |
| Président de l'Assemblée législative | |
| – (13 jours) |
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| Gouvernement | Révolution française |
| Législature | Assemblée nationale législative |
| Prédécesseur | Jean-François Merlet |
| Successeur | Marie-Jean Hérault de Séchelles |
| Député d'Eure-et-Loir | |
| – (2 ans) |
|
| Gouvernement | Première République |
| Législature | Convention nationale |
| Président de la Convention nationale | |
| – (14 jours) |
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| Gouvernement | Première République |
| Législature | Convention nationale |
| Prédécesseur | Jérôme Pétion de Villeneuve |
| Successeur | Élie Guadet |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Pont-Audemer, France |
| Date de décès | (à 41 ans) |
| Lieu de décès | Paris |
| Nature du décès | guillotiné |
| Nationalité | |
| Parti politique | Gauche |
| Profession | Avocat |
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Entre 1791 et 1794, il est député d'Eure-et-Loir à l'Assemblée nationale législative puis à la Convention nationale où il vote la mort de Louis XVI et siège aux côtés des indulgents.
Biographie
Famille
Son père, Jean de Lacroix, marié à Marie Élisabeth Chantrel, est chirurgien.
Jean-François de Lacroix effectue des études de droit et est reçu avocat.
En 1782, Jean-François de Lacroix épouse, à Anet (département d'Eure-et-Loir), Marie-Louise de La Barre des Landes[3] ; son père, Nicolas de la Barre des Landes, mort en 1773, était « procureur fiscal du bailliage et des justices des Eaux et Forêts de la principauté d’Anet »[4]. En 1783, de leur union naît un fils, Jean de Lacroix.
Mandat à la Législative
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Jean-François Delacroix, alors juge suppléant près la Cour de Cassation, est élu député du département d'Eure-et-Loir, le septième sur neuf, à l'Assemblée nationale législative[5] où il siège sur les bancs de la gauche.
Le 6 octobre 1791, une altercation l'oppose à Jean-Baptiste Louis Ducastel (député de Seine-Inférieure), qui avait qualifié Louis XVI de « souverain » alors que la constitution lui donne le titre de roi des Français[6].
Le 9 avril 1792, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[7]. Le 8 août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[8].
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
Le 19 août, Jean-François Delacroix est élu président de l'Assemblée nationale législative[9]. Le 2 septembre, il est élu commissaire près le Conseil exécutif sur proposition de Georges Danton, le ministre de la Justice[10].
Mandat à la Convention
En septembre 1792, Jean-François Delacroix est réélu député d'Eure-et-Loir, le premier sur neuf, à la Convention nationale[11]. Il ne saurait être confondu avec ses collègues homonymes :
- Charles-François Delacroix (député de la Marne)
- Jean-Michel Lacroix (député de Haute-Vienne)
Il siège sur les bancs de la Montagne.
Le 4 octobre 1792, il est élu président de la Convention et ses secrétaires sont François Buzot (député de l'Eure), Élie Guadet (député de la Gironde) et Emmanuel-Joseph Sieyès (député de la Sarthe)[12].
Le 30 novembre, Jean-François Delacroix est envoyé en mission, aux côtés d'Armand-Gaston Camus (député de Haute-Loire), de Georges Danton (député de la Seine) et d'Eugène Gossuin (député du Nord) auprès des armées du général Dumouriez en Belgique, afin d'y vérifier les dénonciations portées contre l'abbé d'Espagnac dans le cadre d'une affaire de fournitures militaires[13].

Lors du procès de Louis XVI, il est absent lors des deux premiers scrutins relatifs à la culpabilité et à l'appel au peuple ; arrivé le 14 janvier à Paris, il vote la mort et rejette le sursis à l'exécution de la peine[14],[15] :
Je viens remplir une fonction pénible. Je crois avoir le droit de prononcer sur le sort de Louis Capet, car, lorsque mes commettant se rassemblèrent pour les élections, Louis était en prison. [...] Je ne conçois pas la différence qu'on a entendu mettre entre un conspirateur roi et un conspirateur ordinaire. Tout conspirateur mérite la mort. Je vote pour la mort.
Le 7 avril, Jean-François Delacroix est élu membre du Comité de Salut public, le neuvième et dernier, par 151 voix. Le 13 avril, il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[16] :
À mon sens, la conduite de Marat n'est pas à l'abri de tout reproche ; il a été dénoncé : il fallait vérifier les faits articulés contre lui, les discuter froidement, les examiner et prononcer.
Ce n'est pas ce qu'on a fait ; les ennemis de Marat ont réuni tout à la fois les rôles d'accusateurs, de témoins, de juges : ils ont fait plus, ils n'ont pas voulu souffrir qu'on vérifiât les délits qu'on imputait à Marat [...].
Citoyens, un des plus grands malheurs de la République, est le départ de nos collègues patriotes envoyés dans les départements. Leur absence a donné la majorité à cette faction ambitieuse, qui nous tyrannise si cruellement [...].
Je suis d'avis sur l'affaire de Marat, qu'il y a lieu à ajourner, et non à accusation quant à présent.
Le 16 pluviôse an II (le 4 février 1794), aux côtés de René Levasseur (député de la Sarthe), il appuie le décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies[17],[18] :
En travaillant à la constitution du peuple français, nous n'avons pas porté nos regards sur les malheureux hommes de couleur. La postérité aura un grand reproche à nous faire de ce côté ; mais nous devons réparer ce tort. [...] Les hommes de couleur ont, comme nous, voulu briser leurs fers ; nous avons brisé les nôtres, nous n'avons voulu nous soumettre au joug d'aucun maître ; accordons-leur le même bienfait. (On applaudit.)
La nuit du 11 germinal (31 mars), Jean-François Delacroix est arrêté aux côtés de Georges Danton, de Camille Desmoulins (député de la Seine) de Marie-Jean Hérault de Séchelles (député de la Seine) et de Pierre Nicolas Philippeaux (député de la Sarthe). Au terme d'un débat violent entre Maximilien de Robespierre et de Louis Legendre et après le rapport de Louis-Antoine de Saint-Just (député de l'Aisne), ils sont tous les cinq décrétés d'accusation[19] :
Legendre paraît ignorer les noms de ceux qui sont arrêtés : toute la Convention les sait. Son ami Lacroix est du nombre de ces détenus. Pourquoi feint-il de l'ignorer ? parce qu'on ne peut sans impudeur défendre Lacroix.
Les cinq prévenus sont déferrés devant le tribunal révolutionnaire, condamnés à mort et guillotinés le 16 germinal an II (le 5 avril 1794).
Le 22 fructidor (le 8 septembre), il est remplacé à son poste de député par Louis-Armand Deronzières[20].
Il est l’auteur d’un fameux dictionnaire sur les femmes célèbres, le Dictionnaire portatif des femmes célèbres (1788)[21]