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Jean-Paul Marat

médecin, physicien, journaliste et homme politique français (1743-1793) From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean-Paul Marat, né le à Boudry (principauté de Neuchâtel) et mort le à Paris, est un médecin, journaliste et homme politique français d'origine neuchâteloise.

CirconscriptionSeine
Groupe politiqueMontagnard
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Jean-Paul Marat
Illustration.
Joseph Boze, Portrait de Marat (1793), Paris, musée Carnavalet.
Fonctions
Député français
–
(10 mois et 4 jours)
Élection 9 septembre 1792
Circonscription Seine
Législature Assemblée nationale législative
Convention nationale
Groupe politique Montagnard
Biographie
Nom de naissance Jean-Paul Marat
Date de naissance
Lieu de naissance Boudry (Principauté de Neuchâtel)
Date de décès (à 50 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nature du décès Assassiné dans sa baignoire
Sépulture Cimetière de Sainte-Geneviève, Paris
Nationalité Française
Prussienne
Père Jean-Baptiste Marat
Mère Louise Cabrol
Fratrie David de Boudry
Profession Journaliste, médecin, homme politique
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Usurpateur de noblesse avant la chute du régime monarchique, il devient député montagnard à la Convention à l'époque de la Révolution. Il joue un rôle de premier plan dans les premières années de la Révolution, grâce à son journal L'Ami du peuple. Par ses écrits, Marat appelle à plusieurs reprises à la mise à mort des personnes qu'il désigne comme des « traîtres » à la Révolution et fut étroitement associé aux massacres de Septembre 1792. Son rôle précis dans leur déclenchement et leur organisation demeure toutefois discuté par les historiens.

Son assassinat par Charlotte Corday permet aux hébertistes et aux robespierristes de faire de lui un martyr de la Révolution, d'installer pendant quelques mois ses restes au Panthéon et de justifier la Terreur.

Médecin et physicien

Plaque commémorative sur la maison natale de Jean-Paul Marat à Boudry.
Vue de Boudry.
Une page des Recherches physiques sur le Feu avec des corrections manuscrites de la main de Marat.

Marat naît à Boudry, dans la principauté de Neuchâtel (dont le territoire correspond à celui de l'actuel canton de Neuchâtel en Suisse) ; il est le fils de Jean-Baptiste Marat, un prêtre mercédaire défroqué d'origine sarde[1] né à Cagliari en 1704 et dessinateur en indiennes converti au calvinisme, et de la Genevoise Louise Cabrol[2] dont la famille calviniste était originaire du Rouergue ; la famille Mara francisa son nom en Marat. Jean-Paul avait un frère cadet, David (1756–1821), qui fut professeur de littérature française au lycée impérial de Tsarskoïe Selo.

En 1759, après ses études au collège, le futur conventionnel quitte Neuchâtel et sa famille, et devient pendant deux ans le précepteur des enfants de Pierre-Paul Nairac, grand armateur négrier bordelais. Marqué par la thématique de l'esclavage, il produira plus tard, en 1785, pour l'Académie de Bordeaux, une dissertation à l'éloge des idées anti-esclavagistes du philosophe Montesquieu[3].

Après un séjour à Paris de 1762 à 1765, où il complète ses études et acquiert en autodidacte[réf. nécessaire] une formation de médecin, il se fixe à Londres, puis à Newcastle en 1770, où il exerce comme médecin et peut-être comme vétérinaire[4]. Entre 1770 et 1772, il écrit Les Aventures du jeune comte Potowski, un roman épistolaire dans le goût du temps, qui demeure inédit. En 1772, il publie anonymement An Essay on the Human Soul, puis, après son retour dans la capitale britannique, en 1773, un second écrit philosophique, A Philosophical Essay on Man, qui est réédité en 1775[5]. Disciple de Rousseau, il attaque plusieurs fois Helvétius, traité d'« esprit faux et superficiel », dans cet ouvrage, mais aussi Voltaire, qu'il qualifie d'« inconséquent » et qui lui répond par le persiflage dans un petit article[6],[7] paru dans le Journal de politique et de littérature le [8].

En , Marat fait paraître à Londres les Chains of Slavery, qui s'inscrit dans le contexte de la campagne électorale qui voit l'élection de John Wilkes comme alderman, puis lord-maire de Londres[5].

Pendant son séjour en Angleterre, il est reçu franc-maçon dans une loge londonienne se réunissant en la taverne King's Head, située à Gerrard Street à Soho, sans doute l'Espérance, une loge francophone qui initiera Cagliostro le [9]. Son élévation au grade de maître est datée du selon son diplôme maçonnique retrouvé et vendu en 1906 à l'Hôtel Drouot. Si des traces de visites dans une loge hollandaise sont documentées, il ne semble pas fréquenter de loge française[10].

Lors de son séjour dans les Provinces-Unies en 1774-1775, Marat visite à Amsterdam la loge maçonnique La Bien-Aimée. À La Haye, il fait également la connaissance de l'écrivain et économiste Isaac de Pinto, qui lui remet le 25 février 1775 une lettre de recommandation[11]. Après l'obtention de son diplôme de médecin à l'université de St Andrews (Écosse) le , il s'installe à Paris, où il publie en 1776 une édition française de son traité De l'homme[2]. Le comte d'Artois lui octroie le , le brevet de médecin de ses gardes du corps[12]. Il ouvre un cabinet d'expériences où il réalise des recherches en physique expérimentale, en particulier sur la nature du feu, la lumière et l'électricité médicale. En , ce dernier thème lui vaut d'être couronné par l'Académie de Rouen[2].

En 1779, Benjamin Franklin est invité par son ami Jean-Baptiste Le Roy à assister chez le marquis Maximilien de Châteauneuf de L'Aubespine[n 1], dans son grand hôtel de la rue de Bourgogne, aux expériences de Marat, qui veut faire ses preuves aussi bien en physique qu'en médecine[13]. En 1778, celui-ci a présenté un mémoire sur la nature du feu, et Jean-Baptiste Le Roy, qui a été nommé membre de la commission chargée d'enquêter sur le bien-fondé des théories de Marat, a réussi à y attirer Franklin :

« Ayant exposé sa tête chauve au foyer du microscope solaire (instrument inventé par Marat), nous l'aperçûmes ceinte de vapeurs ondulantes qui se terminaient en pointes torses ; elles représentaient l'espèce de flamme que les peintres ont faite l'attribut du génie[14]. »

Ces recherches lui valent des critiques défavorables de l'Académie des sciences de Paris[15].

En 1780, dans son Plan de législation criminelle, il fustige les inégalités et soutient que le droit à l'existence est supérieur au droit de propriété :

« Le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi, tout ce qui est indispensable à notre existence est à nous, et rien de superflu ne saurait nous appartenir légitimement tandis que d’autres manquent du nécessaire. Voilà le fondement légitime de toute propriété et dans l'état de société et dans l'état de nature. »

Tombé malade en 1782, outre ses démêlés scientifiques, il connaît des revers de fortune, avant de perdre en 1784 sa charge de médecin auprès du comte d'Artois[2],[16],[17]. Dans les années 1780, Marat continue de soigner Claire de Choiseul, marquise de l'Aubépine de Châteauneuf (1751–1794) qui le soutient financièrement et avec laquelle il aurait eu une liaison intéressée, si l'on en croit les éditeurs de Jacques-Pierre Brissot[18].

Un autre contemporain qui connaissait particulièrement bien Marat et sa famille, l'ex-abbé Jean-Louis Giraud-Soulavie, un républicain qui est envoyé comme ambassadeur « résident » à Genève en 1793 et 1794, confirme[19] ces informations plus tard corroborées par Barère de Vieuzac :

« Marat sorti de Genève en 1782 et fanatisé à Londres où il retourne en 1790 car poursuivi par La Fayette, revint en 1791 se mettre à la tête des cordeliers, principaux agitateurs de la populace. Ses deux collègues sont Gasc[20], associé de d'Yvernois[21] dans l'administration des subsides anglais, et Jannot-Lançon. C'est près de ces aventuriers que je fus envoyé par la République française et c'est contre eux que j'eus à lutter, surtout quand je leur prouvai que, sous le voile trompeur de leur démocratie, ils étaient le canal de la distribution dans Lyon des sommes envoyées par la cour de Londres aux chefs patriotes et aux chefs royalistes qui dévastèrent en 1793 ce point central de notre commerce[n 2],[22]. »

Marat est un temps pressenti, sans succès, pour fonder une académie à Madrid par le ministre Floridablanca[2], en 1788. Souffrant de graves crises inflammatoires et croyant ses jours en danger, il rédige même son testament l'été de cette année, qu'il confie à l'horloger suisse Abraham Breguet[23].

Armes, blason, devise

Lorsqu'il était médecin de l'écurie et des pages du comte d'Artois, frère du roi, Marat essaya vainement de faire reconnaître sa (fausse[réf. nécessaire]) noblesse espagnole et enregistrer un blason[24] que l'on retrouve sur sa correspondance entre 1778 et 1789[25].

« Au 1er de (émail inconnu) à un demi-aigle de (émail inconnu) au vol abaissé mouvant du parti ; au 2e tranché en chef de (émail inconnu), à la bande ou demi-chevron de (émail inconnu), et en pointe de pourpre. »

— Écu surmonté d'une couronne de comte[26].

La Révolution

Marat par Claessens.

Débuts révolutionnaires

Le , le comité de Constitution présentait à l'Assemblée, par la voix du député Mounier, un premier projet. À ce moment précis, Marat publie, début août, une feuille in-8° de 8 pages Le Moniteur patriote[27], entièrement consacrée à la critique du projet de Constitution, critique nourrie, entre autres, par son expérience du modèle constitutionnel anglais. Il s'adresse également en ce sens, à la fin du mois d'août, à l'Assemblée nationale dans une lettre intitulée « Tableau des vices de la Constitution Anglaise, présenté en aux États-Généraux comme une série d'écueils à éviter dans le Gouvernement qu'ils voulaient donner à la France ».

Marat Journaliste

Le Journal de Marat, l'Ami du peuple, no  124 du .

Le , Marat publie le premier numéro du Publiciste parisien, journal politique, libre et impartial, journal quotidien connu sous le titre L'Ami du peuple. Il comporte normalement 8 pages in-8°, parfois 10 ou 12, quelquefois 16. De à , Marat fait ainsi paraître 685 numéros. L'année 1791 constitue une période particulièrement intense de cette activité journalistique[28]. Certains numéros de L'Ami du peuple connaissent plusieurs compositions ; les plus retentissants sont parfois réimprimés plusieurs jours de suite dans des compositions différentes[29].

Sous la Constituante, il défend la cause des citoyens passifs, des victimes du marc d'argent. En effet, pour être « citoyen actif », il fallait payer un minimum d'impôt annuel correspondant à trois journées de travail et pour être éligible, il fallait payer une contribution annuelle directe d'au moins un marc d'argent (soit environ 50 livres)[30]. De plus, les impositions directes de Paris étaient calculées sur le prix du loyer selon la loi du . Pour pouvoir être éligible à l'Assemblée nationale, il fallait donc avoir non seulement un loyer, mais un loyer d'au moins 750 livres pour payer les 50 livres d'imposition requises[31]. Le , on trouve dans le journal de Marat une « supplique du citoyen passif » où l'on peut lire : « Qu'aurons-nous gagné à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches ? Et si nous devons gémir sous le joug de ces nouveaux parvenus [...] »

Il prend même position sur les questions coloniales, entre et . Imprégné de la pensée de Montesquieu, auquel il a rendu hommage dans un concours prérévolutionnaire pour l'ironie de son texte De l'esclavage des Nègres[32] en , il défend la cause des gens de couleur libérés, regrette l'amendement Rewbell du qui reconnaît la citoyenneté à certains, mais en discrimine d'autres. Après la révocation totale de leurs droits par Barnave le , il prédit : « À la différence des Parisiens les hommes de couleur ne sont pas des lâches, ils ne se laisseront pas faire. » Ceux-ci se soulèveront en effet peu après et imposeront à l'assemblée législative, avec l'aide de son groupe brissotin, le décret égalitaire du , devenu loi le après la sanction royale. Sur l'esclavage, Marat publie le un plan d'abolition progressive de l'esclavage des Noirs avec indemnisation des planteurs. À l'automne 1791, à l'annonce de l'insurrection d'esclaves à Saint-Domingue, il radicalise sa pensée, prenant fait et cause pour les insurgés, dont il prédit le l'accès à l'indépendance[33]. Juste avant son assassinat, ayant reçu une lettre d'un ami créole, Philippe Rose-Roume, emprisonné après une intrigue de colons blancs, il s'apprête à reparler de la situation à Saint-Domingue dans une lettre à la Convention[34]. Roume sera libéré peu après sur initiative de Chabot[35].

Clandestinité, domiciles et imprimeries

Plaque 16 rue de l'Ancienne-Comédie, (Paris).

Pendant la Révolution, les domiciles et lieux de travail de Marat changent fréquemment, notamment en raison des poursuites engagées contre son journal. En 1789, il demeure rue du Vieux-Colombier, puis rue de l'Ancienne-Comédie[36]. Après son retour d'Angleterre en mai 1790, il vit pendant de longues périodes dans la clandestinité et change fréquemment de refuge. Il évoquera lui-même les sept mois qu'il aurait passés dans des « souterrains ». C'est également en 1790 que commence sa relation avec Simone Évrard. Marat trouve refuge chez les sœurs Évrard, puis, craignant d'abuser de leur hospitalité, se cache quelque temps chez Jacques Roux[37].

Paris historique: Maison de Marat dans Rue de l'École-de-Médecine (Paris)[38].

Après le 10 août 1792, Marat est signalé rue des Cordeliers. Simone Évrard quitte alors le logement qu'elle occupait rue Saint-Honoré et loue en son nom un appartement au no 30 de la rue des Cordeliers, où elle s'installe avec Marat et fait réinstaller l'imprimerie de son journal[37]. Belfort Bax décrit l'appartement comme composé de cinq pièces et occupé par Marat, Simone Évrard, sa sœur Catherine, la cuisinière Jeannette Maréchal et le typographe Laurent Bas[39]. Son imprimerie est alors indiquée dans ses publications « rue des Cordeliers, vis-à-vis la rue Hautefeuille ». L'immeuble, devenu au XIXe siècle le no 20 de la rue de l'École-de-Médecine, est démoli en 1877 lors de l'agrandissement de la Faculté de médecine[40].

Massacres de Septembre

Portrait de Jean-Paul Marat par Jean-François Garneray, Musée Lambinet, Versailles.

Après la journée du 10 août 1792, Marat appelle à poursuivre le mouvement et à s'en prendre aux prisonniers accusés d'avoir défendu la monarchie. Dans le no 680 de L'Ami du peuple, daté du , il préconise de se rendre en armes à la prison de l'Abbaye, d'en arracher les prisonniers, « particulièrement les officiers suisses et leurs complices », et de les « passer au fil de l'épée »[41]. À la différence de ses précédents appels au meurtre, il est cette fois suivi par une partie de la presse, notamment girondine. La publication de l'Ami du peuple cesse au  ; son dernier appel au meurtre dans le journal date du 19, mais au moins un placard anonyme du est probablement de sa main[42]

À partir du , des commissaires des sections parisiennes procèdent à des visites domiciliaires afin de rechercher des armes et d'arrêter des suspects[43]. Un vif conflit oppose alors l'Assemblée législative à la Commune de Paris. Le , Roland et Guadet tentent de réduire l'influence de la Commune, tandis que l'Assemblée décide sa réorganisation et de nouvelles élections[44]. Le , Marat entre au Comité de surveillance de la Commune[45].

Les massacres commencent le et se poursuivent jusqu'au , faisant entre 1 250 et 1 450 victimes, parmi lesquelles des prêtres insermentés, des gardes suisses et des prisonniers politiques, notamment royalistes et aristocrates[46]. Dès le , Marat signe, et probablement rédige, la circulaire du 3 septembre, imprimée sur ses presses et envoyée aux départements et municipalités de toute la France, qui appelle à étendre le mouvement[47]

La responsabilité de Marat dans les massacres a fait l'objet d'interprétations divergentes. Sa circulaire et ses appels à la violence ont contribué à le faire considérer comme l'un de leurs principaux responsables. Louis Gottschalk[48] et Gérard Walter[49] ont cependant remis en cause son rôle d'organisateur ou d'instigateur des massacres. Keith Michael Baker considère que Marat joua probablement davantage le rôle d'un propagandiste encourageant la violence que celui d'un organisateur, son implication s'étant probablement limitée à encourager les assassins[50] Le , Marat est élu député de Paris à la Convention, le septième des 24 députés du département, avec 420 voix sur 758 votants[51].

Procès de Louis XVI et comparution devant le tribunal révolutionnaire

« Triomphe de Marat », Marat porté en triomphe par le peuple après son acquittement par le Tribunal révolutionnaire. Gravure anonyme de 1793, « Immortel défenseur du peuple et de ses droits. Il terrassa les grands et renversa le trône. Fonda l'égalité sur la chute des rois. De la vertu civique offrons-lui la couronne ! »
Le Triomphe de Marat par Louis-Léopold Boilly (1794).

Paradoxalement, il se montre très légaliste sur le sort à infliger à Louis XVI. Au contraire de Robespierre, de Saint-Just, de Jeanbon Saint-André, il veut un vrai procès qui permettrait de mettre en lumière les crimes du roi. Il entend aussi expurger les crimes et délits antérieurs à (fuite du roi à Varennes et fusillade du Champ-de-Mars) dans la mesure où ils ont été amnistiés. Seule la journée des Tuileries peut donc être retenue contre Louis XVI comme un crime dûment établi. Il n'en vote pas moins la mort du roi dans les 24 heures et rejette bien sûr l'appel au peuple et le sursis. Peu après, il prend l'offensive contre la faction dite des « hommes d'État », c'est-à-dire les partisans de Brissot qu'il dénonce sans répit. Il s'en prend particulièrement à Lebrun-Tondu qu'il accuse d'entretenir des liens avec des « agents de l'étranger », notamment le banquier Édouard de Wackiers, sa famille et les représentants de la banque internationale[52]. Depuis qu'il a été élu à la présidence des jacobins, le , une circulaire appelant à l'insurrection et au coup d'État est publiée sous sa signature. « La contre-révolution, affirmait-il, est dans la Convention nationale (...) Levons-nous, oui, levons-nous tous ! Mettons en état d'arrestation tous les ennemis de notre Révolution et toutes les personnes suspectes. Exterminons sans pitié tous les conspirateurs si nous ne voulons pas être exterminés nous-mêmes (...) Dumouriez marche sur Paris pour rétablir la royauté (...) Aux armes ! »

Le , Élie Guadet (député de la Gironde) lit à la tribune un extrait du manifeste. Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède (député de la Gironde) demande que Marat soit décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire. Il est décrété d'arrestation et incarcéré à la prison de l'Abbaye[53].

Le , le scrutin sur sa mise en accusation a lieu par appel nominal, le département de la Meuse étant tiré au sort pour commencer à voter. Marat est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire par 220 voix contre 93, tandis que 373 députés sont absents lors du scrutin, et que 55 se sont abstenus de voter, se sont récusés ou ont demandé un ajournement du scrutin[54]. L'historien Michel Biard estime que cette mise en accusation est possible non parce qu'un grand nombre de députés Montagnards sont alors envoyés en mission, mais parce que bon nombre des députés de la Montagne s'absentent le jour du scrutin et que « Marat est très loin de faire l'objet d'un soutien unanime au sein d'un groupe politique déjà hétérogène »[55].

Le , l'acte d'accusation contre Marat arrive au ministère de la Justice et celui-ci se constitue prisonnier[56]. Confronté le à ses accusateurs et à ses défenseurs, Marat bénéficie d'un jury qui lui est acquis d'avance. Acquitté le , Marat, couronné de lauriers, est porté en triomphe.

Dénonciation des emprunts de Necker

Marat dénonce avec vigueur le coût de la dette publique française induit par l'engouement pour les rentes viagères, sous la direction du ministre des Finances de la fin des années 1770, Jacques Necker.

Derniers numéros de L'Ami du peuple

Copie de L'Ami du Peuple réputés tachés du sang de Marat, 1792 [57].
Rue de l'École-de-Médecine avec la maison de Marat, dans l'actuel 6e arrondissement de Paris.

Le 15 décembre 1791, il publie un plan de guerre défensive[58][source insuffisante] À la fin de décembre, il repart pour l'Angleterre et interrompt la publication de L'Ami du peuple. Pendant cette interruption, il travaille notamment à L'École du citoyen, ouvrage resté inédit et dont le manuscrit n'a pas été retrouvé, ainsi qu'à une nouvelle version française de The Chains of Slavery[59]. De retour à Paris, il reprend la publication au début d'avril 1792. En , presque seul il s'abstient dans le vote sur l'annexion de la Savoie à la France ; et en ce qui concerne les territoires occupés par la France, il prêche à l'hiver 1792–1793, la modération à l'égard des forces aristocratiques et du clergé que les brissotins veulent exclure de la vie politique[60][source insuffisante]. Tout cela n'était pas contradictoire avec sa plaidoirie pour la guerre à outrance contre les puissances coalisées, dans la mesure où elle était devenue défensive. Juste avant sa mort le , à l'occasion d'un renouvellement, il demande l'éviction de Bertrand Barère du Comité de salut public[61] qui, montagnard non jacobin, est toujours partisan de la guerre d'attaque. Ce sont toutes ces données qui le font apparaître par Thomas Paine et les conventionnels dits « modérés » (mais comme Barère et la Gironde, d'anciens bellicistes) comme l'allié objectif de William Pitt qui se félicite du « soutien » de Marat à « sa politique guerrière » et à son rôle actif dans la première « saignée » — la proscription des girondins — pratiquée au sein de la Convention. Et pour cause : ce sont eux qui à nouveau font déclarer la guerre à l'Angleterre, le (sur rapport de Brissot). Au parlement britannique, le premier ministre argue de l'instabilité du gouvernement français. Il est imprudent, prétend-il, de traiter avec un comité « qui est changé et renouvelé tous les quinze jours », et dont les membres, à supposer qu'ils veulent conclure un arrangement, se trouvent dans le cas d'être guillotinés ou pendus avant l'arrangement des ratifications. Le cabinet britannique rejette donc dans l'immédiat toute tentative d'accommodement. « Si nous traitions avec Marat, avant la fin de la négociation, il retomberait dans la lie populaire dont il est sorti et laisserait la place à un scélérat encore plus désespéré que lui[62]. » Pour autant du au , Marat demande et obtient une indulgence relative pour la Gironde : Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède, François Lanthenas, Jean Dussaulx et Jean-François Ducos sont rayés, sur sa demande, des listes de proscription de la Gironde par la nouvelle convention montagnarde. Le , Marat est nommé symboliquement au comité colonial — une décision interprétée comme un signe de radicalisation croissante au sein du gouvernement révolutionnaire. Son influence réelle dans ce domaine reste toutefois limitée en raison de son état de santé.

Assassinat

Portrait de Charlotte Corday, Jean-Jacques Hauer, XVIIIe siècle.

Depuis le , Marat ne se présente plus à la Convention. L'évolution de sa maladie l'empêche de paraître en public. D'après le docteur Souberbielle, l'origine du mal était herpétique. Le docteur Cabanès a avancé la probabilité d'une forme grave d'eczéma ou des conséquences d'un diabète[63]. D'autres maladies sont évoquées : dermatite herpétiforme, scabiose, dermite séborrhéique[64]. Les dernières recherches privilégient l'hypothèse de la dermatite séborrhéique[65],[66]. Sa maladie de la peau a commencé à l'aine et s'est ensuite répandue sur tout son corps, causant de terribles démangeaisons et des ulcères douloureux. À partir du , son état s'aggrave et l'oblige à prendre continuellement des bains curatifs au soufre dans sa baignoire sabot en cuivre, ainsi qu'à envelopper sa tête d'un mouchoir trempé de vinaigre pour soulager ses migraines. Mais, de cette baignoire équipée d'un écritoire, il envoie régulièrement des lettres à la Convention qui ne sont jamais discutées[67].

Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont est une jeune femme issue d'une famille noble et royaliste désargentée de Caen, et dont le déclassement s'est accéléré avec la Révolution. Ses frères sont des émigrés qui ont rejoint l'armée des princes royaux en exil[68]. Elle prend connaissance des événements révolutionnaires en rencontrant plusieurs députés girondins qui se sont réfugiés à Caen après leur mise en accusation par la Convention. Bien qu'ouverte aux idées nouvelles, la jeune femme est indignée par les excès de la Révolution. Considérant Marat comme un tyran et le principal instigateur des massacres révolutionnaires, elle décide de l'éliminer. Par la même occasion, elle espère, avec son sacrifice, redonner à sa famille sa distinction passée, rejoignant la grande tradition de l'héroïsme nobiliaire[68].

Étude de Jacques-Louis David : visage de Marat d'après son masque mortuaire[69], musée national du château de Versailles.

Le , elle arrive à Paris dans l'intention d'assassiner Marat dans l'assemblée, mais doit revoir ses plans en ayant appris son absence à la Convention[70]. Le , Marat reçoit la visite de députés jacobins, dont le peintre Jacques-Louis David, qui sont les derniers à le voir vivant. Le , Charlotte Corday se présente une première fois au domicile du tribun, au 30 rue des Cordeliers, en fin de matinée, mais Simone Évrard, sa compagne, refuse de la laisser entrer. Elle essaye une deuxième fois d'entrer en contact sans succès, mais elle fait communiquer une lettre qu'elle a écrite communiquant des informations sur un prétendu complot[70]. À la troisième tentative, c'est Marat lui-même qui demande qu'on la laisse entrer. Après un entretien qui, selon Simone Évrard, dure environ un quart d'heure, Charlotte Corday sort un couteau et frappe Marat à la poitrine, le trajet de la lame qui traverse le poumon droit, l'aorte et le cœur, entraîne sa mort dans sa baignoire[71]. Corday, qui se réclame elle-même d'une « culture du fer », n'a eu besoin que d'un seul coup de couteau pour tuer Marat[68].

Ne voulant pas rester anonyme, elle porte sur elle son acte de baptême au cas où elle se serait fait tuer avant d'avoir donné son identité[68]. Charlotte Corday est arrêtée sur les lieux du meurtre. Afin de faire rejaillir sa gloire rapide et spectaculaire sur le lignage des Corday d’Armont, elle prie le Comité de sûreté générale de lui envoyer un miniaturiste en prison[68]. Après son jugement par le Tribunal révolutionnaire, elle est guillotinée le .

Représentations de l'assassinat de Marat

Funérailles

Cortège funèbre lors des obsèques de Marat le .
Tombeau de Jean-Paul Marat dans le jardin des Cordeliers, en juillet 1793

Le peintre et conventionnel Jacques-Louis David est chargé de préparer les funérailles de Marat qui, surtout uni à Lepeletier de Saint-Fargeau, est présenté comme martyr de la Liberté, avec toute la phraséologie chère à l'époque. Cet épisode de communication intense ne dure que quelques mois, mais a un fort impact, y compris historiographique. Le , David prépare l'exposition du corps aux Cordeliers, mais l'état de décomposition, dû à une chaleur intense, ne permet pas de montrer Marat au public, le peintre décide de le recouvrir entièrement d'un drap, sauf la plaie causée par l'assassinat[72].

Grand organisateur des cérémonies, David a « mis au point une pompe grandiose, une des grandes scénographies de la Révolution »[73]. Il prévoit pour le mardi un impressionnant cortège qui part vers 18 heures. Le convoi part de la rue des Cordeliers, passe par la rue de Thionville (actuelle rue Dauphine), le pont-Neuf, le quai de la Ferraille et remonte jusqu'au Théâtre-Français, pour se rendre aux Cordeliers, où a lieu l'inhumation. La réalisation du tombeau est confiée à son ami le sculpteur François Martin[74]. Un peuple immense défile toute la nuit, à la lueur des flambeaux. Le Club des cordeliers a demandé à déposer dans le lieu de ses séances le « cœur » de Marat, il rejoint celui de Buirette de Verrières qui y est déjà exposé. Dans les semaines qui suivent, des centaines d'hommages seront faits à l'Ami du peuple à travers la France et des statues des « martyrs » sont inaugurées un peu partout[réf. souhaitée].

Fabrication d'un martyr politique et hommages

Inauguration du buste de Marat au tombeau qui a été élevé pour sa gloire et celle de Lazowski, place de la Réunion à Paris[75].

La mort de Marat est immédiatement transformée en mort sacrificielle. Après son assassinat, les Montagnards et les milieux populaires proches des sections parisiennes s'emparent de l'événement : Marat est présenté comme « l'Ami du peuple » assassiné par les ennemis de la Révolution. Sa mort permet de transformer un personnage politique extrêmement controversé en victime exemplaire[76],[77].

Le corps de Marat devient un objet politique et symbolique. Son cœur, son buste, ses représentations sont utilisés dans les cérémonies et dans les espaces publics. Le but principal de cette héroïsation est de faire de l'assassinat de Marat une preuve du complot contre la Révolution : Charlotte Corday est présentée non pas simplement comme une meurtrière individuelle, mais comme l'instrument des ennemis de la Révolution[76],[77].

Sa panthéonisation produit une biographie exemplaire dans laquelle sont omis le journaliste polémiste, le théoricien de la violence pour ne garder que l'homme pauvre, défenseur du peuple, assassiné par les ennemis de la liberté. L'un des buts les plus immédiats est d'unifier les Montagnards et le mouvement populaire autour d'un martyr. Enfin, cette transformation de Marat en « martyr de la Liberté » participe à la création d'un panthéon républicain, avec ses grands hommes, ses martyrs, ses cérémonies, ses images et ses fêtes[76],[77].

L'exploitation politique de la mort passe notamment par Jacques-Louis David, dont le rôle est absolument central, et son tableau Marat assassiné peint en 1793. David ne réalise pas simplement un portrait réaliste du cadavre. Il produit une « image sublimée » de martyr : Marat apparaît paisible dans sa baignoire, telle une figure christique. L'image est parfaitement adaptée à la transformation de Marat en martyr de la Révolution[73],[78]. La scène de l'assassinat suscite rapidement une intense production iconographique en France comme à l'étranger[73].

Plusieurs villes de France, comme Saint-Nazaire-sur-Charente[79] ou Le Havre[80], se rebaptisent « Marat », et d'autres « Marathon » (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs). Ce changement de nom ne dure que quelques mois.

Jean Baffier. Sculpture de Marat face à l'entrée du musée de la Révolution française.

Le , la rue des Cordeliers, où a été assassiné Marat à son domicile, est baptisée rue Marat, en même temps que l'on renomme la rue de l'Observance, place de l'Ami du Peuple[81]. Aujourd'hui encore, quelques rues (Bordeaux, Ivry-sur-Seine, Décines-Charpieu) portent son nom.

Marat est « panthéonisé » en et entre au Panthéon le [82], mais dès le [83], en pleine réaction thermidorienne, un nouveau décret le dépanthéonise en précisant que l'image d'aucun citoyen ne figurera plus dans l'Assemblée ou en un lieu public quelconque que dix ans après sa mort. Le Moniteur du 16 pluviôse an III () relate comment, deux jours plus tôt, « des enfants ont promené » un buste de Marat « en l'accablant de reproches [et] l'ont ensuite jeté dans l'égout, en lui criant : « Marat, voilà ton Panthéon ! » »[84]. Le , le monument élevé à sa mémoire sur la place du Carrousel est détruit. Puis un vaste mouvement d'autodafés et de bris de bustes gagne les départements[85].

Les restes du cadavre sont inhumés dans le cimetière de Sainte-Geneviève (disparu aujourd'hui, recouvert en partie par les immeubles de la bibliothèque Sainte-Geneviève), près de l'église Saint-Étienne-du-Mont. Le [86], son tableau est rendu à David qui le conserve jusqu'en 1820, date à laquelle il est confié à Antoine-Jean Gros qui le cache à Paris jusqu'à la mort du peintre[87].

En , le cuirassé russe Petropavlovsk est renommé Marat jusqu'à son démantèlement en 1952[88]. En 1989, à l'occasion du bicentenaire de la Révolution, un téléfilm intitulé Les Jupons de la Révolution : Marat est consacré à la vie du révolutionnaire. Le rôle de Marat adulte est tenu par l'acteur Richard Bohringer.

En 2012, une sculpture en bronze de Jean-Paul Marat est réalisée par la fonderie Barthélemy Art, d'après le second modèle en plâtre de Jean Baffier de 1883, afin d'être installée sur le parvis du musée de la Révolution française à Vizille[89]. Une première version en bronze de 1883 avait été achetée par la ville de Paris et installée dans différents parcs publics, le parc Montsouris puis les jardins du musée Carnavalet et enfin le parc des Buttes-Chaumont avant d'être fondue sous le régime de Vichy, dans le cadre de la mobilisation des métaux non ferreux. Sur l'énorme bloc de pierre supportant la sculpture, une citation extraite du journal de Marat, L'Ami du peuple, est gravée : « Tu te laisseras donc toujours duper, peuple babillard et stupide. Tu ne comprendras jamais qu'il faut te défier de ceux qui te flattent ».

Annexes

Bibliographie

Ouvrages de Jean-Paul Marat

C'est François Chèvremont (référence ci-dessous) qui a effectué le travail bibliographique de base sur l'œuvre de Marat. Pour une approche critique des œuvres prérévolutionnaires, voir Jacques De Cock, Marat avant 1789.

Les œuvres politiques de Marat ont fait l'objet d'une première publication d'ensemble (Pôle Nord, Bruxelles, 1989–1995) qui ouvre la voie à une édition critique qui reste à faire.

Études historiques et essais

  • Alfred Bougeart, Marat, l'ami du peuple, Paris, A. Lacroix, Verboeckhoven & Ce Éditeurs, 1865, 2 vol., 438 pages [Texte intégral], [Volume 1].
  • François Chevremont, Esprit politique et scientifique de l'œuvre de Marat, 2 volumes, Paris, 1880.
  • Augustin Cabanès, Marat inconnu L'homme privé, le médecin, le savant, 1re édition 1891 ; 4e édition Paris, Abin Michel.
  • Augustin Kuscinsky, « Marat Jean-Paul », Dictionnaire des conventionnels, 1916.
  • (en) Louis R. Gottschalk, A Study of Radicalism, New-York, Londres, 1927.
  • Gérard Walter, « Marat à la veille du 10 août », Annales historiques de la Révolution française, no 47,‎ , p. 418–430 (lire en ligne).
  • Gérard Walter, Marat, Paris, Éditions Albin Michel, coll. « Les Grands révolutionnaires : études historiques », , 448 p.
    Nouvelle édition : Gérard Walter, Marat, Paris, Éditions Albin Michel, , 506 p.
  • Frantz Funck-Brentano, Marat, ou le Mensonge des mots, Paris, Grasset, 1941.
  • Charles Reber, Un homme cherche la liberté. Jean-Paul Marat, Boudry-Neuchâtel, Éditions La Baconnière, 1950.
  • Jean Massin, Marat, Paris, Club français du livre, coll. « Portraits de l'histoire », , 306 p. (présentation en ligne)
    Nouvelle édition : Jean Massin, Marat, Aix-en-Provence, Alinéa, , 2e éd. (1re éd. 1960), 308 p. (ISBN 2-904631-58-5).
  • Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française, 1901–1908, réédition, Paris, Éditions sociales, 6 volumes, 1968.
  • Jean-Claude Bonnet (dir.), La Mort de Marat, Paris, Flammarion, , 510 p. (ISBN 2-08-211526-7, présentation en ligne).
  • Mona Ozouf, « Marat Jean-Paul », dans François Furet, Mona Ozouf (dir.), Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988 (rubrique acteurs), 1992, Garnier Flammarion, 5 volumes, tome 1.
  • Jacques Guilhaumou, 1793 : la mort de Marat, Bruxelles, Complexe, coll. « La Mémoire des siècles » (no 212), , 169 p. (ISBN 2-87027-276-6, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Jean-Philippe Giboury, « Marat Jean-Paul », Dictionnaire des régicides, Paris, Perrin, 1989.
  • Michel Vovelle, « Marat Jean-Paul », dans Albert Soboul, Jean-René Surrateau (dir.), Dictionnaire Historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, 1989.
  • Olivier Coquard, « Le Paris de Marat », dans Paris et la Révolution : actes du colloque de Paris I, 14-16 avril 1989, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire moderne » (no 22), , 391 p. (présentation en ligne), p. 173–184.
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  • Olivier Coquard, « Un inédit de Marat », Annales historiques de la Révolution française, no 285,‎ , p. 377–379 (lire en ligne).
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  • Olivier Coquard, Marat, Paris, Fayard, , 569 p. (ISBN 2-213-03066-9, présentation en ligne).
  • Olivier Coquard, « Marat et Robespierre : la rencontre de deux politiques révolutionnaires », dans Jean-Pierre Jessenne, Gilles Deregnaucourt, Jean-Pierre Hirsch, Hervé Leuwers (dir.), Robespierre. De la nation artésienne à la République et aux nations : actes du colloque, Arras, 1-2-3 avril 1993 / [organisé par le] Centre d'histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, Villeneuve-d'Ascq, Centre d'histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, coll. « Histoire et littérature régionales » (no 11), , 458 p. (ISBN 2-905637-22-6, lire en ligne), p. 157–166.
  • Olivier Coquard, « Les « textes choisis » et l'invention du personnage : l'exemple de Marat », dans Jean-Paul Bertaud, Françoise Brunel, Catherine Duprat... [et al.] (dir.), Mélanges Michel Vovelle : sur la Révolution, approches plurielles / volume de l'Institut d'histoire de la Révolution française, Paris, Société des Études Robespierristes, coll. « Bibliothèque d'histoire révolutionnaire. Nouvelle série » (no 2), , 598 p. (ISBN 2-908327-39-2), p. 329–342.
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  • Guillaume Mazeau, « La violence évitée : citoyens ordinaires face à l'assassinat de Marat », Revue d'histoire moderne et contemporaine, nos 57-1,‎ , p. 7–24 (lire en ligne).
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  • Julien Broch, « L'autopsie du cœur des rois dans Les chaînes de l'esclavage (1774) du docteur Marat », dans J. Broch (dir.), Médecins et politique (XVIe– XXesiècles). Études d'histoire des idées politiques et sociales, Bordeaux, LEH Édition, coll. « Les Cahiers du droit de la santé », 2019, p. 67–94.
  • (en) Keith Michael Baker, Jean-Paul Marat: Prophet of Terror, Chicago: University of Chicago Press, 2025. 952 pp. (ISBN 978-0226820927)

Fictions

Livres

Films et séries

Théâtre

Notes et références

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