Jean-Hilaire Aubame
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| Jean-Hilaire Aubame | |
| Fonctions | |
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| Chef du gouvernement provisoire du Gabon | |
| – (1 jour) |
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| Prédécesseur | Léon Mba |
| Successeur | Léon Mba |
| Ministre des Affaires étrangères | |
| – (2 ans et 2 jours) |
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| Prédécesseur | André Gustave Anguilé |
| Successeur | Jean François Ondo |
| Député français | |
| – (12 ans, 7 mois et 17 jours) |
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| Élection | 10 novembre 1946 |
| Réélection | 17 juin 1951 2 mai 1956 |
| Circonscription | Gabon français |
| Législature | Ire, IIe et IIIe (Quatrième République) Ire (Cinquième République) |
| Groupe politique | SOC (1946-1951) IOM (1951-1959) |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Libreville (Afrique-Équatoriale française) |
| Date de décès | (à 76 ans) |
| Lieu de décès | Libreville (Gabon) |
| Nationalité | Gabonaise |
| Parti politique | Union démocratique et sociale gabonaise |
| Profession | Fonctionnaire des douanes |
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| Chef de gouvernement gabonais | |
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Jean-Hilaire Aubame, né le à Libreville et mort le à Libreville[1], est un homme d'État gabonais.
Membre de la France libre et collaborateur du gouverneur général de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), Félix Éboué, Aubame est élu en 1946 député du Gabon à l’Assemblée nationale française. Il se consacre alors tout entièrement à la recherche de solutions concernant les problèmes des populations africaines.
Lors de l’indépendance du Gabon, en démocrate convaincu, Aubame prône l'instauration d’un régime parlementaire face au chef de l'État Léon Mba, tenant d’un régime présidentiel fort. Ce dernier l’emporte finalement et se laisse entraîner dans une dérive dictatoriale. Malgré son rôle de chef de l’opposition, Aubame accepte de devenir ministre des Affaires étrangères en 1961. Mais en 1963, Mba, qui n’a plus besoin de lui, décide de l’éliminer. Porté au pouvoir en 1964 par un putsch qu'il n’a pas souhaité, Aubame devient l'éphémère chef d'un gouvernement provisoire que les Français s'empressent de renverser militairement afin de rétablir Mba.
Jeunesse et résistance
Jean-Hilaire Aubame est d'origine fang[2]. À l’âge de huit ans, il perd son père puis, à onze ans, sa mère[3]. Orphelin, il est accueilli à l'école catholique de Donguila où il rencontre en 1926, un an avant de quitter la mission, l’abbé Jean Obame, demi-frère aîné de Léon Mba[3]. Après avoir accompli sa scolarité dans des missions catholiques, Donguila et le Séminaire St-Jean, il entre dans l'administration des douanes le [1]. D’abord nommé à Libreville en 1931, il est muté en 1935 à Bangui puis prend en 1936 la direction des douanes de Brazzaville[1]. Cette année-là, il cofonde la Mutuelle gabonaise avec le frère de l'homme politique gabonais Louis Bigmann[4].
À la suite de l'Appel du 18 juin 1940, il rejoint la France libre et est envoyé en mission au Gabon afin de rallier les populations au général de Gaulle[5]. À Libreville, il rencontre le gouverneur-général de l’AEF Félix Éboué[5] qui l’intègre le à son administration[1]. D'autre part, le , Aubame est élu président de la commission municipale de Poto-Poto à Brazzaville, poste qu'il occupe jusqu'au [1]. Après la mort d'Eboué en , Aubame travaille comme conseiller auprès du nouveau gouverneur-général André Bayardelle et de son secrétaire André Soucadaux. Ces derniers l'encouragent à se présenter aux élections législatives, ouvertes désormais aux autochtones[4]. Il retourne donc au Gabon faire campagne, où il reçoit le soutien de l'administration et des missionnaires[4].
Le député du Gabon

La circonscription où il se présente, rassemble alors le Gabon et le Moyen-Congo. Malgré ses importants appuis, Aubame est défait par le Congolais Jean Félix-Tchicaya qui le bat lors des élections constituantes de 1945 puis 1946[1]. À l'occasion des élections législatives du , le Gabon devient une circonscription à part entière pour le collège des autochtones. Aubame est élu député sous l’étiquette de la SFIO avec 7 069 voix sur 12 528 suffrages exprimés[1].
Au Palais Bourbon, le nouveau député s’investit tout particulièrement dans les questions concernant l’Afrique[1]. Nommé en 1949 à la Commission des territoires d'outremer, il dépose plusieurs propositions de loi concernant l'institution d'un code du travail pour les territoires français d'Afrique, ainsi que sur le régime des communes en Afrique-Équatoriale française[1]. De 1953 à 1955, il devient vice-président de cette Commission. Il propose une loi visant à augmenter la représentation des territoires d'outremer et des territoires associés au Conseil économique[1]. Défenseur du concept de « République française fédérale », entité au sein de laquelle la République française aurait été sur un pied d'égalité avec ses territoires d'outre-mer devenus des républiques, il se prononce le pour les pouvoirs spéciaux en Algérie[1]. Par ailleurs, Aubame est également très actif à la Commission de la marine marchande et des pêches dont il assure à de nombreuses reprises le secrétariat[1].
Siégeant au départ avec les socialistes, il les quitte pour rejoindre le groupe parlementaire des Indépendants d'outremer animé par le Sénégalais Léopold Sédar Senghor[1]. Ainsi, le , Aubame est réélu en tant que candidat indépendant avec 17 329 voix sur 29 203 suffrages exprimés, puis de nouveau le avec 26 712 voix sur 57 031[1]. Il devient un temps vice-président puis président de son groupe parlementaire le [1]. Durant tous ces mandats, Aubame vit à Paris mais retourne régulièrement au Gabon[4].
La course au pouvoir
Bien que député en France, Jean-Hilaire Aubame continue à s’intéresser à la vie politique locale de son pays. En 1947, il fonde son propre parti, l’Union démocratique et sociale gabonaise (UDSG)[6]. Assez rapidement, la vie politique du Gabon est menée entre Aubame, soutenu par les Missions et l’administration, et Léon Mba, soutenu par les colons[7] .
En 1952, il est élu conseiller à l'Assemblée territoriale[1] pour la province de Woleu-Ntem, considérée comme son bastion. Réélu en mars 1957, son parti arrive premier avec 18 sièges sur 40 devant le Bloc démocratique gabonais (BDG) de Mba qui n’en reçoit que 16[8] . Mais à la suite de retournements douteux, le parti de Mba obtient 21 sièges contre 19 pour celui d’Aubame[9] . Faute de majorité absolue, les deux partis sont contraints de présenter le une liste commune pour l’élection du gouvernement qui se fait au détriment d’Aubame[9] . Le même jour, Léon Mba est nommé vice-président du Conseil du gouvernement[9] . Rapidement, des dissensions apparaissent au sein du gouvernement, qui poussent Aubame à faire démissionner ses partisans du gouvernement et à déposer une motion de censure contre le gouvernement[10] . La motion est repoussée par 21 voix contre 19[10] . Face à cette victoire de Mba, de nombreux élus UDSG passent dans la majorité parlementaire, donnant au gouvernement 29 députés sur 40[10] .
Bien que n’ayant pas pris part, en tant que député en France, au vote du , qui accorde la confiance au général de Gaulle sur son programme et sa politique[1], il appelle à voter « oui » au référendum sur la Communauté franco-africaine du [11].