Jean-Hélie Duboys de Labernarde

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Autres noms
Duboys de Labernarde de Labarre
Allégeance
Royaume de France
Jean-Hélie Duboys de La Bernarde
Jean-Hélie Duboys de Labernarde, maréchal des camps et armées du roi
Biographie
Naissance
Décès
Autres noms
Duboys de Labernarde de Labarre
Allégeance
Royaume de France
Activité
Officier généralVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Autres informations
Arme
Cavalerie
Grade
Maréchal des camps et armées du Roi
Distinction
Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (1760)
Blason.

Jean-Hélie Duboys de La Bernarde (également sous la forme Duboys de Labernarde de Labarre), né en 1716 à Saint-Amant-de-Boixe (Charente) et mort en 1802 à Angoulême, est un officier général français, maréchal des camps et armées du roi [1], chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, proche collaborateur du duc de Broglie, figure majeure de l'armée royale sous Louis XV et Louis XVI, et de son frère le Comte de Broglie, chef du Secret du Roi sous Louis XV.

Entré dans l’armée en 1736 au régiment du Périgord[2], Jean-Hélie Duboys de La Bernarde combat lors de la Guerre de Succession de Pologne (1736-1738). Volontaire au régiment d’Orléans-Dragons, il participe à la Guerre de Succession d’Autriche (1742-1748). En particulier, il participe au Siège de Prague (1742), sous le commandement du Maréchal François-Marie de Broglie, puis sous le commandement du duc de Richelieu, il prend part à la bataille de Fontenoy en 1745[3].

Sous les ordres du duc et du comte de Broglie, il participe de 1757 à 1762, à la Guerre de Sept Ans. Commandant « l'administration des fourrages et des voitures de la Hesse », liée à l'avant-garde de l'armée du Rhin, il rédige et met en œuvre des instructions et règlements logistiques dont s’inspire une ordonnance royale. Il assure une économie substantielle aux finances de l'armée (plus de 250 000 écus). Cela lui vaut d’être promu chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1760. Il rédige plusieurs bulletins militaires en collaboration avec le comte de Broglie relatant les opérations de Cassel et de Hesse. Il contribue de manière déterminante à la libération du siège de Cassel par le comte de Broglie.

Son dossier militaire loue « un officier d’un mérite distingué, intelligent et utile à l’armée ».

Il accomplit des missions spéciales entre 1763 et 1774, en lien avec le comte de Broglie, le duc de Choiseul et sans doute pour le Secret du Roi[4].

En 1778, membre de l’état-major, il est chargé d'organiser le Quartier Général du camp de Vaussieux proche de Bayeux[5]. Cette opération militaire, qui réunit plus de 30 000 hommes et la fine fleur de l’armée du Roi, est commandée par le maréchal de Broglie. Elle vise à faire croire à la Couronne britannique qu'une invasion de l'Angleterre se prépare, afin d’obliger à ce qu'une grande partie de l'armée britannique soit maintenue loin du théâtre des opérations du Nouveau Monde pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis.

Il est nommé brigadier en 1780, chargé de superviser la construction de deux routes d'intérêt militaire en Corse et de commander un camp destiné à protéger les travaux contre « les attaques des indigènes »[6].

En 1788, il est nommé maréchal des camps et armées du Roi, grade qui l’anoblit officiellement. Il se retire du service deux mois avant la prise de la Bastille, « bel instinct » [7].

La carrière militaire de Jean-Hélie Duboys de La Bernarde est étroitement liée à celles du duc Victor-François de Broglie et surtout de son frère, le comte Charles-François de Broglie, maître du Secret du Roi. Le fils du duc, Victor, écrit en 1816 au fils de Jean-Hélie : « Je me rappelle trop bien, Monsieur, avoir entendu mon père parler avec beaucoup d’éloges de votre père et de l’amitié inaltérable qui les liait. »[8].

Quand le comte de Broglie, disgracié, s’installe à Ruffec (1762), Jean-Hélie devient son intime et son relais angoumoisin. Il expérimente avec le comte des projets agricoles, défend les intérêts angoumoisins du comte et place son frère comme intendant du marquisat de Ruffec[9]. Il œuvre discrètement auprès du comte de Broglie pour faciliter ses ambitions américaines[10]. Par exemple, en 1775, il fait nommer son neveu François Duboys de La Molignière à Saint-Domingue, agent de Broglie sous une couverture de conseiller de justice. Il facilite les missions secrètes de son neveu[11] , qui transmet un projet de Constitution à George Washington [12] et à Benjamin Franklin [13] en 1783, leur écrivant notamment : « Je m’estimerai trop récompensé si le projet de législation dont je m’occupe depuis sept ans peut mettre le sceau à la liberté d’un peuple que vous avez déjà presque opérée. Le chef de ma famille, M. Duboys de La Bernarde, brigadier des armées du roi, est au surplus le seul à qui j’en aie parlé. »

Biographie

Issu d’une lignée de procureurs fiscaux de la baronnie de Montignac (Charente), Jean-Hélie appartient à une famille solidement enracinée dans l’Angoumois depuis le XVe siècle[14]. Il est le fils de François Duboys de La Bernarde du Breuil (ca. 1682-1764) et de Jeanne Hériard (1689-1771), apparentée aux Hériard-Dubreuil [15]. La famille Duboys possède plusieurs domaines — La Bernarde, La Brune, La Plaine, La Broue, La Molignière, La Barre — à l’origine de branches distinctes[16].

Jean-Hélie Duboys de La Bernarde épouse en 1771 Marie-Thérèse Bourée de Balzac (1736-1773), héritière du domaine de La Barre à Villejoubert. Veuf, il se remarie en 1781 avec Guillemine de Guimard de Couziers. De son premier mariage naît Louis-Robert Duboys de Labarre, futur maire d'Anaïs, conseiller général, chef d'état-major de la garde nationale du département de la Charente. Un de ses petits-fils, Léo Duboys de Labarre, fut peintre, élève d’Eugène Delacroix et membre de la Société d’agriculture de la Charente[15],[16].

Retiré temporairement de l’armée de 1763 à 1774, Jean-Hélie Duboys de La Bernarde consacre alors son temps à la modernisation agricole de ses domaines. Précurseur d’une noblesse terrienne réformatrice[17], il introduit la pomme de terre en lien avec le comte de Broglie dès 1762 en Angoumois (bien avant Antoine Parmentier, qu'il a rencontré en Prusse), développe la culture du sainfoin, crée des prairies artificielles, agrandit son vignoble, améliore l'usage de la traction attelée et supprime quasiment la jachère. Il met en place des circuits de commercialisation locale (livraison de ses barriques aux premières maisons de « cognac » ou livraison de paille, foin, avoine et vin aux tenanciers de la route Turgot, et récupération du fumier en retour). Il distribue à ses laboureurs des plants de pomme de terre lors des disettes[14],[10].

En 1778, il rédige un recueil intitulé Sept lettres à mon fils, ouvrage de valeurs morales et politiques destiné à son unique héritier. Ces lettres, d’inspiration nobiliaire et chrétienne, exaltent la religion, la vertu, le service du Roi et l’ordre social, tout en dénonçant les excès du luxe, de l’usure et du libéralisme économique. Elles constituent un témoignage rare de la mentalité de la petite noblesse provinciale à la veille de la Révolution française[18],[19].

Représentant de la noblesse aux États-généraux de l’Angoumois, il est nommé maire de Villejoubert en 1790, puis en est démissionné en .

À la suite de l’émigration de son fils Louis-Robert Duboys de Labarre (1773-1857), passé dans l’armée de Condé, ses biens sont séquestrés. Jean-Hélie mène alors une guérilla administrative, multipliant recours et manœuvres juridiques[20]. Lors des adjudications de ses biens en 1796, il les fait racheter par deux neveux (dont Pierre Duboys Labernarde, administrateur révolutionnaire du département de la Charente) qui s’engagent à les restituer plus tard. Tout est légal et imparable, et cela fonctionne : son fils récupère ses biens en 1803[21].

Jean-Hélie finit sa vie modestement et meurt à Angoulême en 1802 à 86 ans, sans avoir revu son fils unique, Louis-Robert Duboys de Labarre.

Distinctions

Références

Voir aussi

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