Jean-Jacques Simard
écrivain et sociologue canadien
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Jean-Jacques Simard est un professeur et sociologue québécois né en 1945 à Kénogami.
| Professeur émérite (en) Université Laval | |
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Prix du Gouverneur général : études et essais de langue française () |
Parcours académique
Après avoir entamé des études à l'école des Beaux-Arts de Montréal, il s'établit en 1967 à Wemidji pour enseigner le français à la population Crie, où il participe à la création d'une coopérative. Il est ensuite recruté comme fonctionnaire pour promouvoir le développement économique du "Nouveau-Québec"[1].
Il reprend en 1969 des études en anthropologie, avant de bifurquer vers la sociologie ; il devient professeur de sociologie à l'Université Laval en 1976, et soutient sa thèse de doctorat en 1982, consacrée aux Inuit du Nunavik et à l'expérience coopérative qu'il a menée avec eux.
En 1988-1989, il a assuré la rédaction de Recherches sociographiques, revue éditée par le Département de sociologie, Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, Canada.
Engagement sur les questions autochtones
Il a piloté le premier projet moderne d'autonomie gouvernementale autochtone au Canada. Critique du développement hydroélectrique de la Baie-James, il quitte ensuite la fonction publique et sert de conseiller auprès des « Inuits dissidents » (Inuit Tungavingat Nunamini) à la Convention de la Baie-James (CBJNQ). Il est considéré comme « l’un des partisans et penseurs » de ce mouvement des Inuit dissidents, qui défendent un projet de gouvernement autonome pour éviter la dépendance à la fois économique et politique au gouvernement du Québec[2].
Pour Simard, ce projet politique d'émancipation est notamment lié à l'influence des coopératives au Nunavik, qui a ouvert, pour les communautés Inuit, un espace politique qui leur était propre. Il explique dans sa thèse de doctorat qu'à travers le mouvement coopératif, initié dans les années 1960, les Inuit du Nunavik ont fait l'expérience de leur capacité d'auto-détermination en trouvant « un moyen d’échapper à la domination gouvernementale » tout en trouvant une place dans la structure économique du Québec contemporain[3]. L'engagement de Simard auprès des Dissidents prend son origine dans ses liens avec le mouvement coopératif : dès 1974, la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec lui demande de produire une analyse de l'entente préliminaire à la CBJNQ[4] ; son analyse critique contribue à l'entrée des membres du mouvement coopératif en dissidence à la Convention.
Simard rédige plusieurs rapports pour différentes institutions sur la situation et les aspirations des Inuit du Nunavik, et plus généralement sur la « condition autochtone » au Québec[5]. En 1992, à la demande de la Commission Bélanger-Campeau sur l'avenir du Québec, il rédige pour la Commission d'étude des questions afférentes à l'accession du Québec à la souveraineté un rapport intitulé "Le Problème autochtone" ; il souligne en introduction que ce "problème" est tout autant celui des Autochtones que des non-autochtones au Québec, et qu'il concerne tous les "québécois"[6]. Simard actualise ses analyses dans un nouveau rapport le 4 février 2002[7].
Œuvres
- La Longue Marche des technocrates, 1979
- La révolution congelée : coopération et développement au Nouveau-Québec Inuit, thèse pour le doctorat, Université Laval, 1982
- Tendances nordiques - Les changements sociaux, 1970-1990, chez les Cris et Inuits du Québec, 1995
- La Réduction: l’Autochtone inventé et les Amérindiens d’aujourd’hui, Septentrion, 2003
- L'Éclosion, Septentrion, 2005
Honneurs
- 2004 - Prix du Gouverneur général, pour La Réduction: l’Autochtone inventé et les Amérindiens d’aujourd’hui