Jean-Joseph Mouret
compositeur français du premier XVIIIe siècle
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Jean-Joseph Mouret, né le [1] à Avignon et mort le à Charenton-Saint-Maurice, est un musicien et compositeur baroque français.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 56 ans) Charenton-Saint-Maurice |
| Surnom |
Le musicien des Grâces |
| Activités |
| Mouvements | |
|---|---|
| Genre artistique |
assimilé au style de Lully |
Son talent lui a valu le surnom de « musicien des grâces ».
Biographie
Il est le fils de Jean Bertrand Mouret, marchand de soie, qui lui fait donner une bonne éducation et, constatant ses dons précoces pour la musique, favorise ce choix. Il chante avec talent, commence à composer avec réussite et, vers l'âge de vingt-cinq ans, vient s'établir à Paris.
Talentueux et doté d'un caractère agréable, il ne tarde pas à s'y faire connaître et, en , parvient à être présenté à Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils légitimé du roi et à son épouse Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé, duchesse du Maine qui, entourée de ses "Chevaliers de la Mouche à Miel", organise en son Château de Sceaux des soirées aux divertissements réputés.
Il commence par être embauché comme maître de musique des enfants du couple princier : Louis Auguste II de Bourbon (1700-1755), Prince des Dombes, joue du basson et deviendra même un musicien réputé au sein des spectacles que Madame de Pompadour donnait dans son Théâtre des Petits Appartements de Versailles ; Louis Charles de Bourbon comte d'Eu, joue du violon ; Louise-Françoise de Bourbon dite Mademoiselle du Maine (1707-1743) qui chante et touche le clavecin.
La carrière de Jean-Joseph Mouret s'amorce sous ces auspices favorables. Il est bientôt nommé surintendant de la musique de la cour de Sceaux, participant aux salons littéraires et aux fêtes des Grandes Nuits de Sceaux. Il sera au service du duc et de la duchesse jusqu'en 1736, tout en travaillant de façon parallèle et indépendante à Paris. De Madeleine Prompt de Saint-Marc, épousée à Versailles, le [2], il a eu une fille unique Françoise Louise née à Paris le [3],[4]. Il collabore à l'Académie royale de Musique, ainsi qu'à la Comédie-Italienne, puis assume le poste de directeur du Concert Spirituel, ce qui lui procure une certaine aisance financière. Cependant, la fin de sa vie est assombrie par des déboires : il est atteint par la déchéance et la folie. Il finit pauvrement son existence à l'asile de Charenton.
Œuvre
Musique dramatique
Académie royale de musique
| Titre | Genre | Librettiste | Date de création |
|---|---|---|---|
| Les Fêtes de Thalie | Ballet - Prologue et 3 entrées | Joseph de La Font | |
| « La Critique des Fêtes de Thalie » | Entrée ajoutée aux Fêtes de Thalie | Joseph de La Font | |
| « La Veuve coquette » | Entrée ajoutée aux Fêtes de Thalie | Joseph de La Font | |
| « La Provençale » | Entrée ajoutée aux Fêtes de Thalie | Joseph de La Font | |
| Ariane | Tragédie en musique - Prologue et 5 actes | Pierre-Charles Roy | |
| Pirithoüs | Tragédie en musique - Prologue et 5 actes | Jean-Louis-Ignace de La Serre | |
| Les Amours des dieux | Ballet héroïque - Prologue et 4 entrées | Louis Fuzelier | |
| Le Triomphe des sens | Ballet héroïque - Prologue et 5 entrées | Pierre-Charles Roy | |
| Les Grâces | Ballet héroïque - Prologue et 3 entrées | Pierre-Charles Roy | |
| Le Temple de Gnide | Divertissement en un acte | Pierre-Charles Roy et Bellis | |
| Les Amours de Ragonde | Opéra en 3 actes | Philippe Néricault Destouches |
Comédie Italienne
Compositeur attitré du Nouveau Théâtre Italien, Mouret compose de 1718 à 1737 la plupart des divertissements musicaux des comédies représentées sur ce théâtre, notamment le « Cahos, Ambigu comique » représenté le . La musique (danse, airs et vaudevilles) est conservée dans les six Recueils de divertissements du Nouveau Théâtre Italien.
Comédie-Française
- Pan et Doris, pastorale héroïque, 1729.
Autres scènes
- Le mariage de Ragonde et de Colin ou La Veillée de Village (1714), Château de Sceaux, XIIIe Grande Nuit (révisé pour l'Opéra de Paris en 1742 sous le titre Les Amours de Ragonde)
- L'Impromptu de Villers-Cotterets, paroles de Charles Dufresny, 1722.
Musique vocale
- Airs sérieux et à boire : 3 livres, 1719-1727.
- Didon, cantate française, 1718.
- Cantates françaises à voix seule avec symphonie (1729) : Andromède et Persée, L'Absence, La Naissance du bal, L'Heureux Hasard.
- Recueil de neuf Cantatilles : Hymne à l'amour, Églé, Léda, Écho, Le Raccommodement, L'Amour vainqueur, Thétis, Épithalame, L'Amour et l'Hymen.
- Cantatilles manuscrites : L'Été, Amour, tout l'univers.
Musique instrumentale
- Sonates à deux flûtes traversières, 6 sonates, 1725.
- Fanfares pour des trompettes, timbales, violons et hautbois avec une suite de symphonies mêlées de cors de chasse, 1729.
- « Première suite » : (Rondeau), Gracieusement sans lenteur, (Gavotte), Gai (Gigue). Exécutée en 1729 au Concert Spirituel dont Jean-Joseph Mouret est directeur, et dédiée au fils de la duchesse du Maine, le prince des Dombes.
- « Seconde suite » : Air ou Prélude, Allegro, Gracieusement I et II, Gavottes I et II, Fanfare, Air, Menuets I et II. Exécutée en 1729 à l'Hôtel de ville de Paris en présence du roi Louis XV.
- Concert de chambre à deux et trois parties, Premier livre, 1734 :
- « Premier concert » : Ouverture, Vénitienne, Air, Rondeau, Passepieds I et II, Sarabande, Tambourins I et II, Chaconne
- « Airs à danser » : Entrée, Air en chaconne, Air de paysan, Menuet, Carillon, Rondeau, Passepieds I et II, Gigue, Cotillon
- Concert de chambre à deux et trois parties, Second livre (1738) : Second concert (Ouverture, Air, Fantaisie, Menuets I et II, Loure, Airs I et II, Airs pastoraux I et II, Rondeau, Chaconne)
Musique religieuse
- Dix Motets à une et deux voix avec symphonie, chantés au Concert Spirituel du château des Tuileries (1742)[5]
Hommages
- Dans le parc de Sceaux, près du Pavillon de l'Aurore sur une colonne de pierre est posée une plaque de marbre sur laquelle est inscrit :
À
Jean-Joseph Mouret
1682-1738
Musicien provençal
surintendant des fêtes
de la Cour de Sceaux
Galerie
- Frontispice pour Les Fêtes de Thalie dans le Recueil général des Opera publié par Ballard (T.XI, 1738).
- Frontispice pour Ariane dans le Recueil Général des Opera publié par Ballard (T.XII, 1734).
- Frontispice pour Le Triomphe des Sens dans le Recueil général des Opera publié par Ballard (T.XV, 1739).