Jean-Marie Beaudet
chef d'orchestre québécois
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Jean-Marie Beaudet, né le à Thetford Mines au Québec et décédé le à Ottawa en Ontario, est un chef d'orchestre, organiste, pianiste, accompagnateur, professeur de musique et grand administrateur à la radio et à la télévision d'État canadiennes.
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Biographie
Quatrième enfant d'une famille qui en comptera seize, Jean-Marie apprend le piano dès son jeune âge comme ses frères et soeurs. Doté de l'oreille absolue, il entreprend des études de piano et d'orgue avec l'abbé Alphonse Tardif au Collège de Lévis et poursuit ses études instrumentales avec Henri Gagnon et Robert Talbot à l'École de Musique de l'Université Laval où il obtient un baccalauréat en 1928.
En 1929, il termine premier dans les catégories de piano et d'orgue au concours pour le Prix d'Europe, un prix qui lui permet de poursuivre ses études musicales en France au Conservatoire de Paris. Il obtient également un diplôme de virtuosité du Conservatoire américain de Fontainebleau. Ses professeurs sont Pierre Lucas et Yves Nat pour le piano, Marcel Lanquetuit et Marcel Dupré pour l'orgue et Louis Aubert pour l'harmonie.

De retour à Québec en 1932, Jean-Marie Beaudet reprend son poste d'organiste à l'église Saint-Dominique, y devient maître de chapelle et est engagé comme chargé de cours par l'École de musique de l'Université Laval. Il donne de nombreux récitals en tant que pianiste à Québec, particulièrement pour le Ladies' Morning Musical Club, et accompagne plusieurs chanteurs dont Ezio Pinza, Ninon Vallin, Raoul Jobin. En 1933, il met sur pied La Petite Symphonie, une formation d'orchestre pour la radio qui regroupe une vingtaine de musiciens se produisant occasionnellement devant public, mais surtout sur les ondes de CHRC à Québec de façon hebdomadaire. Entre 1935 et 1937, il fait plusieurs apparitions avec l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) en tant que chef d'orchestre.
En 1937, il est recruté par Radio-Canada. Au cours de ce premier mandat pour la nouvelle société radiophonique d'État, il agit à titre de directeur des programmes pour les réseaux francophone (CBF) et anglophone (CBM). En 1942, il est nommé directeur musical pour tout le Canada tout en demeurant responsable des programmes au Québec en tant que directeur du réseau français. Il maintient ces deux postes jusqu'en 1947. Après une brève période au bureau de Vancouver, il quitte Radio-Canada une première fois. Au cours de ce séjour à la société d'État, il est en mission en France, en Belgique et en Italie afin d'établir des échanges radiophoniques dans le domaine de la musique, mission qui entraînera plus tard la création de Radio-Canada International. Il met sur pied la série « Musique canadienne en temps de guerre », poursuit sa carrière d'accompagnateur avec Arthur Leblanc, Pierrette Alarie, Léopold Simoneau et Raoul Jobin, donne un récital Debussy à la salle de l'Ermitage à Montréal et dirige maintes fois l'orchestre de Radio-Canada, notamment dans des œuvres de Clermont Pépin et d’André Mathieu avec les compositeurs au piano. En 1946, au Festival du Printemps de Prague, il dirige l'orchestre tchèque dans une programmation exclusivement composée d'œuvres canadiennes. Il reprend en ondes par la suite quelques-unes de ces pièces avec l'Orchestre de la BBC à Londres ainsi qu'avec l'Orchestre de la radio française à Paris.
Entre 1947 et 1953, Jean-Marie Beaudet, devenu artiste libre, partage son temps entre l'enseignement (le Conservatoire de musique de Montréal et l'École de musique Vincent-d'Indy), la direction d'orchestre et son premier métier de pianiste. Même s'il n'est plus un employé de Radio-Canada, il y poursuit sa carrière de chef d'orchestre au sein d'émissions radiophoniques telles que « Concert de musique canadienne », « Summer Concert », « Wednesday Night », « La Voix du Canada ». En 1949, il dirige les représentations de Tosca de Giacomo Puccini aux Festivals de Montréal. Avec la pianiste Jeanne Landry, de façon hebdomadaire, il donne sur les ondes l'émission « Deux pianos ». À la demande d'Istvan Anhalt, compositeur et professeur à la Faculté de musique de l'Université McGill, il interprète avec Landry des œuvres de Bartók et Stravinsky en première montréalaise. Il collabore avec l'Opéra-minute, le Conseil canadien de la musique et la Canadian Opera Company. En 1951, il est engagé par la Société Radio-Canada pour diriger Faust de Charles Gounod et en 1952, il obtient une bourse de la Société royale pour passer un an à Paris
De retour au Canada, il est engagé en tant que directeur de la production et de l'élaboration des programmes au sein de la toute nouvelle télévision d'État. Il veille à réserver une place d'importance à la musique au sein de ce nouveau médium et soutient particulièrement « L'Heure du concert /The Concert Hour» dont il dirige un certain nombre de concerts. Jusqu'en 1957, il continue à favoriser la musique française et la musique canadienne à la télévision d'État aussi bien anglophone que francophone. En tant que chef d'orchestre, il est au pupitre pour la première radiophonique du Concerto pour piano et orchestre, opus 42 de Schoenberg, avec le jeune Glenn Gould au piano, ainsi qu'à la création de Cantate pour une joie de Pierre Mercure et Gabriel Charpentier à l'auditorium Le Plateau. Au Monument-National, il dirige 16 représentations de Madame Butterfly de Puccini tandis qu'à la télévision il dirige des productions majeures à grand déploiement comme Le Roi David de Honegger et Carmen de Bizet, produit par Frantz Kraemer. En 1957, il part ouvrir le bureau de Radio-Canada à Paris où il reste un peu moins de deux ans. Au retour, il quitte son employeur une deuxième fois pour mettre sur pied le Centre musical canadien qui deviendra le Centre de musique canadienne. Il le gère en tant que premier secrétaire au cours de deux années.
En 1959, il réintègre Radio-Canada une troisième fois en tant que vice-président adjoint à la programmation. Dans son contrat est inscrit le nombre d'heures qu'il pourra consacrer à la direction d'orchestre, tant à l'intérieur de la société qu'à l'extérieur. En 1963, au moment de diriger La Vie parisienne d'Offenbach, dans une mise en scène de Jean Gascon, une production de Pierre Mercure pour L'Heure du concert, il est victime d'une crise cardiaque et est remplacé au pied levé par Françoys Bernier. Sa convalescence terminée, à la demande de John P.L. Roberts, il dirige l'Orchestre symphonique de Toronto interprétant Turangalîla d'Olivier Messiaen avec Gilles Tremblay aux ondes Martenot; c'est une première au Canada.
En 1964, Jean-Marie Beaudet, en tant qu'émissaire de CBC/SRC, fait partie d'un comité mis sur place par Hamilton Southam pour créer à Ottawa un Centre national des Arts (CNA). Il y est un des représentants de la musique. Trois ans plus tard, il défend auprès de ses employeurs et de Southam la création dans la capitale d'un orchestre symphonique de 90 musiciens, dans un partenariat alliant CBC/Radio-Canada et le futur Centre national des Arts. La proposition n'est pas retenue et il se rallie au choix d'un orchestre de chambre autonome d'une quarantaine de musiciens ne dépendant que du CNA, tel que le souhaite Southam. Prêté par CBC/Radio-Canada en 1967 (jusqu'à sa démission officielle au printemps de 1969) et muni d'un contrat de directeur musical du Centre national des Arts qui lui réserve des plages pour la direction d'orchestre en dehors de ses heures de travail pour le Centre, il rédige d'abord une étude de faisabilité, puis se lance à la recherche du futur maestro à travers le monde. Il convainc Mario Bernardi, alors chef du Sadler's Wells Opera Company à Londres, de tenter l'expérience. Également premier responsable du choix des musiciens, il travaille par la suite en tandem étroit avec Bernardi pour le recrutement des membres. Le Centre est officiellement ouvert en et le premier concert – un grand succès – a lieu le sous la direction de Bernardi.
Peu de temps après, Jean-Marie Beaudet, qui n'a pas cessé ses activités parallèles de musicien, dirigeant entre autres de nombreux concerts donnés à la salle Claude-Champagne à Montréal, est victime d'une rupture d'anévrisme. Il reprend ses fonctions au CNA pendant une brève période en et meurt le à l'âge de 63 ans.
Sa femme Denise Langlois (1912-1985) a laissé par testament un montant d'argent qui a permis la création du prix Jean-Marie Beaudet[1] offert par le Conseil des arts du Canada à une jeune recrue de talent en direction d'orchestre. Il existe aussi à la faculté de musique de l'Université d'Ottawa un fonds Jean-Marie Beaudet qui décerne un prix annuellement.
Bibliographie
- Beaudet, Josée. Jean-Marie Beaudet, l'homme-orchestre: récit biographique et chronologie musicale. [Anjou, Québec]: Fides, 2014. 296 pages.
- Beaudet, Josée, L'Amour des ondes in John P.L. Roberts, the CBC/Radio-Canada, and Art Music, Cambridge Scholars Publishing, UK, 2020, pp.44 à 67.
- Archives personnelles, Pierre H. Beaudet., musicien, frère de Jean-Marie Beaudet
- Archives du Centre National des Arts, 55 rue Elgin, Ottawa.
- Bibliothèque et Archives Canada: Fonds Jean-Marie Beaudet , MG 31-D50, Fonds Centre national des Arts, RG 149, Fonds Mario Bernardi, MG31 D134, Fonds Centre de musique canadienne, MUS 144.
- Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
- Centre d'archives de Québec de BAnQ.
- Encyclopédie canadienne de la musique, texte de Gilles Potvin sur Jean-Marie Beaudet
- Bibliothèque du Conservatoire de musique de Québec.
- Médiathèque et Archives de Radio-Canada.
- Centre de musique canadienne. Banque de données et enregistrement d'archives.
- Médiathèque Guy-L.-Côté, Cinémathèque québécoise, fonds Radio-Canada.
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :