Jean-Paul Alata
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| Jean-Paul Alata | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Directeur général des affaires économiques et financières à la Présidence | |
| – (4 ans) |
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| Biographie | |
| Nom de naissance | Jean-Paul-Marie Alata |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Brazzaville (Afrique Équatoriale Française) |
| Date de décès | (à 54 ans) |
| Lieu de décès | Treichville (Cote d'Ivoire) |
| Nature du décès | Crise cardiaque |
| Nationalité | Française (1924-1962) Guinéenne (1960-1971) Apatride (1971-1978) |
| Parti politique | RPF SFIO PDG |
| Syndicat | FO CGT |
| Diplômé de | Assas |
| Profession | Expert-comptable, investisseur, fonctionnaire |
| Religion | Islam |
| modifier |
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Jean-Paul Alata ( - ) est un guinéen d'origine française, membre de l'administration d'Ahmed Sékou Touré avant d’être envoyé au Camp Boiro puis d’être expulsé[1],[Note 1].
Enfance
Alata est né à Brazzaville d'un père officier dans l'armée coloniale, et il fera plusieurs séjours au Congo, au Liban et en Syrie[1].
À la mort de ce dernier, il sera élevé par sa belle-mère à la "Ferme Alata" située à Foulakary, près de Brazzaville, qui abritait, en plus d'un élevage, une salle de réceptions ainsi qu'un cabinet de curiosités contenant des fœtus humains et animaux[1].
Études
Alata est étudiant en droit à Paris, résistant et il songera à entrer dans l'École militaire interarmes avant de démissionner et d'entrer aux Trésoreries d'Outre-Mer à Saint-Louis, au Sénégal[1].
Vie politique
Activisme
Au Sénégal, il militera successivement dans le RPF, la SFIO et en même temps à FO[1].
En mai 1955, après dix ans au Sénégal, il est muté en Guinée comme payeur-chef de service, où il se rapproche d'Ahmed Sékou Touré, qu'il avait rencontré deux ou trois ans auparavant, et travaille avec lui dans le cadre de la section africaine de la Confédération générale du travail (CGTA)[1],[2]
Démissionnant de la fonction publique après avoir été menacé de révocation, il devint expert-comptable[1].
Après l'indépendance de 1958, pour laquelle il milite, devenant l'un des rares Européens à le faire; parallèlement à cela, il crée une société de pêche, la "Société des Pêcheries guinéennes[1]."
Carrière politique en Guinée
En 1960, à l'invitation de son ami Touré, il vend son affaire et occupera plusieurs postes économiques importants dans l'état guinéen: inspecteur des affaires administratives et financières à la présidence puis, après 1963, des postes dans des cabinets ministériels; parallèlement à ces activités, il enseigne la comptabilité et l'économie politique à l'Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry[1].
Un décret publié lui accorde la nationalité guinéenne[1]; le , Alata est déchu de la nationalité française à la suite de plusieurs initiatives dirigées contre la France[Note 2], telle qu'une proposition d'intervention aux côtés du FLN au cours de la guerre d'Algérie[1],[3],[4].
Dans ses attributions dans l'économie, il se fait beaucoup d'ennemis en menant une lutte implacable contre la corruption et les corrompus.
Le il se marie coutumièrement avec Ténin Kanté, professeur de sport; ce mariage n'aura jamais d'existence légale.
Lors de l'opération Mer Verte, le , il se bat à Conakry II aux côtés de Diop Alassane contre les troupes portugaises venues de Guinée portugaise pour combattre contre le PAIGC[5].
Détenu à Boiro
Arrestation
Le , Alata fut arrêté et accusé d’être un participant à un complot impliquant le SDECE, la CIA et un réseau nommé "SS-Nazi" dans le cadre de l'opération Mer Verte; quelques mois après, il apprend qu'il a été condamné à la prison à vie par un jugement du ; ce même jugement le condamne à la perte de la nationalité guinéenne[6],[7].
Vie au camp
Durant sa détention, il est victime de tortures, notamment à l'électricité, et de brimades de la part de ses gardiens; durant son séjour à Boiro, il est interrogé, comme les autres détenus, par une commission d’enquête et menacé de retour à la "cabine technique" ou de représailles à l'encontre de sa famille en cas d'aveux jugés non-satisfaisants, l'obligeant à dénoncer des gens ou à signer une liste de 'traitres" préparée par cette commission[8].
Il fut contraint d'aider aux travaux de cette commission, notamment en remettant en forme certaine de ces aveux[9],[10]; Sékou Touré, sachant jouer sur la fidélité de la plupart de ses victimes, ainsi que sur la volonté de certains de voir leurs familles, fait appel à leur dévouement patriotique et idéologique, et Alata ne fait pas exception[1].
Le , sa femme coutumière Tenin accouche de son fils, que le président nomme Ahmed Sékou Alata.
Libération
Il sera finalement libéré le après intervention d'André Lewin, alors ambassadeur de France en Guinée; durant le vol de retour à Paris, à bord d'un avion de la Sabena, il manque d’être frappé par ses anciens co-détenus qui ne lui ont pas pardonné d'avoir été un apparatchik du régime[1].
Les conditions de détention, telles que les coups, la torture et la sous-alimentation ont laissé des traces: pesant 96 kg à l'entrée, il a perdu 35 kg cinq ans après; de plus, il a perdu dix dents, est presque paralysé et souffre de paralysie partielle[1].