Jean-Paul Charnay

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Nom de naissance
Jean Paul Albert CharnayVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Jean-Paul Charnay
Fonction
Directeur de recherche au CNRS
Biographie
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Jean Paul Albert CharnayVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
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Directeur de thèse

Jean-Paul Charnay, né à Paris le où il est mort le , est un directeur de recherches au CNRS, Professeur honoraire à l'Université Paris Sorbonne, fondateur et président du Centre de philosophie de la stratégie (Sorbonne et CNRS).

Il était spécialiste de la stratégie, de l'islam et du monde arabe[1]. Il a laissé une œuvre pluridisciplinaire.

Né le dans le 17e arrondissement de Paris[2], Jean-Paul Charnay passe ses jeunes années en Algérie où il étudie le droit français et le droit musulman. Il exerce diverses professions juridiques, puis s’intéresse à la sociologie, l’histoire et la stratégie. Il soutient à Paris ses thèses de doctorat avec succès (lettres et sciences humaines, droit, science politique).

Collaborateur de Jacques Berque, avec qui il publie des ouvrages et des études[3], Jean-Paul Charnay qui a vécu plus de vingt ans au Maghreb fut témoin des bouleversements des empires coloniaux et des prémices du nouveau monde décolonisé dont il avait perçu le mouvement inéluctable, anticipant dans son discernement les guerres d’indépendance.

Souhaitant voyager et s’instruire, dès le début de sa vie professionnelle, dans les années 1960, il accomplit de nombreuses missions universitaires et enquêtes sur le terrain, s’efforçant de rendre un regard authentique sur l’Autre, considéré dans sa profondeur. Ainsi de la société algérienne[4] du passage « de l’impérialisme à la décolonisation » et des traumatismes théologiques, juridiques et révolutionnaires des sociétés musulmanes contemporaines où, du Maroc à l’Indonésie, de l’Asie centrale au Golfe de Guinée, il réalise ses devoirs de chercheur dans la longue durée[5].

Auparavant, ses premiers travaux sur La sincérité des élections françaises de Philippe le Bel à Charles de Gaulle lui ont valu son premier doctorat d’État et son premier tour de France, allant de villes en villages pour ajuster la théorie à la pratique dans ses recherches, essentiellement pour découvrir son pays : sa civilisation et sa population :

« J’avais vingt ans et j’ignorais la France. L’Algérie m’avait été terre d’éveil, unique lieu des années de jeunesse et d’apprentissage. La quotidienneté était pour moi les journaliers agricoles, migrant nu-pieds sur les routes… le voile blanc des Algéroises, les rideaux de cyprès au long des orangeraies, les villages de colonisation… Un canal aux eaux lentes bordé de peupliers, l’arc ogival, m’étaient comble d’exotisme. (…) Non sans tâtonnements, je m’attelais aux premiers éléments des travaux maintenant regroupés dans le « Tableau du suffrage politique en France », s’étendant sur six siècles et demi… » (Entrecroisements entre vie et recherche, citations, extraites de son œuvre).

Les années 1980 furent pour lui le terreau des problématiques contemporaines émergentes dans le monde, particulièrement sur le continent africain : faits religieux et sociaux, négritude, transcendance, stabilités, représentativité/démocratie, ordres national/international, droit des gens et condition humaine, droits de l’homme et condition féminine[6]...

Stratégiste, islamologue reconnu, directeur de recherche au Centre National de Recherche Scientifique et professeur honoraire en Sorbonne, tout au long de sa vie professionnelle, Jean-Paul Charnay n’a jamais cessé d’aspirer à l’approche interdisciplinaire.

Professeur visiteur dans les principaux centres d’études stratégiques de l’Est, de l’Ouest, du Tiers-monde[4]... avant comme après la chute du Mur de Berlin en , Jean-Paul Charnay, qui a longuement travaillé avec le général Beaufre[7], s’est attaché à mener une recherche comparée sur les conflits, leur compréhension et la perspective de leur résolution.

Il a élaboré une recherche interdisciplinaire susceptible de contribuer à l’étude historique et conceptuelle des doctrines et des conduites stratégiques[8] comme à l’étude des interférences et ruptures entre individus et civilisations[9].

En France ou à l’étranger, ses colloques et conférences se référaient à ce qu’il avait appris de ses voyages et rencontres autant qu’à ses compétences universitaires. Menés dans le cadre de l’Unesco ou dans la confiance des lieux de culte, sous l’angle de sa spécialité, les échanges culturels l’ont souvent conduit à proposer la perspective d’un dialogue approfondi entre les religions dans le monde, plus spécifiquement entre le christianisme et l’islam[10].

Après avoir créé en Sorbonne le Centre d’études et de recherches sur les stratégies et les conflits, il a été le président du Centre de philosophie de la stratégie[11] dont il fut le fondateur.

Il meurt le en son domicile dans le 6e arrondissement[2].

Distinctions

  • 1963 : Prix Paul Deschanel, décerné par la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de Paris pour son ouvrage Le contrôle de la régularité des élections parlementaires, Bibliothèque de Droit public, Paris, Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, 1964, publié avec le concours du Ministère de l’Éducation Nationale.
  • 1964 : Prix Louis Marin, décerné par l’Académie des Sciences Morales et Politiques pour son ouvrage Société militaire et suffrage politique en France depuis 1789, Bibliothèque générale de l’École Pratique des Hautes Études, Paris, SEVPEN.
  • 1966 : Prix Le Dissez de Pénaurun, décerné par l’Académie de Sciences Morales et Politiques. pour son ouvrage « La vie musulmane en Algérie d’après la jurisprudence de la première moitié du XXe siècle », Bibliothèque de Sociologie contemporaine, Paris, Presses Universitaires de France.
  • 1981 : Prix de l’Amitié Franco-Arabe, pour son ouvrage Les Contre-Orients ou comment penser l’Autre selon soi, Paris, éd. Sindbad, décerné par Geneviève Moll représentant le président du jury, lors du vernissage des œuvres du peintre algérien Farid Lariby, en présence de Mmes Germaine Tillion et Eva de Vitray-Meyerovitch.
  • 1993 : Médaille du CNRS.

Publications

Notes et références

Liens externes

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